Le couffinisme :
Couffinisme (Takfif) vient du mot couffin, qui vient du mot arabe Kouffa qui veut dire couffin. Couffinisme pourrait être traduit par : « excès de zèle, lèche botte, obséquiosité» ou plus soft par « prévenir et servir le désir de quelqu’un avant ou sans qu’il ne le demande », bref, porter le couffin de celui qui ne vous ne le demande pas. Rien à voir avec les « porteurs de valises » dont le but est d’amener des bombes pour faire mal à l’occupant.
Cette attitude est très fréquente dans la culture arabo musulmane et probablement dans d’autres cultures. Pour bien se faire voir du despote, il faut aller au devant de ses demandes et surtout exagérer dans l’exécution et l’accomplissement de ces actes pourtant non demandés mais susceptibles de faire plaisir au Commandeur.
Voile, réclusion et libertés :
En fin de compte que demande l’Eternel aux femmes du Prophète (SAAWS) et par extension (ou par couffinisme) aux musulmanes ?
- concernant le voile, qu’elles relèvent le fichu, leur châle, sur la tête. Il n’y a pas lieu de le fermer sur le cou.
- Concernant la réclusion qu’elles évitent les regards masculins notamment en restant dans leur foyer.
Mais la vie au 21ème siècle n’a rien à voir avec celle du 7ème siècle. Il n’y avait ni électricité, ni machine à laver, ni sèche linge, ni automobile ni internet ni, ni, ni, ni etc.
La sévérité croissante dans l'habillement, dans l’histoire religieuse de l’Islam, suit une marche parallèle à la rigueur croissante dans la pratique de la réclusion. La réclusion, faut il la définir, est un bagne, une claustration, un cloître, un confinement, une détention, un emprisonnement, un exil, une incarcération, un internement, un isolement, bref, une prison. Malgré l’amélioration des conditions de vie on constate une diminution considérable de la liberté des femmes, au fur et à mesure que l'on passe de l'Arabie à l'Egypte et du 1er siècle de l'Hégire au 9ème siècle.
Ce qui est de fait, c'est que la dégradation continue de la femme est de plusieurs siècles postérieure à l'avènement de l'islam et qu'elle est étrangère à la vie arabe des temps ante ou néo islamiques.
Exemple : les adeptes arabes, nous dit-on, quelque temps après la mort du Prophète (SAAWS), discutaient la question de savoir s'il convenait ou non d'admettre les femmes dans les mosquées et lors des enterrements. A en croire la tradition, il y aurait eu sur cette question deux partis contraires : le parti favorable et le parti hostile. Le second des deux partis aurait été le plus fort. Couffinisme ou l’espoir des hommes d’écraser les femmes ?
Anecdote : on reprochait à l'une des femmes du khalife Omar de sortir de sa maison pour aller faire à la mosquée la prière du matin et celle du soir. La femme riposta en disant : « Mais qui donc empêche Omar de me l'interdire ? - Ce qui l'empêche, répartirent ceux qui la critiquaient, ce sont les paroles de l'envoyé de Dieu : Ne défendez pas aux esclaves de Dieu (aux femmes) d'aller à ses mosquées. ». Mais bientôt, la pratique allait différer de la doctrine et les femmes allaient être en quelque sorte exclues des mosquées.
Ce même Omar, auquel la tradition attribue des actes et des paroles décisifs pour l'histoire de la dégradation des femmes, aurait prononcé le discours suivant : « Retenez captives les femmes, car elles sortent pour aller aux cérémonies nuptiales, elles vont aux funérailles et paraissent aux fêtes. Quand elles ont la liberté de sortir beaucoup de chez elles, elles ne manquent point de voir ceux qui leur plaisent, lors même que leur mari serait plus beau et plus joli et que ceux qui leur plaisent seraient moins nobles. Ainsi, ce qu'elles ne possèdent pas devient plus précieux que ce qu'elles possèdent et les attire davantage ».
Nous ne prétendons point que ces paroles soient les paroles exactes et textuelles sorties de la bouche du khalife.
Je reviens sur le côté social de la réclusion et du voile. Celles qui portaient le voile et qui ne sortaient pas de chez elles étaient les filles ou les femmes des riches, qui par conséquent, laissent aux femmes esclaves les travaux du ménage bédouin, tels que le soin de traire les chamelles. Elles demeuraient en maîtresses sous leurs tentes. C'était là une sorte de réclusion dont le sens et le caractère étaient tout autres que ceux de la réclusion musulmane. Elle n'avait nullement pour objet de soustraire les femmes à la vue de l'homme, mais plutôt d'établir une distinction entre les nobles, les vainqueurs, et les esclaves, les vaincus.
Cette habitude, qui plonge jusqu'au cœur des mœurs arabes, était encore vivante à l'époque des Abbassides, où l'Egypte fut gouvernée, par la reine Chagaret al Dourr. Dans les mosquées, les prédicateurs ne trouvèrent pas d'expression plus galante pour faire l'éloge de cette reine que de parler de ses voiles sévères. C'est ainsi qu'après avoir adressé des vœux au khalife, le prédicateur prie Dieu de garder "la reine des musulmans, la protectrice du monde et de la religion, qui a le beau et vénérable voile". Nous citons cet exemple en passant parce que les traditions des Arabes musulmans répètent volontiers le vieil adage : "Les gens prennent exemple sur leur souverain." Comme les souverains considéraient la réclusion comme étant de haute moralité, les peuples en faisaient autant. Couffinisme.
Quid des hommes ? Le costume des hommes évolua dans le sens de l'uniformité et celui des femmes dans le sens de la réclusion. Il semble même que parfois le hasard ait contribué à cette évolution : une artiste de la noble famille royale, cousine d'Al Mamoun, occupait alors un rang éminent dans la société de Bagdad pour sa beauté, ses talents de poétesse et son goût pour la musique. Sa beauté n'était cependant pas complète, et il semble bien, s'il faut en croire le récit, qu'elle ait eu le front un peu large. Pour masquer ce défaut, l'illustre personne imagina une sorte de fichu de soie orné de pierres précieuses et doublé en diagonale dont elle s'entoura la tête. Cette mode eut du succès, et la haute société de Bagdad l'adopta. Toute une littérature nous conserve le souvenir de ces fichus, qui, à un moment de l'histoire, comptèrent parmi les ornements de bon goût et les signes de mœurs correctes.
Au commencement de la seconde moitié du VIIe siècle, un concile de savants arrêta que la chrétienne devrait se vêtir d'un manteau bleu, la juive d'un manteau jaune, la Samaritaine d'un manteau rouge. Une vingtaine d'années plus tard, vers l'an 773, le sultan décréta que les descendants du Prophète se distingueraient par le moyen d'un turban où il y aurait de la couleur verte. Ajoutons, enfin, que depuis les Abbassides, les souverains qui se sont succédé à Bagdad et au Caire trouvèrent le loisir de s'intéresser à l'habillement. Pour les femmes, le costume évolua de plus en plus vers une tenue sévère et pour les hommes vers l'uniformité.
Conclusion :
Au risque de me répéter :
Les impératifs concernant l’habillement des femmes du Prophète (SAAWS) et leur conduite édictées par l’Omniscient sont :
- concernant l’habillement, qu’elles relèvent le fichu, leur châle, sur la tête. Il n’y a pas lieu de le fermer sur le cou.
- Concernant la réclusion d’éviter de sortir de chez elles quand elles peuvent.
Ces deux commandements ont plus un rôle de distinction social que religieux.
Bien à vous.
