Le couffinisme :
Couffinisme (Takfif) vient du mot couffin, qui vient du mot arabe Kouffa qui veut dire couffin. Couffinisme pourrait être traduit par : « excès de zèle, lèche botte, obséquiosité» ou plus soft par « prévenir et servir le désir de quelqu’un avant ou sans qu’il ne le demande », bref, porter le couffin de celui qui ne vous ne le demande pas. Rien à voir avec les « porteurs de valises » dont le but est d’amener des bombes pour faire mal à l’occupant.
Cette attitude est très fréquente dans la culture arabo musulmane et probablement dans d’autres cultures. Pour bien se faire voir du despote, il faut aller au devant de ses demandes et surtout exagérer dans l’exécution et l’accomplissement de ces actes pourtant non demandés mais susceptibles de faire plaisir au Commandeur.
Voile, réclusion et libertés :
En fin de compte que demande l’Eternel aux femmes du Prophète (SAAWS) et par extension (ou par couffinisme) aux musulmanes ?
- concernant le voile, qu’elles relèvent le fichu, leur châle, sur la tête. Il n’y a pas lieu de le fermer sur le cou.
- Concernant la réclusion qu’elles évitent les regards masculins notamment en restant dans leur foyer.
Mais la vie au 21ème siècle n’a rien à voir avec celle du 7ème siècle. Il n’y avait ni électricité, ni machine à laver, ni sèche linge, ni automobile ni internet ni, ni, ni, ni etc.
La sévérité croissante dans l'habillement, dans l’histoire religieuse de l’Islam, suit une marche parallèle à la rigueur croissante dans la pratique de la réclusion. La réclusion, faut il la définir, est un bagne, une claustration, un cloître, un confinement, une détention, un emprisonnement, un exil, une incarcération, un internement, un isolement, bref, une prison. Malgré l’amélioration des conditions de vie on constate une diminution considérable de la liberté des femmes, au fur et à mesure que l'on passe de l'Arabie à l'Egypte et du 1er siècle de l'Hégire au 9ème siècle.
Ce qui est de fait, c'est que la dégradation continue de la femme est de plusieurs siècles postérieure à l'avènement de l'islam et qu'elle est étrangère à la vie arabe des temps ante ou néo islamiques.
Exemple : les adeptes arabes, nous dit-on, quelque temps après la mort du Prophète (SAAWS), discutaient la question de savoir s'il convenait ou non d'admettre les femmes dans les mosquées et lors des enterrements. A en croire la tradition, il y aurait eu sur cette question deux partis contraires : le parti favorable et le parti hostile. Le second des deux partis aurait été le plus fort. Couffinisme ou l’espoir des hommes d’écraser les femmes ?
Anecdote : on reprochait à l'une des femmes du khalife Omar de sortir de sa maison pour aller faire à la mosquée la prière du matin et celle du soir. La femme riposta en disant : « Mais qui donc empêche Omar de me l'interdire ? - Ce qui l'empêche, répartirent ceux qui la critiquaient, ce sont les paroles de l'envoyé de Dieu : Ne défendez pas aux esclaves de Dieu (aux femmes) d'aller à ses mosquées. ». Mais bientôt, la pratique allait différer de la doctrine et les femmes allaient être en quelque sorte exclues des mosquées.
Ce même Omar, auquel la tradition attribue des actes et des paroles décisifs pour l'histoire de la dégradation des femmes, aurait prononcé le discours suivant : « Retenez captives les femmes, car elles sortent pour aller aux cérémonies nuptiales, elles vont aux funérailles et paraissent aux fêtes. Quand elles ont la liberté de sortir beaucoup de chez elles, elles ne manquent point de voir ceux qui leur plaisent, lors même que leur mari serait plus beau et plus joli et que ceux qui leur plaisent seraient moins nobles. Ainsi, ce qu'elles ne possèdent pas devient plus précieux que ce qu'elles possèdent et les attire davantage ».
Nous ne prétendons point que ces paroles soient les paroles exactes et textuelles sorties de la bouche du khalife.
Je reviens sur le côté social de la réclusion et du voile. Celles qui portaient le voile et qui ne sortaient pas de chez elles étaient les filles ou les femmes des riches, qui par conséquent, laissent aux femmes esclaves les travaux du ménage bédouin, tels que le soin de traire les chamelles. Elles demeuraient en maîtresses sous leurs tentes. C'était là une sorte de réclusion dont le sens et le caractère étaient tout autres que ceux de la réclusion musulmane. Elle n'avait nullement pour objet de soustraire les femmes à la vue de l'homme, mais plutôt d'établir une distinction entre les nobles, les vainqueurs, et les esclaves, les vaincus.
Cette habitude, qui plonge jusqu'au cœur des mœurs arabes, était encore vivante à l'époque des Abbassides, où l'Egypte fut gouvernée, par la reine Chagaret al Dourr. Dans les mosquées, les prédicateurs ne trouvèrent pas d'expression plus galante pour faire l'éloge de cette reine que de parler de ses voiles sévères. C'est ainsi qu'après avoir adressé des vœux au khalife, le prédicateur prie Dieu de garder "la reine des musulmans, la protectrice du monde et de la religion, qui a le beau et vénérable voile". Nous citons cet exemple en passant parce que les traditions des Arabes musulmans répètent volontiers le vieil adage : "Les gens prennent exemple sur leur souverain." Comme les souverains considéraient la réclusion comme étant de haute moralité, les peuples en faisaient autant. Couffinisme.
Quid des hommes ? Le costume des hommes évolua dans le sens de l'uniformité et celui des femmes dans le sens de la réclusion. Il semble même que parfois le hasard ait contribué à cette évolution : une artiste de la noble famille royale, cousine d'Al Mamoun, occupait alors un rang éminent dans la société de Bagdad pour sa beauté, ses talents de poétesse et son goût pour la musique. Sa beauté n'était cependant pas complète, et il semble bien, s'il faut en croire le récit, qu'elle ait eu le front un peu large. Pour masquer ce défaut, l'illustre personne imagina une sorte de fichu de soie orné de pierres précieuses et doublé en diagonale dont elle s'entoura la tête. Cette mode eut du succès, et la haute société de Bagdad l'adopta. Toute une littérature nous conserve le souvenir de ces fichus, qui, à un moment de l'histoire, comptèrent parmi les ornements de bon goût et les signes de mœurs correctes.
Au commencement de la seconde moitié du VIIe siècle, un concile de savants arrêta que la chrétienne devrait se vêtir d'un manteau bleu, la juive d'un manteau jaune, la Samaritaine d'un manteau rouge. Une vingtaine d'années plus tard, vers l'an 773, le sultan décréta que les descendants du Prophète se distingueraient par le moyen d'un turban où il y aurait de la couleur verte. Ajoutons, enfin, que depuis les Abbassides, les souverains qui se sont succédé à Bagdad et au Caire trouvèrent le loisir de s'intéresser à l'habillement. Pour les femmes, le costume évolua de plus en plus vers une tenue sévère et pour les hommes vers l'uniformité.
Conclusion :
Au risque de me répéter :
Les impératifs concernant l’habillement des femmes du Prophète (SAAWS) et leur conduite édictées par l’Omniscient sont :
- concernant l’habillement, qu’elles relèvent le fichu, leur châle, sur la tête. Il n’y a pas lieu de le fermer sur le cou.
- Concernant la réclusion d’éviter de sortir de chez elles quand elles peuvent.
Ces deux commandements ont plus un rôle de distinction social que religieux.
Bien à vous.
MALI
Principale source : Mansour Fahmy, 1913, Librairie Félix Alcan « La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © » Éditions Allia 1990, 2002.
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vendredi 24 septembre 2010
samedi 8 mai 2010
Voile et réclusion 5
En voilà un qui était bien voilé des yeux. On l'a rendu aveugle afin de ne plus voir les femmes. Et c'est celle qu'il ne devait plus voir qui a fait en sorte qu'il ne la voit plus. Elle aurait mieux fait de mettre le Nikab. Comme quoi, le voile peut avoir des vertus.
SAMSON
Quand Samson bascula les piliers du temple
Que la douleur hurla hors de son torse ample,
Le plus dur n’était pas les ténèbres des yeux
Ni le cruel trépas, ni le discours haineux,
Mais le tendre forfait de la bel Dalila
Et d’avoir succombé à ses superbes appas.
" De celui qui mange vient ce qui se mange,
Du plus fort étrange, sort le plus bel Ange. "
Disait ce bel héro, sans aucune illusion
Suppliant son bourreau avec dérision.
Esclave se vouant, à la belle de Sorèk
Il lui donna son sang, lui livra un métèque.
De nos chevelures, elles tirent la substance
Recherchent la fêlure, nous aspirent l’essence
Nous vident nos esprits, nous prennent la semence
Pour gagner leur Pari avec concupiscence.
Bien à vous.
MALI
SAMSON
Quand Samson bascula les piliers du temple
Que la douleur hurla hors de son torse ample,
Le plus dur n’était pas les ténèbres des yeux
Ni le cruel trépas, ni le discours haineux,
Mais le tendre forfait de la bel Dalila
Et d’avoir succombé à ses superbes appas.
" De celui qui mange vient ce qui se mange,
Du plus fort étrange, sort le plus bel Ange. "
Disait ce bel héro, sans aucune illusion
Suppliant son bourreau avec dérision.
Esclave se vouant, à la belle de Sorèk
Il lui donna son sang, lui livra un métèque.
De nos chevelures, elles tirent la substance
Recherchent la fêlure, nous aspirent l’essence
Nous vident nos esprits, nous prennent la semence
Pour gagner leur Pari avec concupiscence.
Bien à vous.
MALI
jeudi 6 mai 2010
Voile et réclusion 4
Terreur en Europe. La Belgique vient de voter l’interdiction du voile. La France tremble et prépare un texte. L’Europe vacille. Le Voile Islamique. Mais le Voile c’est donc quoi ?
Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des femmes esclaves par le port du "djilbab". Mais qu'était le costume de la femme tel que le voulait Mahomet ? Le mot djilbab signifie strictement une sorte de chemise, suivant le dictionnaire. C’est un vêtement de dessus, qui ressemble au grand châle ou manteau auquel on donne le nom de milhafa. Ce manteau est désigné aussi par le mot mirt. Les mirts, sont des manteaux de laine dont on se sert pour se couvrir, en guise d'izar.
Donc le djilbab peut signifier ou chemise, ou manteau, ou châle. Il faut écarter tout de suite le sens de chemise, qui ne s'accorde pas avec ce que réclame la sentence coranique. En effet, le Coran ordonne aux croyantes de ramener sur elles leur djilbab. Or la chemise, par sa forme qui habille les bras, ne permet évidemment pas d'exécuter ce que veut la règle. Les vêtements qui ont la forme d'un châle ou d'un manteau s'y prêtent parfaitement. On est donc en droit de traduire le mot djilbab par châle ou manteau. La traduction est d'autant plus légitime que le mirt était un vêtement commun que les femmes portaient par-dessus d'autres vêtements.
En résumé, il n'est nullement question là d'une pièce d'habillement spécialement adaptée à couvrir le visage : le djilbab est simplement ramené de manière à cacher la tête et une partie du visage afin de donner un aspect distinctif aux femmes libres, ainsi que le voulait Mahomet. Bref, le Djilbab est une sorte de manteau.
Deux ou trois ans après l'obligation du voile, Mahomet édicta, pour ses propres femmes, la règle de la réclusion ; ces deux commandements, solidaires entre eux, s'exagérèrent en quelque sorte l'un et l'autre, et prirent rapidement une importance disproportionnée avec la portée assez restreinte qu'ils eurent à l'origine.
Résumons : Il n'existait pas, chez les Arabes du temps de Mahomet, de pièce d'habillement ayant pour objet spécial de cacher le visage de la femme. La tradition, lorsqu'elle parle de l'habillement féminin, ne connaît rien d'autre que l'izar ou djilbab (manteau), le dirr (chemise), ou le khimar (sorte de fichu). Ces vêtements étaient portés par toutes les femmes du temps du Prophète. La littérature de l'époque ne nous en relève point d'autres.
Mais, dans les 1er et 2éme siècles de l'Hégire, le "nikab" et le "bourkou" furent introduits dans les mœurs. Ce sont deux voiles dont l'objet propre est de cacher le visage. Le « nikab » ou la « burka » ont ils une assise théologique musulmane ? Non !
Le nikab :
Ce voile n'existait nullement dans l'usage courant au temps de Mahomet. Le nikab n'était alors en usage que dans des cas exceptionnels, et comme un vêtement extraordinaire. La tradition nous rapporte qu'Aïcha sortit une fois en nikab, pour aller voir Safia, la captive israélite arrivée à la porte de Médine, que Mahomet venait d'affranchir pour la mettre au nombre de ses femmes. Ce détail, que la tradition cite comme extraordinaire, ne plaide assurément pas pour l'ancienneté de l'usage du voile. Au contraire, le nikab ne fut qu'une mode. Le nikab, devint d'un usage presque général, et eut même quelque succès parmi les chrétiens de Sicile au 6ème siècle de l'Hégire. Ibn Djobeir le note en parlant de la capitale de la Sicile : "Les dames chrétiennes de cette ville… suivent tout à fait la mode des femmes musulmanes. A l'occasion de cette fête de Noël, elles sortaient habillées de robes en soie couleur d'or, enveloppées de manteaux élégants … tout à fait en toilette de dames musulmanes». Ce qui est de fait et ce qui nous importe, c'est la généralisation du nikab. Comme toute mode vestimentaire, le nikab n’a aucune assise religieuse.
La Burka :
Le nikab, nouveauté du 1er siècle, destiné à cacher sévèrement le visage de la femme, mode, se trouva secondé dans ses effets par un autre voile du même type : le bourkou qui avait le même objet que le premier. L'usage commun de la burka ou du bourkou date à peu près de la même époque que l'usage commun du nikab.