MALI
Principale source : Mansour Fahmy, 1913, Librairie Félix Alcan « La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © » Éditions Allia 1990, 2002.
vendredi 24 septembre 2010
samedi 8 mai 2010
Voile et réclusion 5
En voilà un qui était bien voilé des yeux. On l'a rendu aveugle afin de ne plus voir les femmes. Et c'est celle qu'il ne devait plus voir qui a fait en sorte qu'il ne la voit plus. Elle aurait mieux fait de mettre le Nikab. Comme quoi, le voile peut avoir des vertus.
SAMSON
Quand Samson bascula les piliers du temple
Que la douleur hurla hors de son torse ample,
Le plus dur n’était pas les ténèbres des yeux
Ni le cruel trépas, ni le discours haineux,
Mais le tendre forfait de la bel Dalila
Et d’avoir succombé à ses superbes appas.
" De celui qui mange vient ce qui se mange,
Du plus fort étrange, sort le plus bel Ange. "
Disait ce bel héro, sans aucune illusion
Suppliant son bourreau avec dérision.
Esclave se vouant, à la belle de Sorèk
Il lui donna son sang, lui livra un métèque.
De nos chevelures, elles tirent la substance
Recherchent la fêlure, nous aspirent l’essence
Nous vident nos esprits, nous prennent la semence
Pour gagner leur Pari avec concupiscence.
Bien à vous.
MALI
SAMSON
Quand Samson bascula les piliers du temple
Que la douleur hurla hors de son torse ample,
Le plus dur n’était pas les ténèbres des yeux
Ni le cruel trépas, ni le discours haineux,
Mais le tendre forfait de la bel Dalila
Et d’avoir succombé à ses superbes appas.
" De celui qui mange vient ce qui se mange,
Du plus fort étrange, sort le plus bel Ange. "
Disait ce bel héro, sans aucune illusion
Suppliant son bourreau avec dérision.
Esclave se vouant, à la belle de Sorèk
Il lui donna son sang, lui livra un métèque.
De nos chevelures, elles tirent la substance
Recherchent la fêlure, nous aspirent l’essence
Nous vident nos esprits, nous prennent la semence
Pour gagner leur Pari avec concupiscence.
Bien à vous.
MALI
jeudi 6 mai 2010
Voile et réclusion 4
Terreur en Europe. La Belgique vient de voter l’interdiction du voile. La France tremble et prépare un texte. L’Europe vacille. Le Voile Islamique. Mais le Voile c’est donc quoi ?
Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des femmes esclaves par le port du "djilbab". Mais qu'était le costume de la femme tel que le voulait Mahomet ? Le mot djilbab signifie strictement une sorte de chemise, suivant le dictionnaire. C’est un vêtement de dessus, qui ressemble au grand châle ou manteau auquel on donne le nom de milhafa. Ce manteau est désigné aussi par le mot mirt. Les mirts, sont des manteaux de laine dont on se sert pour se couvrir, en guise d'izar.
Donc le djilbab peut signifier ou chemise, ou manteau, ou châle. Il faut écarter tout de suite le sens de chemise, qui ne s'accorde pas avec ce que réclame la sentence coranique. En effet, le Coran ordonne aux croyantes de ramener sur elles leur djilbab. Or la chemise, par sa forme qui habille les bras, ne permet évidemment pas d'exécuter ce que veut la règle. Les vêtements qui ont la forme d'un châle ou d'un manteau s'y prêtent parfaitement. On est donc en droit de traduire le mot djilbab par châle ou manteau. La traduction est d'autant plus légitime que le mirt était un vêtement commun que les femmes portaient par-dessus d'autres vêtements.
En résumé, il n'est nullement question là d'une pièce d'habillement spécialement adaptée à couvrir le visage : le djilbab est simplement ramené de manière à cacher la tête et une partie du visage afin de donner un aspect distinctif aux femmes libres, ainsi que le voulait Mahomet. Bref, le Djilbab est une sorte de manteau.
Deux ou trois ans après l'obligation du voile, Mahomet édicta, pour ses propres femmes, la règle de la réclusion ; ces deux commandements, solidaires entre eux, s'exagérèrent en quelque sorte l'un et l'autre, et prirent rapidement une importance disproportionnée avec la portée assez restreinte qu'ils eurent à l'origine.
Résumons : Il n'existait pas, chez les Arabes du temps de Mahomet, de pièce d'habillement ayant pour objet spécial de cacher le visage de la femme. La tradition, lorsqu'elle parle de l'habillement féminin, ne connaît rien d'autre que l'izar ou djilbab (manteau), le dirr (chemise), ou le khimar (sorte de fichu). Ces vêtements étaient portés par toutes les femmes du temps du Prophète. La littérature de l'époque ne nous en relève point d'autres.
Mais, dans les 1er et 2éme siècles de l'Hégire, le "nikab" et le "bourkou" furent introduits dans les mœurs. Ce sont deux voiles dont l'objet propre est de cacher le visage. Le « nikab » ou la « burka » ont ils une assise théologique musulmane ? Non !
Le nikab :
Ce voile n'existait nullement dans l'usage courant au temps de Mahomet. Le nikab n'était alors en usage que dans des cas exceptionnels, et comme un vêtement extraordinaire. La tradition nous rapporte qu'Aïcha sortit une fois en nikab, pour aller voir Safia, la captive israélite arrivée à la porte de Médine, que Mahomet venait d'affranchir pour la mettre au nombre de ses femmes. Ce détail, que la tradition cite comme extraordinaire, ne plaide assurément pas pour l'ancienneté de l'usage du voile. Au contraire, le nikab ne fut qu'une mode. Le nikab, devint d'un usage presque général, et eut même quelque succès parmi les chrétiens de Sicile au 6ème siècle de l'Hégire. Ibn Djobeir le note en parlant de la capitale de la Sicile : "Les dames chrétiennes de cette ville… suivent tout à fait la mode des femmes musulmanes. A l'occasion de cette fête de Noël, elles sortaient habillées de robes en soie couleur d'or, enveloppées de manteaux élégants … tout à fait en toilette de dames musulmanes». Ce qui est de fait et ce qui nous importe, c'est la généralisation du nikab. Comme toute mode vestimentaire, le nikab n’a aucune assise religieuse.
La Burka :
Le nikab, nouveauté du 1er siècle, destiné à cacher sévèrement le visage de la femme, mode, se trouva secondé dans ses effets par un autre voile du même type : le bourkou qui avait le même objet que le premier. L'usage commun de la burka ou du bourkou date à peu près de la même époque que l'usage commun du nikab.
Selon le lexicographe Djauhari, le bourkou désigne une partie de l'équipement des bêtes de somme et de l'habillement des femmes des Bédouins. Il faut croire qu’à l’époque, les bêtes de somme et les femmes devaient porter le même textile ! Il est hasardeux de se prononcer trop nettement sur le rôle propre de ce vêtement. Avait-il pour objet de protéger contre les ardeurs du climat ou contre les insectes ? Servait-il à protéger le visage des Bédouines contre les regards de l'homme ? On ne saurait le dire. On peut voir jusqu’à nos jours, des Bédouins arabes employer le voile chez les hommes, afin de se protéger contre les conséquences du brigandage, de luttes, des vengeances ou du vent de sable. Cela se voit aussi chez les Touaregs contemporains dans le Sahara. D'autres sortes de voiles sont devenus à la mode. Dans les Mille et Une Nuits, la burka n’est pas stigmatisée. On y retrouve cependant le yachmak long et noir qui, prenant sur le bout du nez, descendait jusqu'aux genoux. M. Lane mentionne le fîf ou voile du visage (des dames de la haute classe et de celles de la moyenne) qui est une longue bande de mousseline blanche. Elle couvre tout le visage, excepté les yeux, et descend à peu près jusqu'aux pieds. Le même auteur signale la aji, une sorte de crêpe noire et grossière, que quelques-unes de celles qui descendent du Prophète portent. Souvent ornée de perles fausses, de petites pièces de monnaie en or, et d'autres ornements de même métal, petits et plats, aussi de grains de corail, ou plus ordinairement d'une paire de chaînes d'airain ou d'argent, dont chacune est attachée à un des deux bouts d'en haut ( ?). En Syrie, les femmes des Bédouins, portent le keblis. Quant à l'Arabie, le keblis est porté actuellement par les femmes de La Mecque, de Djiddah et de Médine ; elles le portent blanc ou bleu. Ibn Batoutah, dit en parlant des femmes de La Mecque : "Elles sortent avec des milhafahs et des burkas, de sorte qu'on ne puisse rien voir d'elles. "
Donc, le bourkou (burka) existait en différentes contrées et sous des formes variées. L'origine de ce vêtement n'est pas clairement établie, et il est rarement cité dans la littérature ancienne. Il n’est en aucune manière relié au Coran ou à la Sounna. Il n'a aucune assise religieuse.