Selon le lexicographe Djauhari, le bourkou désigne une partie de l'équipement des bêtes de somme et de l'habillement des femmes des Bédouins. Il faut croire qu’à l’époque, les bêtes de somme et les femmes devaient porter le même textile ! Il est hasardeux de se prononcer trop nettement sur le rôle propre de ce vêtement. Avait-il pour objet de protéger contre les ardeurs du climat ou contre les insectes ? Servait-il à protéger le visage des Bédouines contre les regards de l'homme ? On ne saurait le dire. On peut voir jusqu’à nos jours, des Bédouins arabes employer le voile chez les hommes, afin de se protéger contre les conséquences du brigandage, de luttes, des vengeances ou du vent de sable. Cela se voit aussi chez les Touaregs contemporains dans le Sahara. D'autres sortes de voiles sont devenus à la mode. Dans les Mille et Une Nuits, la burka n’est pas stigmatisée. On y retrouve cependant le yachmak long et noir qui, prenant sur le bout du nez, descendait jusqu'aux genoux. M. Lane mentionne le fîf ou voile du visage (des dames de la haute classe et de celles de la moyenne) qui est une longue bande de mousseline blanche. Elle couvre tout le visage, excepté les yeux, et descend à peu près jusqu'aux pieds. Le même auteur signale la aji, une sorte de crêpe noire et grossière, que quelques-unes de celles qui descendent du Prophète portent. Souvent ornée de perles fausses, de petites pièces de monnaie en or, et d'autres ornements de même métal, petits et plats, aussi de grains de corail, ou plus ordinairement d'une paire de chaînes d'airain ou d'argent, dont chacune est attachée à un des deux bouts d'en haut ( ?). En Syrie, les femmes des Bédouins, portent le keblis. Quant à l'Arabie, le keblis est porté actuellement par les femmes de La Mecque, de Djiddah et de Médine ; elles le portent blanc ou bleu. Ibn Batoutah, dit en parlant des femmes de La Mecque : "Elles sortent avec des milhafahs et des burkas, de sorte qu'on ne puisse rien voir d'elles. "
Donc, le bourkou (burka) existait en différentes contrées et sous des formes variées. L'origine de ce vêtement n'est pas clairement établie, et il est rarement cité dans la littérature ancienne. Il n’est en aucune manière relié au Coran ou à la Sounna. Il n'a aucune assise religieuse.
Au total : l’Occident tremble pour :
- Djilbab
- Milhafa
- Mirt
- Izar
- Dirr
- Nikab"
- Bourkou (Burka)
- Fîf
- Keblis
- Kinaà
- Yachmak
- Khimar etc …
Aucun vêtement si ce n’est le Djilbab n’est relié à l’Islam. On en a donné la définition. Et encore. Il n’était recommandé que pour les femmes (9 en tout) du Sacré Prophète. Mais que donc doivent porter nos femmes et nos filles musulmanes ? Tant de mots pour tant de mensonges. Tant de mots pour asservir la moitié de l’humanité. Allah veut il tout cela ? Seul Allah sait et n’oubliez pas : Il est « Al Kahhar » le Vainqueur. Louanges à Dieu. Car nous ne sommes que poussière.
Bien à vous.
MALI
Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des femmes esclaves par le port du "djilbab". Mais qu'était le costume de la femme tel que le voulait Mahomet ? Le mot djilbab signifie strictement une sorte de chemise, suivant le dictionnaire. C’est un vêtement de dessus, qui ressemble au grand châle ou manteau auquel on donne le nom de milhafa. Ce manteau est désigné aussi par le mot mirt. Les mirts, sont des manteaux de laine dont on se sert pour se couvrir, en guise d'izar.
Donc le djilbab peut signifier ou chemise, ou manteau, ou châle. Il faut écarter tout de suite le sens de chemise, qui ne s'accorde pas avec ce que réclame la sentence coranique. En effet, le Coran ordonne aux croyantes de ramener sur elles leur djilbab. Or la chemise, par sa forme qui habille les bras, ne permet évidemment pas d'exécuter ce que veut la règle. Les vêtements qui ont la forme d'un châle ou d'un manteau s'y prêtent parfaitement. On est donc en droit de traduire le mot djilbab par châle ou manteau. La traduction est d'autant plus légitime que le mirt était un vêtement commun que les femmes portaient par-dessus d'autres vêtements.
En résumé, il n'est nullement question là d'une pièce d'habillement spécialement adaptée à couvrir le visage : le djilbab est simplement ramené de manière à cacher la tête et une partie du visage afin de donner un aspect distinctif aux femmes libres, ainsi que le voulait Mahomet. Bref, le Djilbab est une sorte de manteau.
Deux ou trois ans après l'obligation du voile, Mahomet édicta, pour ses propres femmes, la règle de la réclusion ; ces deux commandements, solidaires entre eux, s'exagérèrent en quelque sorte l'un et l'autre, et prirent rapidement une importance disproportionnée avec la portée assez restreinte qu'ils eurent à l'origine.
Résumons : Il n'existait pas, chez les Arabes du temps de Mahomet, de pièce d'habillement ayant pour objet spécial de cacher le visage de la femme. La tradition, lorsqu'elle parle de l'habillement féminin, ne connaît rien d'autre que l'izar ou djilbab (manteau), le dirr (chemise), ou le khimar (sorte de fichu). Ces vêtements étaient portés par toutes les femmes du temps du Prophète. La littérature de l'époque ne nous en relève point d'autres.
Mais, dans les 1er et 2éme siècles de l'Hégire, le "nikab" et le "bourkou" furent introduits dans les mœurs. Ce sont deux voiles dont l'objet propre est de cacher le visage. Le « nikab » ou la « burka » ont ils une assise théologique musulmane ? Non !
Le nikab :
Ce voile n'existait nullement dans l'usage courant au temps de Mahomet. Le nikab n'était alors en usage que dans des cas exceptionnels, et comme un vêtement extraordinaire. La tradition nous rapporte qu'Aïcha sortit une fois en nikab, pour aller voir Safia, la captive israélite arrivée à la porte de Médine, que Mahomet venait d'affranchir pour la mettre au nombre de ses femmes. Ce détail, que la tradition cite comme extraordinaire, ne plaide assurément pas pour l'ancienneté de l'usage du voile. Au contraire, le nikab ne fut qu'une mode. Le nikab, devint d'un usage presque général, et eut même quelque succès parmi les chrétiens de Sicile au 6ème siècle de l'Hégire. Ibn Djobeir le note en parlant de la capitale de la Sicile : "Les dames chrétiennes de cette ville… suivent tout à fait la mode des femmes musulmanes. A l'occasion de cette fête de Noël, elles sortaient habillées de robes en soie couleur d'or, enveloppées de manteaux élégants … tout à fait en toilette de dames musulmanes». Ce qui est de fait et ce qui nous importe, c'est la généralisation du nikab. Comme toute mode vestimentaire, le nikab n’a aucune assise religieuse.
La Burka :
Le nikab, nouveauté du 1er siècle, destiné à cacher sévèrement le visage de la femme, mode, se trouva secondé dans ses effets par un autre voile du même type : le bourkou qui avait le même objet que le premier. L'usage commun de la burka ou du bourkou date à peu près de la même époque que l'usage commun du nikab.
Selon le lexicographe Djauhari, le bourkou désigne une partie de l'équipement des bêtes de somme et de l'habillement des femmes des Bédouins. Il faut croire qu’à l’époque, les bêtes de somme et les femmes devaient porter le même textile ! Il est hasardeux de se prononcer trop nettement sur le rôle propre de ce vêtement. Avait-il pour objet de protéger contre les ardeurs du climat ou contre les insectes ? Servait-il à protéger le visage des Bédouines contre les regards de l'homme ? On ne saurait le dire. On peut voir jusqu’à nos jours, des Bédouins arabes employer le voile chez les hommes, afin de se protéger contre les conséquences du brigandage, de luttes, des vengeances ou du vent de sable. Cela se voit aussi chez les Touaregs contemporains dans le Sahara. D'autres sortes de voiles sont devenus à la mode. Dans les Mille et Une Nuits, la burka n’est pas stigmatisée. On y retrouve cependant le yachmak long et noir qui, prenant sur le bout du nez, descendait jusqu'aux genoux. M. Lane mentionne le fîf ou voile du visage (des dames de la haute classe et de celles de la moyenne) qui est une longue bande de mousseline blanche. Elle couvre tout le visage, excepté les yeux, et descend à peu près jusqu'aux pieds. Le même auteur signale la aji, une sorte de crêpe noire et grossière, que quelques-unes de celles qui descendent du Prophète portent. Souvent ornée de perles fausses, de petites pièces de monnaie en or, et d'autres ornements de même métal, petits et plats, aussi de grains de corail, ou plus ordinairement d'une paire de chaînes d'airain ou d'argent, dont chacune est attachée à un des deux bouts d'en haut ( ?). En Syrie, les femmes des Bédouins, portent le keblis. Quant à l'Arabie, le keblis est porté actuellement par les femmes de La Mecque, de Djiddah et de Médine ; elles le portent blanc ou bleu. Ibn Batoutah, dit en parlant des femmes de La Mecque : "Elles sortent avec des milhafahs et des burkas, de sorte qu'on ne puisse rien voir d'elles. "
Donc, le bourkou (burka) existait en différentes contrées et sous des formes variées. L'origine de ce vêtement n'est pas clairement établie, et il est rarement cité dans la littérature ancienne. Il n’est en aucune manière relié au Coran ou à la Sounna. Il n'a aucune assise religieuse.
Au total : l’Occident tremble pour :
- Djilbab
- Milhafa
- Mirt
- Izar
- Dirr
- Nikab"
- Bourkou (Burka)
- Fîf
- Keblis
- Kinaà
- Yachmak
- Khimar etc …
Aucun vêtement si ce n’est le Djilbab n’est relié à l’Islam. On en a donné la définition. Et encore. Il n’était recommandé que pour les femmes (9 en tout) du Sacré Prophète. Mais que donc doivent porter nos femmes et nos filles musulmanes ? Tant de mots pour tant de mensonges. Tant de mots pour asservir la moitié de l’humanité. Allah veut il tout cela ? Seul Allah sait et n’oubliez pas : Il est « Al Kahhar » le Vainqueur. Louanges à Dieu. Car nous ne sommes que poussière.
Bien à vous.
MALI
mercredi 28 avril 2010
Voile et réclusion 2
Suite de ce qu’écrivait en 1913, Mansour Fahmy, à la Librairie Félix Alcan a publié son livre, La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © Éditions Allia 1990, 2002.
Comment des textes aussi précis concernant le port du voile ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ?
Esquissons l’histoire sociale du voile :
A mesure que l'islamisme se développa et progressa dans le temps et dans l'espace, la démarcation devint plus profonde entre les diverses classes ; le voile et la réclusion prirent une importance croissante. Puis, l'islam conquit d'autres terres ; le nombre des femmes esclaves augmenta, et les femmes libres subirent de plus en plus les fâcheuses conséquences de la règle du voile et de la réclusion.
Conquête de la Perse et de la Mésopotamie d'une part, et de l'autre la Syrie, occupée depuis sept siècles par les Romains. Conquête de l'Egypte et la Nubie. En une vingtaine d'années, l'Empire arabe s'agrandit d'une manière considérable. Les conquérants se trouvèrent en contact avec d'autres civilisations. Ils se réservèrent les privilèges du vainqueur, et maintinrent leurs femmes sous le déplorable régime de la réclusion, afin de les distinguer des autres femmes.
Le prestige du voile devint bientôt général dans les hautes classes de la société musulmane. Mais la nature humaine a ses exigences et sait trouver des issues en dépit de la rigueur des mœurs, en dépit des anomalies sociales qui éloignent, pour un moment, l'homme des conditions normales et de l'équilibre régulier de sa destinée biologique. Les Mecquois, eurent vite fait de trouver, un moyen fort simple de s'affranchir pour un temps, en vue de leurs intérêts pratiques, des rigueurs de la réclusion. A La Mecque les jeunes femmes à marier sortaient sans voile pour faire une fois le tour du temple de la Kaâba, afin de donner l'occasion de les voir aux hommes qui voudraient demander leur main. Ceci est peut être le vestige d'une coutume ancienne, qui se serait maintenue malgré l'évolution générale de la société musulmane dans le sens de la réclusion. Quoi qu'il en soit, cet usage qui exista probablement durant les premiers siècles de l'Hégire palliait jusqu'à un certain point les inconvénients d'une réglementation incompatible avec les intérêts des hommes. Mais le palliatif ne tarda point à dépérir, à mesure qu'allait croissant la dégradation de la femme, à mesure que la sévérité des mœurs devenait plus grande et gagnait de proche en proche tous les pays que connaissait l'islam primitif.
En Egypte, vers la même époque, on observait la réclusion dans toute sa rigueur. Au 9ème siècle de l'Hégire, époque où le système de la réclusion fut en Egypte est à son apogée, le sultan d'Egypte promulgua l'interdiction de sortir pour toutes les femmes, sous quelque prétexte que ce fut, sauf pour les laveuses des femmes mortes. On était alors bien loin de la pleine liberté que Mahomet laissait aux femmes de faire la prière dans la mosquée et de laisser voir leur visage et leurs mains.
Mais alors, quelle est donc l’histoire du voile et qu’est ce que le voile ?
A mesure que la condition malheureuse de la femme empirait dans le monde islamique, le costume féminin se compliquait par l'effet même du système de la réclusion. Durant les premiers temps de l'islam, alors que la plupart des Arabes étaient encore nomades et que leurs villages se composaient de tentes plantées en plein désert, l'art du tailleur était à peu près ignoré. On ne distinguait trop entre le costume de l'homme et celui de la femme. L'essentiel du vêtement se réduisait à un manteau tissé en une seule pièce dont on s'enveloppait.
Plus tard, au cours de leurs conquêtes, les Arabes vainqueurs empruntèrent aux peuples vaincus diverses parties de leur habillement, et beaucoup de luxe. (Persans et Romains).
En Espagne, les Arabes, surtout pendant la dernière période de leur empire, adoptèrent, ainsi, une très grande partie des costumes des chevaliers chrétiens. En d'autres pays, les musulmans diffèrent de coiffure, d'habits, de chaussures etc. La complication accrue de l'habillement apparaît évidente quand on compare les quelques noms qui désignent les vêtements au temps de Mahomet et que nous ont conservés les anciennes traditions, avec ceux qui ont été usités dans la suite. Dozy, dans son Dictionnaire des noms de vêtements chez les Arabes, a relevé bon nombre des objets d'habillement des hommes et des femmes, et en a signalé l'origine exotique. Nous n'insisterons donc pas et nous ne retiendrons des habits portés au 1er siècle de l'Hégire que ceux sur lesquels porta la législation coranique, et qui intéressent notre étude sur la réclusion des femmes.
Il faut tout de même se rappeler que l’on peut affirmer, d'une manière à peu près absolue, d'après nos connaissances actuelles sur la vie et les mœurs des anciens Arabes de l'époque antérieure à Mahomet, qu'il n'existait pas à ce moment de pièce d'habillement ayant pour objet de soustraire le visage de la femme à la vue de l'homme. Et on peut énoncer cette affirmation d'une manière plus catégorique encore lorsqu'on parle de la société arabe du temps de Mahomet, de celle à laquelle il a dicté ses lois. Mahomet allait en compagnie de sa première femme et de son jeune cousin faire la prière en commun à la Kaâba. Les femmes prenaient part à la vie commune au point d'inquiéter les hommes, et de leur donner à craindre que leurs femmes et leurs enfants ne fussent séduits par la nouvelle doctrine.
Rien ne faisait obstacle à la familiarité des rapports courants de la vie quotidienne entre les deux sexes. C'est de ce point de départ, de cet état de choses, qui n'a rien de choquant pour nos vues modernes, qu'on en vint graduellement à l'état de séparation radicale entre hommes et femmes.
Mais pourquoi donc ce climat de confiance s’est-il détérioré ?