Au total : l’Occident tremble pour :
- Djilbab
- Milhafa
- Mirt
- Izar
- Dirr
- Nikab"
- Bourkou (Burka)
- Fîf
- Keblis
- Kinaà
- Yachmak
- Khimar etc …
Aucun vêtement si ce n’est le Djilbab n’est relié à l’Islam. On en a donné la définition. Et encore. Il n’était recommandé que pour les femmes (9 en tout) du Sacré Prophète. Mais que donc doivent porter nos femmes et nos filles musulmanes ? Tant de mots pour tant de mensonges. Tant de mots pour asservir la moitié de l’humanité. Allah veut il tout cela ? Seul Allah sait et n’oubliez pas : Il est « Al Kahhar » le Vainqueur. Louanges à Dieu. Car nous ne sommes que poussière.
Bien à vous.
MALI
Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des femmes esclaves par le port du "djilbab". Mais qu'était le costume de la femme tel que le voulait Mahomet ? Le mot djilbab signifie strictement une sorte de chemise, suivant le dictionnaire. C’est un vêtement de dessus, qui ressemble au grand châle ou manteau auquel on donne le nom de milhafa. Ce manteau est désigné aussi par le mot mirt. Les mirts, sont des manteaux de laine dont on se sert pour se couvrir, en guise d'izar.
Donc le djilbab peut signifier ou chemise, ou manteau, ou châle. Il faut écarter tout de suite le sens de chemise, qui ne s'accorde pas avec ce que réclame la sentence coranique. En effet, le Coran ordonne aux croyantes de ramener sur elles leur djilbab. Or la chemise, par sa forme qui habille les bras, ne permet évidemment pas d'exécuter ce que veut la règle. Les vêtements qui ont la forme d'un châle ou d'un manteau s'y prêtent parfaitement. On est donc en droit de traduire le mot djilbab par châle ou manteau. La traduction est d'autant plus légitime que le mirt était un vêtement commun que les femmes portaient par-dessus d'autres vêtements.
En résumé, il n'est nullement question là d'une pièce d'habillement spécialement adaptée à couvrir le visage : le djilbab est simplement ramené de manière à cacher la tête et une partie du visage afin de donner un aspect distinctif aux femmes libres, ainsi que le voulait Mahomet. Bref, le Djilbab est une sorte de manteau.
Deux ou trois ans après l'obligation du voile, Mahomet édicta, pour ses propres femmes, la règle de la réclusion ; ces deux commandements, solidaires entre eux, s'exagérèrent en quelque sorte l'un et l'autre, et prirent rapidement une importance disproportionnée avec la portée assez restreinte qu'ils eurent à l'origine.
Résumons : Il n'existait pas, chez les Arabes du temps de Mahomet, de pièce d'habillement ayant pour objet spécial de cacher le visage de la femme. La tradition, lorsqu'elle parle de l'habillement féminin, ne connaît rien d'autre que l'izar ou djilbab (manteau), le dirr (chemise), ou le khimar (sorte de fichu). Ces vêtements étaient portés par toutes les femmes du temps du Prophète. La littérature de l'époque ne nous en relève point d'autres.
Mais, dans les 1er et 2éme siècles de l'Hégire, le "nikab" et le "bourkou" furent introduits dans les mœurs. Ce sont deux voiles dont l'objet propre est de cacher le visage. Le « nikab » ou la « burka » ont ils une assise théologique musulmane ? Non !
Le nikab :
Ce voile n'existait nullement dans l'usage courant au temps de Mahomet. Le nikab n'était alors en usage que dans des cas exceptionnels, et comme un vêtement extraordinaire. La tradition nous rapporte qu'Aïcha sortit une fois en nikab, pour aller voir Safia, la captive israélite arrivée à la porte de Médine, que Mahomet venait d'affranchir pour la mettre au nombre de ses femmes. Ce détail, que la tradition cite comme extraordinaire, ne plaide assurément pas pour l'ancienneté de l'usage du voile. Au contraire, le nikab ne fut qu'une mode. Le nikab, devint d'un usage presque général, et eut même quelque succès parmi les chrétiens de Sicile au 6ème siècle de l'Hégire. Ibn Djobeir le note en parlant de la capitale de la Sicile : "Les dames chrétiennes de cette ville… suivent tout à fait la mode des femmes musulmanes. A l'occasion de cette fête de Noël, elles sortaient habillées de robes en soie couleur d'or, enveloppées de manteaux élégants … tout à fait en toilette de dames musulmanes». Ce qui est de fait et ce qui nous importe, c'est la généralisation du nikab. Comme toute mode vestimentaire, le nikab n’a aucune assise religieuse.
La Burka :
Le nikab, nouveauté du 1er siècle, destiné à cacher sévèrement le visage de la femme, mode, se trouva secondé dans ses effets par un autre voile du même type : le bourkou qui avait le même objet que le premier. L'usage commun de la burka ou du bourkou date à peu près de la même époque que l'usage commun du nikab.
Selon le lexicographe Djauhari, le bourkou désigne une partie de l'équipement des bêtes de somme et de l'habillement des femmes des Bédouins. Il faut croire qu’à l’époque, les bêtes de somme et les femmes devaient porter le même textile ! Il est hasardeux de se prononcer trop nettement sur le rôle propre de ce vêtement. Avait-il pour objet de protéger contre les ardeurs du climat ou contre les insectes ? Servait-il à protéger le visage des Bédouines contre les regards de l'homme ? On ne saurait le dire. On peut voir jusqu’à nos jours, des Bédouins arabes employer le voile chez les hommes, afin de se protéger contre les conséquences du brigandage, de luttes, des vengeances ou du vent de sable. Cela se voit aussi chez les Touaregs contemporains dans le Sahara. D'autres sortes de voiles sont devenus à la mode. Dans les Mille et Une Nuits, la burka n’est pas stigmatisée. On y retrouve cependant le yachmak long et noir qui, prenant sur le bout du nez, descendait jusqu'aux genoux. M. Lane mentionne le fîf ou voile du visage (des dames de la haute classe et de celles de la moyenne) qui est une longue bande de mousseline blanche. Elle couvre tout le visage, excepté les yeux, et descend à peu près jusqu'aux pieds. Le même auteur signale la aji, une sorte de crêpe noire et grossière, que quelques-unes de celles qui descendent du Prophète portent. Souvent ornée de perles fausses, de petites pièces de monnaie en or, et d'autres ornements de même métal, petits et plats, aussi de grains de corail, ou plus ordinairement d'une paire de chaînes d'airain ou d'argent, dont chacune est attachée à un des deux bouts d'en haut ( ?). En Syrie, les femmes des Bédouins, portent le keblis. Quant à l'Arabie, le keblis est porté actuellement par les femmes de La Mecque, de Djiddah et de Médine ; elles le portent blanc ou bleu. Ibn Batoutah, dit en parlant des femmes de La Mecque : "Elles sortent avec des milhafahs et des burkas, de sorte qu'on ne puisse rien voir d'elles. "
Donc, le bourkou (burka) existait en différentes contrées et sous des formes variées. L'origine de ce vêtement n'est pas clairement établie, et il est rarement cité dans la littérature ancienne. Il n’est en aucune manière relié au Coran ou à la Sounna. Il n'a aucune assise religieuse.