Suite au prochain post.
Bien à vous chers amis(es)
MALI
Comment des textes aussi précis concernant le port du voile ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ?
Esquissons l’histoire sociale du voile :
A mesure que l'islamisme se développa et progressa dans le temps et dans l'espace, la démarcation devint plus profonde entre les diverses classes ; le voile et la réclusion prirent une importance croissante. Puis, l'islam conquit d'autres terres ; le nombre des femmes esclaves augmenta, et les femmes libres subirent de plus en plus les fâcheuses conséquences de la règle du voile et de la réclusion.
Conquête de la Perse et de la Mésopotamie d'une part, et de l'autre la Syrie, occupée depuis sept siècles par les Romains. Conquête de l'Egypte et la Nubie. En une vingtaine d'années, l'Empire arabe s'agrandit d'une manière considérable. Les conquérants se trouvèrent en contact avec d'autres civilisations. Ils se réservèrent les privilèges du vainqueur, et maintinrent leurs femmes sous le déplorable régime de la réclusion, afin de les distinguer des autres femmes.
Le prestige du voile devint bientôt général dans les hautes classes de la société musulmane. Mais la nature humaine a ses exigences et sait trouver des issues en dépit de la rigueur des mœurs, en dépit des anomalies sociales qui éloignent, pour un moment, l'homme des conditions normales et de l'équilibre régulier de sa destinée biologique. Les Mecquois, eurent vite fait de trouver, un moyen fort simple de s'affranchir pour un temps, en vue de leurs intérêts pratiques, des rigueurs de la réclusion. A La Mecque les jeunes femmes à marier sortaient sans voile pour faire une fois le tour du temple de la Kaâba, afin de donner l'occasion de les voir aux hommes qui voudraient demander leur main. Ceci est peut être le vestige d'une coutume ancienne, qui se serait maintenue malgré l'évolution générale de la société musulmane dans le sens de la réclusion. Quoi qu'il en soit, cet usage qui exista probablement durant les premiers siècles de l'Hégire palliait jusqu'à un certain point les inconvénients d'une réglementation incompatible avec les intérêts des hommes. Mais le palliatif ne tarda point à dépérir, à mesure qu'allait croissant la dégradation de la femme, à mesure que la sévérité des mœurs devenait plus grande et gagnait de proche en proche tous les pays que connaissait l'islam primitif.
En Egypte, vers la même époque, on observait la réclusion dans toute sa rigueur. Au 9ème siècle de l'Hégire, époque où le système de la réclusion fut en Egypte est à son apogée, le sultan d'Egypte promulgua l'interdiction de sortir pour toutes les femmes, sous quelque prétexte que ce fut, sauf pour les laveuses des femmes mortes. On était alors bien loin de la pleine liberté que Mahomet laissait aux femmes de faire la prière dans la mosquée et de laisser voir leur visage et leurs mains.
Mais alors, quelle est donc l’histoire du voile et qu’est ce que le voile ?
A mesure que la condition malheureuse de la femme empirait dans le monde islamique, le costume féminin se compliquait par l'effet même du système de la réclusion. Durant les premiers temps de l'islam, alors que la plupart des Arabes étaient encore nomades et que leurs villages se composaient de tentes plantées en plein désert, l'art du tailleur était à peu près ignoré. On ne distinguait trop entre le costume de l'homme et celui de la femme. L'essentiel du vêtement se réduisait à un manteau tissé en une seule pièce dont on s'enveloppait.
Plus tard, au cours de leurs conquêtes, les Arabes vainqueurs empruntèrent aux peuples vaincus diverses parties de leur habillement, et beaucoup de luxe. (Persans et Romains).
En Espagne, les Arabes, surtout pendant la dernière période de leur empire, adoptèrent, ainsi, une très grande partie des costumes des chevaliers chrétiens. En d'autres pays, les musulmans diffèrent de coiffure, d'habits, de chaussures etc. La complication accrue de l'habillement apparaît évidente quand on compare les quelques noms qui désignent les vêtements au temps de Mahomet et que nous ont conservés les anciennes traditions, avec ceux qui ont été usités dans la suite. Dozy, dans son Dictionnaire des noms de vêtements chez les Arabes, a relevé bon nombre des objets d'habillement des hommes et des femmes, et en a signalé l'origine exotique. Nous n'insisterons donc pas et nous ne retiendrons des habits portés au 1er siècle de l'Hégire que ceux sur lesquels porta la législation coranique, et qui intéressent notre étude sur la réclusion des femmes.
Il faut tout de même se rappeler que l’on peut affirmer, d'une manière à peu près absolue, d'après nos connaissances actuelles sur la vie et les mœurs des anciens Arabes de l'époque antérieure à Mahomet, qu'il n'existait pas à ce moment de pièce d'habillement ayant pour objet de soustraire le visage de la femme à la vue de l'homme. Et on peut énoncer cette affirmation d'une manière plus catégorique encore lorsqu'on parle de la société arabe du temps de Mahomet, de celle à laquelle il a dicté ses lois. Mahomet allait en compagnie de sa première femme et de son jeune cousin faire la prière en commun à la Kaâba. Les femmes prenaient part à la vie commune au point d'inquiéter les hommes, et de leur donner à craindre que leurs femmes et leurs enfants ne fussent séduits par la nouvelle doctrine.
Rien ne faisait obstacle à la familiarité des rapports courants de la vie quotidienne entre les deux sexes. C'est de ce point de départ, de cet état de choses, qui n'a rien de choquant pour nos vues modernes, qu'on en vint graduellement à l'état de séparation radicale entre hommes et femmes.
Mais pourquoi donc ce climat de confiance s’est-il détérioré ?
Suite au prochain post.
Bien à vous chers amis(es)
MALI
vendredi 16 avril 2010
Une catapulte vers le Paradis
Imaginez, imaginez une catapulte vers le Paradis. Vous mourez, on vous enterre proche de la catapulte afin que celle-ci ne vous oublie pas et vous pousse vers le Paradis. Même Dieu n’a pas son mot à dire.
Où se trouve cette catapulte ?
Que faut-il faire pour y accéder ?
Comment ai-je découvert cela ?
Petite histoire :
J'ai beaucoup d'amis juifs. Certains, voire la majorité, sont des amis d'enfance. On s'est retrouvés il y a un mois à Paris dans le cadre d’une réunion des anciens élèves de l'école de.... plus de 120 personnes dont une dizaine de chrétiens, une dizaines de musulmans et une centaines de juifs. Le resto, bien entendu, était Kascher. Jamais je n’ai été tant embrassé. Des meufs et des keums que je n’ai pas vus depuis 35 ans. Très émouvant. Beaucoup pleuraient. Pourquoi ? Ils pleuraient le pays, la douceur de l’enfance, la géopolitique qui nous a séparés, le bon vieux temps. J’ai vu les photos de Sarah décimée par un cancer du sein, les photos de Guytou mort dans un accident de moto etc. J’ai revu des meufs avec qui j’ai eu mes premiers flirts. Bref et sans tomber dans le pathos c’était super émouvant. Tant de temps, tant d’amitié, tant d’amour.
Au fil des discussions et au-delà de l’émotion j’ai appris des choses intéressantes. Tous mes amis juifs présents ce jour là ont enterré leurs parents en…Israël. L’ambiance, mêlée aux vapeurs d’alcool, m’a permis de demander : mais pourquoi vous enterrez vos parents en Israël alors que leur pays est la Tunisie ou la France ? Cette question me brulait les lèvres. Car moi je veux être enterré proche de l’endroit de ma mort. Si je meurs à Moscou, on m’enterre à Moscou, si c’est à Albuquerque alors à cet endroit, si c’est à Amboise alors c’est à Amboise, si c’est au Swaziland alors ce sera là-bas. Logique. Quand on meurt l’endroit de l’inhumation ne concerne plus le mort. Puisqu’il ne peut plus prendre de décision. Et ceux qui laissent des recommandations sont aussi hypertrophiques de l’égo que les pharaons.