Au total : l’Occident tremble pour :
- Djilbab
- Milhafa
- Mirt
- Izar
- Dirr
- Nikab"
- Bourkou (Burka)
- Fîf
- Keblis
- Kinaà
- Yachmak
- Khimar etc …
Aucun vêtement si ce n’est le Djilbab n’est relié à l’Islam. On en a donné la définition. Et encore. Il n’était recommandé que pour les femmes (9 en tout) du Sacré Prophète. Mais que donc doivent porter nos femmes et nos filles musulmanes ? Tant de mots pour tant de mensonges. Tant de mots pour asservir la moitié de l’humanité. Allah veut il tout cela ? Seul Allah sait et n’oubliez pas : Il est « Al Kahhar » le Vainqueur. Louanges à Dieu. Car nous ne sommes que poussière.
Bien à vous.
MALI
jeudi 29 avril 2010
Voile et réclusion 3
Je trouve mon précédent post hyper chiatique. Je me prends la tête entre les volumes de toute cette biblio. J’ai décidé de me détendre. Qu’y a-t-il sous un foulard ? Les cheveux. Voici un hommage à toutes celles qui passent des heures à se moduler les cheveux sous l’air nouvelle d’une coiffeuse climatisée. Mais, promis, je retourne à ma bibliographie.
PS : Ce sont des vers à 12 pieds avec un rime à la sézure qui se retrouve à la fin des deux derniers vers de la strophe. Rythme 6/12 croisé.
CHEVEUX
Elle rassemble à deux mains son ample chevelure
Elle peigne le fusain, du haut de sa tonsure,
Brillante comme une armure, claire comme l’airain
Elle règle sa coiffure d’un simple coup de main.
D’un mouvement de tête, répand sur ses épaules
Sa cascade parfaite qui tombe tel un saule
Comme une auréole, qui luit sur le prophète
Sur le front de saint Paul, et sa coiffe défaite.
Elle divise au milieu sa crinière mêlée
Grand rideau de cheveux sur sa face cachée
Qui s’écarte et, parait alors, son visage de feu
Sous son front carré et le blanc de ses yeux.
Les anges volent autour de sa belle crinière
Acropole de l’amour, espoir d’une prière
Soleil dans un ciel clair, brillant en contre-jour
Promesse qui profère de l’amour pour toujours.
De ses cheveux ruissellent les longs fleuves du miel
Sur son long dos charnel ils coulent torrentiels
Vers sa lune de miel et ses dunes pastel
Qui enivrent le ciel de leurs senteurs femelles.
MALI le 16 avril 2004
PS : Ce sont des vers à 12 pieds avec un rime à la sézure qui se retrouve à la fin des deux derniers vers de la strophe. Rythme 6/12 croisé.
CHEVEUX
Elle rassemble à deux mains son ample chevelure
Elle peigne le fusain, du haut de sa tonsure,
Brillante comme une armure, claire comme l’airain
Elle règle sa coiffure d’un simple coup de main.
D’un mouvement de tête, répand sur ses épaules
Sa cascade parfaite qui tombe tel un saule
Comme une auréole, qui luit sur le prophète
Sur le front de saint Paul, et sa coiffe défaite.
Elle divise au milieu sa crinière mêlée
Grand rideau de cheveux sur sa face cachée
Qui s’écarte et, parait alors, son visage de feu
Sous son front carré et le blanc de ses yeux.
Les anges volent autour de sa belle crinière
Acropole de l’amour, espoir d’une prière
Soleil dans un ciel clair, brillant en contre-jour
Promesse qui profère de l’amour pour toujours.
De ses cheveux ruissellent les longs fleuves du miel
Sur son long dos charnel ils coulent torrentiels
Vers sa lune de miel et ses dunes pastel
Qui enivrent le ciel de leurs senteurs femelles.
MALI le 16 avril 2004
mercredi 28 avril 2010
Voile et réclusion 2
Suite de ce qu’écrivait en 1913, Mansour Fahmy, à la Librairie Félix Alcan a publié son livre, La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © Éditions Allia 1990, 2002.
Comment des textes aussi précis concernant le port du voile ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ?
Esquissons l’histoire sociale du voile :
A mesure que l'islamisme se développa et progressa dans le temps et dans l'espace, la démarcation devint plus profonde entre les diverses classes ; le voile et la réclusion prirent une importance croissante. Puis, l'islam conquit d'autres terres ; le nombre des femmes esclaves augmenta, et les femmes libres subirent de plus en plus les fâcheuses conséquences de la règle du voile et de la réclusion.
Conquête de la Perse et de la Mésopotamie d'une part, et de l'autre la Syrie, occupée depuis sept siècles par les Romains. Conquête de l'Egypte et la Nubie. En une vingtaine d'années, l'Empire arabe s'agrandit d'une manière considérable. Les conquérants se trouvèrent en contact avec d'autres civilisations. Ils se réservèrent les privilèges du vainqueur, et maintinrent leurs femmes sous le déplorable régime de la réclusion, afin de les distinguer des autres femmes.
Le prestige du voile devint bientôt général dans les hautes classes de la société musulmane. Mais la nature humaine a ses exigences et sait trouver des issues en dépit de la rigueur des mœurs, en dépit des anomalies sociales qui éloignent, pour un moment, l'homme des conditions normales et de l'équilibre régulier de sa destinée biologique. Les Mecquois, eurent vite fait de trouver, un moyen fort simple de s'affranchir pour un temps, en vue de leurs intérêts pratiques, des rigueurs de la réclusion. A La Mecque les jeunes femmes à marier sortaient sans voile pour faire une fois le tour du temple de la Kaâba, afin de donner l'occasion de les voir aux hommes qui voudraient demander leur main. Ceci est peut être le vestige d'une coutume ancienne, qui se serait maintenue malgré l'évolution générale de la société musulmane dans le sens de la réclusion. Quoi qu'il en soit, cet usage qui exista probablement durant les premiers siècles de l'Hégire palliait jusqu'à un certain point les inconvénients d'une réglementation incompatible avec les intérêts des hommes. Mais le palliatif ne tarda point à dépérir, à mesure qu'allait croissant la dégradation de la femme, à mesure que la sévérité des mœurs devenait plus grande et gagnait de proche en proche tous les pays que connaissait l'islam primitif.
En Egypte, vers la même époque, on observait la réclusion dans toute sa rigueur. Au 9ème siècle de l'Hégire, époque où le système de la réclusion fut en Egypte est à son apogée, le sultan d'Egypte promulgua l'interdiction de sortir pour toutes les femmes, sous quelque prétexte que ce fut, sauf pour les laveuses des femmes mortes. On était alors bien loin de la pleine liberté que Mahomet laissait aux femmes de faire la prière dans la mosquée et de laisser voir leur visage et leurs mains.
Mais alors, quelle est donc l’histoire du voile et qu’est ce que le voile ?
A mesure que la condition malheureuse de la femme empirait dans le monde islamique, le costume féminin se compliquait par l'effet même du système de la réclusion. Durant les premiers temps de l'islam, alors que la plupart des Arabes étaient encore nomades et que leurs villages se composaient de tentes plantées en plein désert, l'art du tailleur était à peu près ignoré. On ne distinguait trop entre le costume de l'homme et celui de la femme. L'essentiel du vêtement se réduisait à un manteau tissé en une seule pièce dont on s'enveloppait.
Plus tard, au cours de leurs conquêtes, les Arabes vainqueurs empruntèrent aux peuples vaincus diverses parties de leur habillement, et beaucoup de luxe. (Persans et Romains).
En Espagne, les Arabes, surtout pendant la dernière période de leur empire, adoptèrent, ainsi, une très grande partie des costumes des chevaliers chrétiens. En d'autres pays, les musulmans diffèrent de coiffure, d'habits, de chaussures etc. La complication accrue de l'habillement apparaît évidente quand on compare les quelques noms qui désignent les vêtements au temps de Mahomet et que nous ont conservés les anciennes traditions, avec ceux qui ont été usités dans la suite. Dozy, dans son Dictionnaire des noms de vêtements chez les Arabes, a relevé bon nombre des objets d'habillement des hommes et des femmes, et en a signalé l'origine exotique. Nous n'insisterons donc pas et nous ne retiendrons des habits portés au 1er siècle de l'Hégire que ceux sur lesquels porta la législation coranique, et qui intéressent notre étude sur la réclusion des femmes.
Il faut tout de même se rappeler que l’on peut affirmer, d'une manière à peu près absolue, d'après nos connaissances actuelles sur la vie et les mœurs des anciens Arabes de l'époque antérieure à Mahomet, qu'il n'existait pas à ce moment de pièce d'habillement ayant pour objet de soustraire le visage de la femme à la vue de l'homme. Et on peut énoncer cette affirmation d'une manière plus catégorique encore lorsqu'on parle de la société arabe du temps de Mahomet, de celle à laquelle il a dicté ses lois. Mahomet allait en compagnie de sa première femme et de son jeune cousin faire la prière en commun à la Kaâba. Les femmes prenaient part à la vie commune au point d'inquiéter les hommes, et de leur donner à craindre que leurs femmes et leurs enfants ne fussent séduits par la nouvelle doctrine.
Rien ne faisait obstacle à la familiarité des rapports courants de la vie quotidienne entre les deux sexes. C'est de ce point de départ, de cet état de choses, qui n'a rien de choquant pour nos vues modernes, qu'on en vint graduellement à l'état de séparation radicale entre hommes et femmes.
Mais pourquoi donc ce climat de confiance s’est-il détérioré ?
Suite au prochain post.
Bien à vous chers amis(es)
MALI
Comment des textes aussi précis concernant le port du voile ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ?
Esquissons l’histoire sociale du voile :
A mesure que l'islamisme se développa et progressa dans le temps et dans l'espace, la démarcation devint plus profonde entre les diverses classes ; le voile et la réclusion prirent une importance croissante. Puis, l'islam conquit d'autres terres ; le nombre des femmes esclaves augmenta, et les femmes libres subirent de plus en plus les fâcheuses conséquences de la règle du voile et de la réclusion.
Conquête de la Perse et de la Mésopotamie d'une part, et de l'autre la Syrie, occupée depuis sept siècles par les Romains. Conquête de l'Egypte et la Nubie. En une vingtaine d'années, l'Empire arabe s'agrandit d'une manière considérable. Les conquérants se trouvèrent en contact avec d'autres civilisations. Ils se réservèrent les privilèges du vainqueur, et maintinrent leurs femmes sous le déplorable régime de la réclusion, afin de les distinguer des autres femmes.
Le prestige du voile devint bientôt général dans les hautes classes de la société musulmane. Mais la nature humaine a ses exigences et sait trouver des issues en dépit de la rigueur des mœurs, en dépit des anomalies sociales qui éloignent, pour un moment, l'homme des conditions normales et de l'équilibre régulier de sa destinée biologique. Les Mecquois, eurent vite fait de trouver, un moyen fort simple de s'affranchir pour un temps, en vue de leurs intérêts pratiques, des rigueurs de la réclusion. A La Mecque les jeunes femmes à marier sortaient sans voile pour faire une fois le tour du temple de la Kaâba, afin de donner l'occasion de les voir aux hommes qui voudraient demander leur main. Ceci est peut être le vestige d'une coutume ancienne, qui se serait maintenue malgré l'évolution générale de la société musulmane dans le sens de la réclusion. Quoi qu'il en soit, cet usage qui exista probablement durant les premiers siècles de l'Hégire palliait jusqu'à un certain point les inconvénients d'une réglementation incompatible avec les intérêts des hommes. Mais le palliatif ne tarda point à dépérir, à mesure qu'allait croissant la dégradation de la femme, à mesure que la sévérité des mœurs devenait plus grande et gagnait de proche en proche tous les pays que connaissait l'islam primitif.
En Egypte, vers la même époque, on observait la réclusion dans toute sa rigueur. Au 9ème siècle de l'Hégire, époque où le système de la réclusion fut en Egypte est à son apogée, le sultan d'Egypte promulgua l'interdiction de sortir pour toutes les femmes, sous quelque prétexte que ce fut, sauf pour les laveuses des femmes mortes. On était alors bien loin de la pleine liberté que Mahomet laissait aux femmes de faire la prière dans la mosquée et de laisser voir leur visage et leurs mains.
Mais alors, quelle est donc l’histoire du voile et qu’est ce que le voile ?
A mesure que la condition malheureuse de la femme empirait dans le monde islamique, le costume féminin se compliquait par l'effet même du système de la réclusion. Durant les premiers temps de l'islam, alors que la plupart des Arabes étaient encore nomades et que leurs villages se composaient de tentes plantées en plein désert, l'art du tailleur était à peu près ignoré. On ne distinguait trop entre le costume de l'homme et celui de la femme. L'essentiel du vêtement se réduisait à un manteau tissé en une seule pièce dont on s'enveloppait.
Plus tard, au cours de leurs conquêtes, les Arabes vainqueurs empruntèrent aux peuples vaincus diverses parties de leur habillement, et beaucoup de luxe. (Persans et Romains).
En Espagne, les Arabes, surtout pendant la dernière période de leur empire, adoptèrent, ainsi, une très grande partie des costumes des chevaliers chrétiens. En d'autres pays, les musulmans diffèrent de coiffure, d'habits, de chaussures etc. La complication accrue de l'habillement apparaît évidente quand on compare les quelques noms qui désignent les vêtements au temps de Mahomet et que nous ont conservés les anciennes traditions, avec ceux qui ont été usités dans la suite. Dozy, dans son Dictionnaire des noms de vêtements chez les Arabes, a relevé bon nombre des objets d'habillement des hommes et des femmes, et en a signalé l'origine exotique. Nous n'insisterons donc pas et nous ne retiendrons des habits portés au 1er siècle de l'Hégire que ceux sur lesquels porta la législation coranique, et qui intéressent notre étude sur la réclusion des femmes.
Il faut tout de même se rappeler que l’on peut affirmer, d'une manière à peu près absolue, d'après nos connaissances actuelles sur la vie et les mœurs des anciens Arabes de l'époque antérieure à Mahomet, qu'il n'existait pas à ce moment de pièce d'habillement ayant pour objet de soustraire le visage de la femme à la vue de l'homme. Et on peut énoncer cette affirmation d'une manière plus catégorique encore lorsqu'on parle de la société arabe du temps de Mahomet, de celle à laquelle il a dicté ses lois. Mahomet allait en compagnie de sa première femme et de son jeune cousin faire la prière en commun à la Kaâba. Les femmes prenaient part à la vie commune au point d'inquiéter les hommes, et de leur donner à craindre que leurs femmes et leurs enfants ne fussent séduits par la nouvelle doctrine.
Rien ne faisait obstacle à la familiarité des rapports courants de la vie quotidienne entre les deux sexes. C'est de ce point de départ, de cet état de choses, qui n'a rien de choquant pour nos vues modernes, qu'on en vint graduellement à l'état de séparation radicale entre hommes et femmes.