Que nenni. Les juifs veulent être enterrés en Israël. Et seulement là. Pourquoi ? Parce que j’ai enfin compris que Israël et surtout Jérusalem est une catapulte vers le Paradis. Tu veux aller au paradis sans visa ni emmerdement ? Fais-toi enterrer à Jérusalem. La Voie vers le Paradis est le Rocher. Le Rocher contient une bretelle d’accès vers le Paradis sans passer par la case départ et sans payer. Incroyable !
Ce fameux Rocher se trouve sous le dôme du même nom. D’après ce que j’ai compris, le Dôme du Rocher se trouve au centre de la mosquée d’Omar mais n’en fait pas partie. Ce sont des chrétiens qui en ont la clef et des juifs qui en autorisent l’accès. C’est sur ce Rocher que le cheval volant du Prophète aurait atterri un 27 du mois de Ramadhan. Bref, imaginez que ce Rocher soit un gigantesque entonnoir, une espèce de trou noir qui vous aspire si vous êtes enterré à proximité, et vous mène directement au Paradis.
Bon. J’ai au cours de cette réunion trouvé un ami israélien qui est prêt à me chaperonner pour une visite à Jérusalem (et pour le visa). Aux deux Jérusalem (sans polémique). Car c’est mon rêve. Peut être y trouverai je une place dans le cimetière proche du Rocher ?
Si ce rêve se concrétise je vous en parlerai.
Bien à vous et Salam aleîkom.
MALI
Où se trouve cette catapulte ?
Que faut-il faire pour y accéder ?
Comment ai-je découvert cela ?
Petite histoire :
J'ai beaucoup d'amis juifs. Certains, voire la majorité, sont des amis d'enfance. On s'est retrouvés il y a un mois à Paris dans le cadre d’une réunion des anciens élèves de l'école de.... plus de 120 personnes dont une dizaine de chrétiens, une dizaines de musulmans et une centaines de juifs. Le resto, bien entendu, était Kascher. Jamais je n’ai été tant embrassé. Des meufs et des keums que je n’ai pas vus depuis 35 ans. Très émouvant. Beaucoup pleuraient. Pourquoi ? Ils pleuraient le pays, la douceur de l’enfance, la géopolitique qui nous a séparés, le bon vieux temps. J’ai vu les photos de Sarah décimée par un cancer du sein, les photos de Guytou mort dans un accident de moto etc. J’ai revu des meufs avec qui j’ai eu mes premiers flirts. Bref et sans tomber dans le pathos c’était super émouvant. Tant de temps, tant d’amitié, tant d’amour.
Au fil des discussions et au-delà de l’émotion j’ai appris des choses intéressantes. Tous mes amis juifs présents ce jour là ont enterré leurs parents en…Israël. L’ambiance, mêlée aux vapeurs d’alcool, m’a permis de demander : mais pourquoi vous enterrez vos parents en Israël alors que leur pays est la Tunisie ou la France ? Cette question me brulait les lèvres. Car moi je veux être enterré proche de l’endroit de ma mort. Si je meurs à Moscou, on m’enterre à Moscou, si c’est à Albuquerque alors à cet endroit, si c’est à Amboise alors c’est à Amboise, si c’est au Swaziland alors ce sera là-bas. Logique. Quand on meurt l’endroit de l’inhumation ne concerne plus le mort. Puisqu’il ne peut plus prendre de décision. Et ceux qui laissent des recommandations sont aussi hypertrophiques de l’égo que les pharaons.
Que nenni. Les juifs veulent être enterrés en Israël. Et seulement là. Pourquoi ? Parce que j’ai enfin compris que Israël et surtout Jérusalem est une catapulte vers le Paradis. Tu veux aller au paradis sans visa ni emmerdement ? Fais-toi enterrer à Jérusalem. La Voie vers le Paradis est le Rocher. Le Rocher contient une bretelle d’accès vers le Paradis sans passer par la case départ et sans payer. Incroyable !
Ce fameux Rocher se trouve sous le dôme du même nom. D’après ce que j’ai compris, le Dôme du Rocher se trouve au centre de la mosquée d’Omar mais n’en fait pas partie. Ce sont des chrétiens qui en ont la clef et des juifs qui en autorisent l’accès. C’est sur ce Rocher que le cheval volant du Prophète aurait atterri un 27 du mois de Ramadhan. Bref, imaginez que ce Rocher soit un gigantesque entonnoir, une espèce de trou noir qui vous aspire si vous êtes enterré à proximité, et vous mène directement au Paradis.
Bon. J’ai au cours de cette réunion trouvé un ami israélien qui est prêt à me chaperonner pour une visite à Jérusalem (et pour le visa). Aux deux Jérusalem (sans polémique). Car c’est mon rêve. Peut être y trouverai je une place dans le cimetière proche du Rocher ?
Si ce rêve se concrétise je vous en parlerai.
Bien à vous et Salam aleîkom.
MALI
mercredi 7 avril 2010
Voile et réclusion 1
En 1913, Mansour Fahmy, à la Librairie Félix Alcan a publié son livre, La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © Éditions Allia 1990, 2002.
Voici ce que dit Mansour Fahmy à propos de son livre : « Mahomet eut beau vouloir relever, en théorie, la condition du sexe dont les charmes ont agi si profondément sur sa sensibilité poétique, en dépit de ses intentions, l'islam la dégrada. Il a protégé les femmes contre l'agression de l'homme, mais il les a étouffées en rendant difficile l'échange entre elles et la société qui les entoure, et par là, il leur a ôté les moyens mêmes de profiter de cette protection. ».
La démonstration de cet auteur consiste à prouver que le port du voile en pays musulman n’est pas lié aux moeurs sexuelles de l’époque mais aux impératifs sociaux. Je vais essayer d’esquisser ce que l’on pensait, il y a un siècle, du voile et de la réclusion en Islam.
Tout laisse à penser que la prescription du voile et de la réclusion ont été dictées par Allah pour les femmes du Prophètes et à elles seules :
- Déjà dans les années 1880, un savant hollandais, le professeur Snouck Hurgronje, de Leyde, fit la critique d'une erreur généralement admise : « Il est singulier de voir des savants européens chercher à s’appuyer sur le verset 53 du chapitre 32. Or il ne s'agit, en ce passage, ni du voile ni des femmes musulmanes considérés d'ensemble…Ce verset, en effet, concerne uniquement les femmes du Prophète. Et pour cause, Mahomet a fort bien distingué entre ses propres femmes et celles des autres. Les prophètes (David, Salomon, etc. et Mahomet), sont de la classe dite sacrée. Ils sont tous des hommes et ont toujours su se réserver des privilèges en ce qui concerne le nombre, la conduite et la vie de leurs femmes. »
- Il faut noter qu'un verset du Coran recommande aux femmes (en général) de garder une tenue correcte (chap. 33, v. 59). Mahomet, qui a eu jusqu’à 9 femmes légitimes, pour prévenir toute tentation diabolique, interdisait la solitude avec une femme. De ces germes, un usage naquit, grandit et se développa dans certains pays et dans certaines classes, alors qu'ailleurs il ne parvenait pas à s'implanter. Certains milieux se sont montrés favorables au voile et à ce qu'il comporte, d'autres s'y sont montrés réfractaires. Il appartient à l'analyse historique et sociale de définir les raisons de ces différences.