Mais pourquoi donc ce climat de confiance s’est-il détérioré ?
Suite au prochain post.
Bien à vous chers amis(es)
MALI
vendredi 16 avril 2010
Une catapulte vers le Paradis
Imaginez, imaginez une catapulte vers le Paradis. Vous mourez, on vous enterre proche de la catapulte afin que celle-ci ne vous oublie pas et vous pousse vers le Paradis. Même Dieu n’a pas son mot à dire.
Où se trouve cette catapulte ?
Que faut-il faire pour y accéder ?
Comment ai-je découvert cela ?
Petite histoire :
J'ai beaucoup d'amis juifs. Certains, voire la majorité, sont des amis d'enfance. On s'est retrouvés il y a un mois à Paris dans le cadre d’une réunion des anciens élèves de l'école de.... plus de 120 personnes dont une dizaine de chrétiens, une dizaines de musulmans et une centaines de juifs. Le resto, bien entendu, était Kascher. Jamais je n’ai été tant embrassé. Des meufs et des keums que je n’ai pas vus depuis 35 ans. Très émouvant. Beaucoup pleuraient. Pourquoi ? Ils pleuraient le pays, la douceur de l’enfance, la géopolitique qui nous a séparés, le bon vieux temps. J’ai vu les photos de Sarah décimée par un cancer du sein, les photos de Guytou mort dans un accident de moto etc. J’ai revu des meufs avec qui j’ai eu mes premiers flirts. Bref et sans tomber dans le pathos c’était super émouvant. Tant de temps, tant d’amitié, tant d’amour.
Au fil des discussions et au-delà de l’émotion j’ai appris des choses intéressantes. Tous mes amis juifs présents ce jour là ont enterré leurs parents en…Israël. L’ambiance, mêlée aux vapeurs d’alcool, m’a permis de demander : mais pourquoi vous enterrez vos parents en Israël alors que leur pays est la Tunisie ou la France ? Cette question me brulait les lèvres. Car moi je veux être enterré proche de l’endroit de ma mort. Si je meurs à Moscou, on m’enterre à Moscou, si c’est à Albuquerque alors à cet endroit, si c’est à Amboise alors c’est à Amboise, si c’est au Swaziland alors ce sera là-bas. Logique. Quand on meurt l’endroit de l’inhumation ne concerne plus le mort. Puisqu’il ne peut plus prendre de décision. Et ceux qui laissent des recommandations sont aussi hypertrophiques de l’égo que les pharaons.
Que nenni. Les juifs veulent être enterrés en Israël. Et seulement là. Pourquoi ? Parce que j’ai enfin compris que Israël et surtout Jérusalem est une catapulte vers le Paradis. Tu veux aller au paradis sans visa ni emmerdement ? Fais-toi enterrer à Jérusalem. La Voie vers le Paradis est le Rocher. Le Rocher contient une bretelle d’accès vers le Paradis sans passer par la case départ et sans payer. Incroyable !
Ce fameux Rocher se trouve sous le dôme du même nom. D’après ce que j’ai compris, le Dôme du Rocher se trouve au centre de la mosquée d’Omar mais n’en fait pas partie. Ce sont des chrétiens qui en ont la clef et des juifs qui en autorisent l’accès. C’est sur ce Rocher que le cheval volant du Prophète aurait atterri un 27 du mois de Ramadhan. Bref, imaginez que ce Rocher soit un gigantesque entonnoir, une espèce de trou noir qui vous aspire si vous êtes enterré à proximité, et vous mène directement au Paradis.
Bon. J’ai au cours de cette réunion trouvé un ami israélien qui est prêt à me chaperonner pour une visite à Jérusalem (et pour le visa). Aux deux Jérusalem (sans polémique). Car c’est mon rêve. Peut être y trouverai je une place dans le cimetière proche du Rocher ?
Si ce rêve se concrétise je vous en parlerai.
Bien à vous et Salam aleîkom.
MALI
Où se trouve cette catapulte ?
Que faut-il faire pour y accéder ?
Comment ai-je découvert cela ?
Petite histoire :
J'ai beaucoup d'amis juifs. Certains, voire la majorité, sont des amis d'enfance. On s'est retrouvés il y a un mois à Paris dans le cadre d’une réunion des anciens élèves de l'école de.... plus de 120 personnes dont une dizaine de chrétiens, une dizaines de musulmans et une centaines de juifs. Le resto, bien entendu, était Kascher. Jamais je n’ai été tant embrassé. Des meufs et des keums que je n’ai pas vus depuis 35 ans. Très émouvant. Beaucoup pleuraient. Pourquoi ? Ils pleuraient le pays, la douceur de l’enfance, la géopolitique qui nous a séparés, le bon vieux temps. J’ai vu les photos de Sarah décimée par un cancer du sein, les photos de Guytou mort dans un accident de moto etc. J’ai revu des meufs avec qui j’ai eu mes premiers flirts. Bref et sans tomber dans le pathos c’était super émouvant. Tant de temps, tant d’amitié, tant d’amour.
Au fil des discussions et au-delà de l’émotion j’ai appris des choses intéressantes. Tous mes amis juifs présents ce jour là ont enterré leurs parents en…Israël. L’ambiance, mêlée aux vapeurs d’alcool, m’a permis de demander : mais pourquoi vous enterrez vos parents en Israël alors que leur pays est la Tunisie ou la France ? Cette question me brulait les lèvres. Car moi je veux être enterré proche de l’endroit de ma mort. Si je meurs à Moscou, on m’enterre à Moscou, si c’est à Albuquerque alors à cet endroit, si c’est à Amboise alors c’est à Amboise, si c’est au Swaziland alors ce sera là-bas. Logique. Quand on meurt l’endroit de l’inhumation ne concerne plus le mort. Puisqu’il ne peut plus prendre de décision. Et ceux qui laissent des recommandations sont aussi hypertrophiques de l’égo que les pharaons.
Que nenni. Les juifs veulent être enterrés en Israël. Et seulement là. Pourquoi ? Parce que j’ai enfin compris que Israël et surtout Jérusalem est une catapulte vers le Paradis. Tu veux aller au paradis sans visa ni emmerdement ? Fais-toi enterrer à Jérusalem. La Voie vers le Paradis est le Rocher. Le Rocher contient une bretelle d’accès vers le Paradis sans passer par la case départ et sans payer. Incroyable !
Ce fameux Rocher se trouve sous le dôme du même nom. D’après ce que j’ai compris, le Dôme du Rocher se trouve au centre de la mosquée d’Omar mais n’en fait pas partie. Ce sont des chrétiens qui en ont la clef et des juifs qui en autorisent l’accès. C’est sur ce Rocher que le cheval volant du Prophète aurait atterri un 27 du mois de Ramadhan. Bref, imaginez que ce Rocher soit un gigantesque entonnoir, une espèce de trou noir qui vous aspire si vous êtes enterré à proximité, et vous mène directement au Paradis.
Bon. J’ai au cours de cette réunion trouvé un ami israélien qui est prêt à me chaperonner pour une visite à Jérusalem (et pour le visa). Aux deux Jérusalem (sans polémique). Car c’est mon rêve. Peut être y trouverai je une place dans le cimetière proche du Rocher ?
Si ce rêve se concrétise je vous en parlerai.
Bien à vous et Salam aleîkom.
MALI
mercredi 7 avril 2010
Voile et réclusion 1
En 1913, Mansour Fahmy, à la Librairie Félix Alcan a publié son livre, La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © Éditions Allia 1990, 2002.
Voici ce que dit Mansour Fahmy à propos de son livre : « Mahomet eut beau vouloir relever, en théorie, la condition du sexe dont les charmes ont agi si profondément sur sa sensibilité poétique, en dépit de ses intentions, l'islam la dégrada. Il a protégé les femmes contre l'agression de l'homme, mais il les a étouffées en rendant difficile l'échange entre elles et la société qui les entoure, et par là, il leur a ôté les moyens mêmes de profiter de cette protection. ».
La démonstration de cet auteur consiste à prouver que le port du voile en pays musulman n’est pas lié aux moeurs sexuelles de l’époque mais aux impératifs sociaux. Je vais essayer d’esquisser ce que l’on pensait, il y a un siècle, du voile et de la réclusion en Islam.
Tout laisse à penser que la prescription du voile et de la réclusion ont été dictées par Allah pour les femmes du Prophètes et à elles seules :
- Déjà dans les années 1880, un savant hollandais, le professeur Snouck Hurgronje, de Leyde, fit la critique d'une erreur généralement admise : « Il est singulier de voir des savants européens chercher à s’appuyer sur le verset 53 du chapitre 32. Or il ne s'agit, en ce passage, ni du voile ni des femmes musulmanes considérés d'ensemble…Ce verset, en effet, concerne uniquement les femmes du Prophète. Et pour cause, Mahomet a fort bien distingué entre ses propres femmes et celles des autres. Les prophètes (David, Salomon, etc. et Mahomet), sont de la classe dite sacrée. Ils sont tous des hommes et ont toujours su se réserver des privilèges en ce qui concerne le nombre, la conduite et la vie de leurs femmes. »
- Il faut noter qu'un verset du Coran recommande aux femmes (en général) de garder une tenue correcte (chap. 33, v. 59). Mahomet, qui a eu jusqu’à 9 femmes légitimes, pour prévenir toute tentation diabolique, interdisait la solitude avec une femme. De ces germes, un usage naquit, grandit et se développa dans certains pays et dans certaines classes, alors qu'ailleurs il ne parvenait pas à s'implanter. Certains milieux se sont montrés favorables au voile et à ce qu'il comporte, d'autres s'y sont montrés réfractaires. Il appartient à l'analyse historique et sociale de définir les raisons de ces différences.
- A en croire les traditions, c'est Omar, l'un des amis du Prophète, qui aurait conseillé à celui-ci de séquestrer ses femmes : "O envoyé de Dieu, aurait dit Omar à Mahomet, tes femmes reçoivent les honnêtes et les malhonnêtes entre les hommes ; n'ordonneras-tu point la réclusion des mères des croyants" (Housn al oussoua). « Séquestre tes femmes » (Bokhari), aurait-il dit, selon d'autres traditions, au Prophète qui hésitait à prendre une pareille mesure.
- Il est fort possible que, sur les instances de son ami, Mahomet ait formulé l'ordre divin de mettre obstacle aux libres rapports entre femmes et hommes. D'après la tradition, cette révélation fut promulguée en l'an 5 de l'Hégire, le soir des noces du Prophète avec Zeinab Bint Djahch. Mahomet, nous dit la tradition, avait invité beaucoup de monde à ses noces avec Zeinab. Les convives, au lieu de s'en aller après le dîner, demeurèrent. Mahomet, souhaitait vivement que ces invités se décidassent à prendre congé de lui. Il le leur manifesta, mais ils n'y firent aucune attention, Le Prophète invoqua alors le secours de Dieu. Dieu intima donc à son envoyé l'ordre d'informer les hommes qu'ils ne devaient pas prolonger la séance après le festin, de ne pas de causer directement avec les femmes du Prophète, à moins qu'elles fussent isolées d'eux par quelque écran qui les défendît des regards.
Les classes sociales et les rites :
Un lien assez étroit lie le problème du voile et de la réclusion des femmes à celui des classes. Dans l'Orient musulman, il y a deux classes : les classes riches avec leur "harem" et la classe des travailleurs et des ouvriers, dans laquelle, chacun, en général, a une femme unique avec laquelle il partage sa besogne et sa vie. Pour la première, la femme elle est un objet, que l'homme avilit et réserve pour son égoïsme. Pour la seconde, Elle est aussi libre que son époux, apporte sa part d'activité, de sentiments et de pensées à la lutte commune, et elle travaille côte à côte avec son mari pour gagner leur vie. La sentence coranique du chapitre 32 concerne uniquement les femmes de Mahomet. Elle insiste aussi sur le fait que le hidjab prescrit par le Prophète à ses femmes (classe supérieure) ne doit pas nécessairement être obligé à toutes les musulmanes (autres classes). L’Islam n'interdit aucunement que l'on voie le visage de la femme, et même que certains actes de dévotion du pèlerinage n’obligent pas les femmes de se cachent la figure ou les mains.
- La parole d’Allah dit : "O Prophète, dis à tes femmes, à tes filles, aux femmes des croyants d'abaisser sur leur front leur djilbab, on les distinguera par là, et elles ne seront pas exposées à être insultées". C’est clair. Mais nous notons d'abord que, d'après les lexicographes, le djilbab rapproché du khimar, de la milaah, du ridaa ou même du iza, sont des noms de vêtements, un habit qu'on met pour sortir, en sorte que ce verset énonce une prescription pour l'habillement des femmes qui sortent de leurs demeures, et a pour objet de leur fournir un aspect qui les distingue des esclaves ou des femmes de classes inférieures, lesquelles sortent sans rien mettre par-dessus leurs vêtements domestiques. Ce commandement coranique ne contient manifestement aucune prescription générale qui enjoigne aux femmes de se voiler le visage, et l'on se donne une peine inutile lorsqu'on cherche à tirer argument de ce texte pour expliquer et justifier l'usage du voile dans certains pays de l'islam. Néanmoins, reconnaissons qu'on peut à la rigueur y trouver, au moins en germe, une obligation d'une tenue d'où a pu dériver l'idée de costumes plus ou moins adaptés à cacher le visage.
- Les rites : Les prescriptions relatives à l'obligation du voile sont plutôt l'effet des mœurs. Dans l'histoire de l'islamisme, il est en effet souvent difficile de séparer le point de vue social du point de vue purement religieux. L'islam s'est donné pour tâche de régler la vie des croyants jusque dans ses détails, mais, au cours de son développement historique, il s'est vu contraint de s'adapter aux nécessités sociales, aux conditions contradictoires de la réalité humaine. Chez les chaféites, il est sounnah (c'est-à-dire préféré) de voir la femme avant le mariage. Un homme ayant annoncé à Mahomet qu'il venait de se fiancer à une femme, le Prophète lui recommanda de la voir (Moslim).
Si le Texte n'est pas un texte probant pour la prescription du voile, il l'est, par contre, en ce qui concerne la distinction des classes. En commandant aux femmes des croyants d'avoir une tenue spéciale, le Dieu du Coran voulait qu'elles fussent ainsi distinguées des femmes esclaves, afin d’éviter des rencontres inopportunes. En vue de prévenir pareille déconvenue, Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des autres par leur tenue. En somme, la religion et la loi religieuse sont, au moins directement, hors de cause en ce qui concerne le voile s’il n’y a pas de classes sociales dans la société. Le port ou non du voile est donc une convention des musulmans. Le voile est l'oeuvre des mœurs. Dans les premiers siècles de l'Hégire, le voile et la réclusion des femmes n'eurent d'autre motif, ni d'autre but que celui qui a été signalé plus haut, à savoir : la distinction des classes.
Au total
Le voile, recommandé par Allah aux femmes du prophète,
- est une affaire de moeurs,
- il sert à distinguer les classes sociales
Un mécréant saurait passer le pas et le comparer à une certaine étoile jaune funeste.
Comment alors des textes aussi précis ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ? Suite au prochain post.