- A en croire les traditions, c'est Omar, l'un des amis du Prophète, qui aurait conseillé à celui-ci de séquestrer ses femmes : "O envoyé de Dieu, aurait dit Omar à Mahomet, tes femmes reçoivent les honnêtes et les malhonnêtes entre les hommes ; n'ordonneras-tu point la réclusion des mères des croyants" (Housn al oussoua). « Séquestre tes femmes » (Bokhari), aurait-il dit, selon d'autres traditions, au Prophète qui hésitait à prendre une pareille mesure.
- Il est fort possible que, sur les instances de son ami, Mahomet ait formulé l'ordre divin de mettre obstacle aux libres rapports entre femmes et hommes. D'après la tradition, cette révélation fut promulguée en l'an 5 de l'Hégire, le soir des noces du Prophète avec Zeinab Bint Djahch. Mahomet, nous dit la tradition, avait invité beaucoup de monde à ses noces avec Zeinab. Les convives, au lieu de s'en aller après le dîner, demeurèrent. Mahomet, souhaitait vivement que ces invités se décidassent à prendre congé de lui. Il le leur manifesta, mais ils n'y firent aucune attention, Le Prophète invoqua alors le secours de Dieu. Dieu intima donc à son envoyé l'ordre d'informer les hommes qu'ils ne devaient pas prolonger la séance après le festin, de ne pas de causer directement avec les femmes du Prophète, à moins qu'elles fussent isolées d'eux par quelque écran qui les défendît des regards.
Les classes sociales et les rites :
Un lien assez étroit lie le problème du voile et de la réclusion des femmes à celui des classes. Dans l'Orient musulman, il y a deux classes : les classes riches avec leur "harem" et la classe des travailleurs et des ouvriers, dans laquelle, chacun, en général, a une femme unique avec laquelle il partage sa besogne et sa vie. Pour la première, la femme elle est un objet, que l'homme avilit et réserve pour son égoïsme. Pour la seconde, Elle est aussi libre que son époux, apporte sa part d'activité, de sentiments et de pensées à la lutte commune, et elle travaille côte à côte avec son mari pour gagner leur vie. La sentence coranique du chapitre 32 concerne uniquement les femmes de Mahomet. Elle insiste aussi sur le fait que le hidjab prescrit par le Prophète à ses femmes (classe supérieure) ne doit pas nécessairement être obligé à toutes les musulmanes (autres classes). L’Islam n'interdit aucunement que l'on voie le visage de la femme, et même que certains actes de dévotion du pèlerinage n’obligent pas les femmes de se cachent la figure ou les mains.
- La parole d’Allah dit : "O Prophète, dis à tes femmes, à tes filles, aux femmes des croyants d'abaisser sur leur front leur djilbab, on les distinguera par là, et elles ne seront pas exposées à être insultées". C’est clair. Mais nous notons d'abord que, d'après les lexicographes, le djilbab rapproché du khimar, de la milaah, du ridaa ou même du iza, sont des noms de vêtements, un habit qu'on met pour sortir, en sorte que ce verset énonce une prescription pour l'habillement des femmes qui sortent de leurs demeures, et a pour objet de leur fournir un aspect qui les distingue des esclaves ou des femmes de classes inférieures, lesquelles sortent sans rien mettre par-dessus leurs vêtements domestiques. Ce commandement coranique ne contient manifestement aucune prescription générale qui enjoigne aux femmes de se voiler le visage, et l'on se donne une peine inutile lorsqu'on cherche à tirer argument de ce texte pour expliquer et justifier l'usage du voile dans certains pays de l'islam. Néanmoins, reconnaissons qu'on peut à la rigueur y trouver, au moins en germe, une obligation d'une tenue d'où a pu dériver l'idée de costumes plus ou moins adaptés à cacher le visage.
- Les rites : Les prescriptions relatives à l'obligation du voile sont plutôt l'effet des mœurs. Dans l'histoire de l'islamisme, il est en effet souvent difficile de séparer le point de vue social du point de vue purement religieux. L'islam s'est donné pour tâche de régler la vie des croyants jusque dans ses détails, mais, au cours de son développement historique, il s'est vu contraint de s'adapter aux nécessités sociales, aux conditions contradictoires de la réalité humaine. Chez les chaféites, il est sounnah (c'est-à-dire préféré) de voir la femme avant le mariage. Un homme ayant annoncé à Mahomet qu'il venait de se fiancer à une femme, le Prophète lui recommanda de la voir (Moslim).
Si le Texte n'est pas un texte probant pour la prescription du voile, il l'est, par contre, en ce qui concerne la distinction des classes. En commandant aux femmes des croyants d'avoir une tenue spéciale, le Dieu du Coran voulait qu'elles fussent ainsi distinguées des femmes esclaves, afin d’éviter des rencontres inopportunes. En vue de prévenir pareille déconvenue, Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des autres par leur tenue. En somme, la religion et la loi religieuse sont, au moins directement, hors de cause en ce qui concerne le voile s’il n’y a pas de classes sociales dans la société. Le port ou non du voile est donc une convention des musulmans. Le voile est l'oeuvre des mœurs. Dans les premiers siècles de l'Hégire, le voile et la réclusion des femmes n'eurent d'autre motif, ni d'autre but que celui qui a été signalé plus haut, à savoir : la distinction des classes.
Au total
Le voile, recommandé par Allah aux femmes du prophète,
- est une affaire de moeurs,
- il sert à distinguer les classes sociales
Un mécréant saurait passer le pas et le comparer à une certaine étoile jaune funeste.
Comment alors des textes aussi précis ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ? Suite au prochain post.
Voici ce que dit Mansour Fahmy à propos de son livre : « Mahomet eut beau vouloir relever, en théorie, la condition du sexe dont les charmes ont agi si profondément sur sa sensibilité poétique, en dépit de ses intentions, l'islam la dégrada. Il a protégé les femmes contre l'agression de l'homme, mais il les a étouffées en rendant difficile l'échange entre elles et la société qui les entoure, et par là, il leur a ôté les moyens mêmes de profiter de cette protection. ».
La démonstration de cet auteur consiste à prouver que le port du voile en pays musulman n’est pas lié aux moeurs sexuelles de l’époque mais aux impératifs sociaux. Je vais essayer d’esquisser ce que l’on pensait, il y a un siècle, du voile et de la réclusion en Islam.
Tout laisse à penser que la prescription du voile et de la réclusion ont été dictées par Allah pour les femmes du Prophètes et à elles seules :
- Déjà dans les années 1880, un savant hollandais, le professeur Snouck Hurgronje, de Leyde, fit la critique d'une erreur généralement admise : « Il est singulier de voir des savants européens chercher à s’appuyer sur le verset 53 du chapitre 32. Or il ne s'agit, en ce passage, ni du voile ni des femmes musulmanes considérés d'ensemble…Ce verset, en effet, concerne uniquement les femmes du Prophète. Et pour cause, Mahomet a fort bien distingué entre ses propres femmes et celles des autres. Les prophètes (David, Salomon, etc. et Mahomet), sont de la classe dite sacrée. Ils sont tous des hommes et ont toujours su se réserver des privilèges en ce qui concerne le nombre, la conduite et la vie de leurs femmes. »
- Il faut noter qu'un verset du Coran recommande aux femmes (en général) de garder une tenue correcte (chap. 33, v. 59). Mahomet, qui a eu jusqu’à 9 femmes légitimes, pour prévenir toute tentation diabolique, interdisait la solitude avec une femme. De ces germes, un usage naquit, grandit et se développa dans certains pays et dans certaines classes, alors qu'ailleurs il ne parvenait pas à s'implanter. Certains milieux se sont montrés favorables au voile et à ce qu'il comporte, d'autres s'y sont montrés réfractaires. Il appartient à l'analyse historique et sociale de définir les raisons de ces différences.