Voici ce que dit Mansour Fahmy à propos de son livre : « Mahomet eut beau vouloir relever, en théorie, la condition du sexe dont les charmes ont agi si profondément sur sa sensibilité poétique, en dépit de ses intentions, l'islam la dégrada. Il a protégé les femmes contre l'agression de l'homme, mais il les a étouffées en rendant difficile l'échange entre elles et la société qui les entoure, et par là, il leur a ôté les moyens mêmes de profiter de cette protection. ».
La démonstration de cet auteur consiste à prouver que le port du voile en pays musulman n’est pas lié aux moeurs sexuelles de l’époque mais aux impératifs sociaux. Je vais essayer d’esquisser ce que l’on pensait, il y a un siècle, du voile et de la réclusion en Islam.
Tout laisse à penser que la prescription du voile et de la réclusion ont été dictées par Allah pour les femmes du Prophètes et à elles seules :
- Déjà dans les années 1880, un savant hollandais, le professeur Snouck Hurgronje, de Leyde, fit la critique d'une erreur généralement admise : « Il est singulier de voir des savants européens chercher à s’appuyer sur le verset 53 du chapitre 32. Or il ne s'agit, en ce passage, ni du voile ni des femmes musulmanes considérés d'ensemble…Ce verset, en effet, concerne uniquement les femmes du Prophète. Et pour cause, Mahomet a fort bien distingué entre ses propres femmes et celles des autres. Les prophètes (David, Salomon, etc. et Mahomet), sont de la classe dite sacrée. Ils sont tous des hommes et ont toujours su se réserver des privilèges en ce qui concerne le nombre, la conduite et la vie de leurs femmes. »
- Il faut noter qu'un verset du Coran recommande aux femmes (en général) de garder une tenue correcte (chap. 33, v. 59). Mahomet, qui a eu jusqu’à 9 femmes légitimes, pour prévenir toute tentation diabolique, interdisait la solitude avec une femme. De ces germes, un usage naquit, grandit et se développa dans certains pays et dans certaines classes, alors qu'ailleurs il ne parvenait pas à s'implanter. Certains milieux se sont montrés favorables au voile et à ce qu'il comporte, d'autres s'y sont montrés réfractaires. Il appartient à l'analyse historique et sociale de définir les raisons de ces différences.
- A en croire les traditions, c'est Omar, l'un des amis du Prophète, qui aurait conseillé à celui-ci de séquestrer ses femmes : "O envoyé de Dieu, aurait dit Omar à Mahomet, tes femmes reçoivent les honnêtes et les malhonnêtes entre les hommes ; n'ordonneras-tu point la réclusion des mères des croyants" (Housn al oussoua). « Séquestre tes femmes » (Bokhari), aurait-il dit, selon d'autres traditions, au Prophète qui hésitait à prendre une pareille mesure.
- Il est fort possible que, sur les instances de son ami, Mahomet ait formulé l'ordre divin de mettre obstacle aux libres rapports entre femmes et hommes. D'après la tradition, cette révélation fut promulguée en l'an 5 de l'Hégire, le soir des noces du Prophète avec Zeinab Bint Djahch. Mahomet, nous dit la tradition, avait invité beaucoup de monde à ses noces avec Zeinab. Les convives, au lieu de s'en aller après le dîner, demeurèrent. Mahomet, souhaitait vivement que ces invités se décidassent à prendre congé de lui. Il le leur manifesta, mais ils n'y firent aucune attention, Le Prophète invoqua alors le secours de Dieu. Dieu intima donc à son envoyé l'ordre d'informer les hommes qu'ils ne devaient pas prolonger la séance après le festin, de ne pas de causer directement avec les femmes du Prophète, à moins qu'elles fussent isolées d'eux par quelque écran qui les défendît des regards.
Les classes sociales et les rites :
Un lien assez étroit lie le problème du voile et de la réclusion des femmes à celui des classes. Dans l'Orient musulman, il y a deux classes : les classes riches avec leur "harem" et la classe des travailleurs et des ouvriers, dans laquelle, chacun, en général, a une femme unique avec laquelle il partage sa besogne et sa vie. Pour la première, la femme elle est un objet, que l'homme avilit et réserve pour son égoïsme. Pour la seconde, Elle est aussi libre que son époux, apporte sa part d'activité, de sentiments et de pensées à la lutte commune, et elle travaille côte à côte avec son mari pour gagner leur vie. La sentence coranique du chapitre 32 concerne uniquement les femmes de Mahomet. Elle insiste aussi sur le fait que le hidjab prescrit par le Prophète à ses femmes (classe supérieure) ne doit pas nécessairement être obligé à toutes les musulmanes (autres classes). L’Islam n'interdit aucunement que l'on voie le visage de la femme, et même que certains actes de dévotion du pèlerinage n’obligent pas les femmes de se cachent la figure ou les mains.
- La parole d’Allah dit : "O Prophète, dis à tes femmes, à tes filles, aux femmes des croyants d'abaisser sur leur front leur djilbab, on les distinguera par là, et elles ne seront pas exposées à être insultées". C’est clair. Mais nous notons d'abord que, d'après les lexicographes, le djilbab rapproché du khimar, de la milaah, du ridaa ou même du iza, sont des noms de vêtements, un habit qu'on met pour sortir, en sorte que ce verset énonce une prescription pour l'habillement des femmes qui sortent de leurs demeures, et a pour objet de leur fournir un aspect qui les distingue des esclaves ou des femmes de classes inférieures, lesquelles sortent sans rien mettre par-dessus leurs vêtements domestiques. Ce commandement coranique ne contient manifestement aucune prescription générale qui enjoigne aux femmes de se voiler le visage, et l'on se donne une peine inutile lorsqu'on cherche à tirer argument de ce texte pour expliquer et justifier l'usage du voile dans certains pays de l'islam. Néanmoins, reconnaissons qu'on peut à la rigueur y trouver, au moins en germe, une obligation d'une tenue d'où a pu dériver l'idée de costumes plus ou moins adaptés à cacher le visage.
- Les rites : Les prescriptions relatives à l'obligation du voile sont plutôt l'effet des mœurs. Dans l'histoire de l'islamisme, il est en effet souvent difficile de séparer le point de vue social du point de vue purement religieux. L'islam s'est donné pour tâche de régler la vie des croyants jusque dans ses détails, mais, au cours de son développement historique, il s'est vu contraint de s'adapter aux nécessités sociales, aux conditions contradictoires de la réalité humaine. Chez les chaféites, il est sounnah (c'est-à-dire préféré) de voir la femme avant le mariage. Un homme ayant annoncé à Mahomet qu'il venait de se fiancer à une femme, le Prophète lui recommanda de la voir (Moslim).
Si le Texte n'est pas un texte probant pour la prescription du voile, il l'est, par contre, en ce qui concerne la distinction des classes. En commandant aux femmes des croyants d'avoir une tenue spéciale, le Dieu du Coran voulait qu'elles fussent ainsi distinguées des femmes esclaves, afin d’éviter des rencontres inopportunes. En vue de prévenir pareille déconvenue, Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des autres par leur tenue. En somme, la religion et la loi religieuse sont, au moins directement, hors de cause en ce qui concerne le voile s’il n’y a pas de classes sociales dans la société. Le port ou non du voile est donc une convention des musulmans. Le voile est l'oeuvre des mœurs. Dans les premiers siècles de l'Hégire, le voile et la réclusion des femmes n'eurent d'autre motif, ni d'autre but que celui qui a été signalé plus haut, à savoir : la distinction des classes.
Au total
Le voile, recommandé par Allah aux femmes du prophète,
- est une affaire de moeurs,
- il sert à distinguer les classes sociales
Un mécréant saurait passer le pas et le comparer à une certaine étoile jaune funeste.
Comment alors des textes aussi précis ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ? Suite au prochain post.
Inscription à :
Articles (Atom)