- A en croire les traditions, c'est Omar, l'un des amis du Prophète, qui aurait conseillé à celui-ci de séquestrer ses femmes : "O envoyé de Dieu, aurait dit Omar à Mahomet, tes femmes reçoivent les honnêtes et les malhonnêtes entre les hommes ; n'ordonneras-tu point la réclusion des mères des croyants" (Housn al oussoua). « Séquestre tes femmes » (Bokhari), aurait-il dit, selon d'autres traditions, au Prophète qui hésitait à prendre une pareille mesure.
- Il est fort possible que, sur les instances de son ami, Mahomet ait formulé l'ordre divin de mettre obstacle aux libres rapports entre femmes et hommes. D'après la tradition, cette révélation fut promulguée en l'an 5 de l'Hégire, le soir des noces du Prophète avec Zeinab Bint Djahch. Mahomet, nous dit la tradition, avait invité beaucoup de monde à ses noces avec Zeinab. Les convives, au lieu de s'en aller après le dîner, demeurèrent. Mahomet, souhaitait vivement que ces invités se décidassent à prendre congé de lui. Il le leur manifesta, mais ils n'y firent aucune attention, Le Prophète invoqua alors le secours de Dieu. Dieu intima donc à son envoyé l'ordre d'informer les hommes qu'ils ne devaient pas prolonger la séance après le festin, de ne pas de causer directement avec les femmes du Prophète, à moins qu'elles fussent isolées d'eux par quelque écran qui les défendît des regards.
Les classes sociales et les rites :
Un lien assez étroit lie le problème du voile et de la réclusion des femmes à celui des classes. Dans l'Orient musulman, il y a deux classes : les classes riches avec leur "harem" et la classe des travailleurs et des ouvriers, dans laquelle, chacun, en général, a une femme unique avec laquelle il partage sa besogne et sa vie. Pour la première, la femme elle est un objet, que l'homme avilit et réserve pour son égoïsme. Pour la seconde, Elle est aussi libre que son époux, apporte sa part d'activité, de sentiments et de pensées à la lutte commune, et elle travaille côte à côte avec son mari pour gagner leur vie. La sentence coranique du chapitre 32 concerne uniquement les femmes de Mahomet. Elle insiste aussi sur le fait que le hidjab prescrit par le Prophète à ses femmes (classe supérieure) ne doit pas nécessairement être obligé à toutes les musulmanes (autres classes). L’Islam n'interdit aucunement que l'on voie le visage de la femme, et même que certains actes de dévotion du pèlerinage n’obligent pas les femmes de se cachent la figure ou les mains.
- La parole d’Allah dit : "O Prophète, dis à tes femmes, à tes filles, aux femmes des croyants d'abaisser sur leur front leur djilbab, on les distinguera par là, et elles ne seront pas exposées à être insultées". C’est clair. Mais nous notons d'abord que, d'après les lexicographes, le djilbab rapproché du khimar, de la milaah, du ridaa ou même du iza, sont des noms de vêtements, un habit qu'on met pour sortir, en sorte que ce verset énonce une prescription pour l'habillement des femmes qui sortent de leurs demeures, et a pour objet de leur fournir un aspect qui les distingue des esclaves ou des femmes de classes inférieures, lesquelles sortent sans rien mettre par-dessus leurs vêtements domestiques. Ce commandement coranique ne contient manifestement aucune prescription générale qui enjoigne aux femmes de se voiler le visage, et l'on se donne une peine inutile lorsqu'on cherche à tirer argument de ce texte pour expliquer et justifier l'usage du voile dans certains pays de l'islam. Néanmoins, reconnaissons qu'on peut à la rigueur y trouver, au moins en germe, une obligation d'une tenue d'où a pu dériver l'idée de costumes plus ou moins adaptés à cacher le visage.
- Les rites : Les prescriptions relatives à l'obligation du voile sont plutôt l'effet des mœurs. Dans l'histoire de l'islamisme, il est en effet souvent difficile de séparer le point de vue social du point de vue purement religieux. L'islam s'est donné pour tâche de régler la vie des croyants jusque dans ses détails, mais, au cours de son développement historique, il s'est vu contraint de s'adapter aux nécessités sociales, aux conditions contradictoires de la réalité humaine. Chez les chaféites, il est sounnah (c'est-à-dire préféré) de voir la femme avant le mariage. Un homme ayant annoncé à Mahomet qu'il venait de se fiancer à une femme, le Prophète lui recommanda de la voir (Moslim).
Si le Texte n'est pas un texte probant pour la prescription du voile, il l'est, par contre, en ce qui concerne la distinction des classes. En commandant aux femmes des croyants d'avoir une tenue spéciale, le Dieu du Coran voulait qu'elles fussent ainsi distinguées des femmes esclaves, afin d’éviter des rencontres inopportunes. En vue de prévenir pareille déconvenue, Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des autres par leur tenue. En somme, la religion et la loi religieuse sont, au moins directement, hors de cause en ce qui concerne le voile s’il n’y a pas de classes sociales dans la société. Le port ou non du voile est donc une convention des musulmans. Le voile est l'oeuvre des mœurs. Dans les premiers siècles de l'Hégire, le voile et la réclusion des femmes n'eurent d'autre motif, ni d'autre but que celui qui a été signalé plus haut, à savoir : la distinction des classes.
Au total
Le voile, recommandé par Allah aux femmes du prophète,
- est une affaire de moeurs,
- il sert à distinguer les classes sociales
Un mécréant saurait passer le pas et le comparer à une certaine étoile jaune funeste.
Comment alors des textes aussi précis ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ? Suite au prochain post.
mercredi 16 septembre 2009
DEUS LO VOLT
Elle était (elle est ?) belle ma voisine. Imaginez : la trentaine, une jolie fille bien bâtie, mince, cheveux au vent, souvent en jeans, dans sa petite voiture noire. Elle courait, elle courait sous le soleil de plomb. Elle faisait bâtir sa maison en même temps que moi. On est voisins. On se voyait souvent sur le chantier. Elle courait, courait, toujours pressée, emmenant ses enfants à l’école, faisant ses courses, téléphone au cou et surtout menant son chantier de main de fer. Elle n’hésitait pas à élever la voix devant le maçon, ou le plombier ou l’électricien. Elle se faisait respecter et tout ce joli monde l’admirait et la craignait. De mon chantier j’observais le manège et je me disais qu’elle était bien plus efficace que moi pour mener une bâtisse. On se faisait la bise, demandions des nouvelles…etc. Parfois avec son regard malicieux et plein de charme elle m’appelait à haute voix et de chantier à chantier : « Voisin, pourriez vous me prêter deux sacs de ciment car il faut que la chape finisse ce soir. Ou’Allah je vous les rends demain » Comment refuser ?
Mon chantier s’est achevé quelques mois avant le sien. Puis j’ai dû m’absenter quelques années. 5 Ans après lors de mes vacances je l’ai revue. Bises, commentaires d’usage…mais…un malaise : elle portait un foulard. J’ai fait comme si je n’avais rien vu. J’ai demandé des nouvelles de son époux, de ses enfants. Réponse plate. Elle était apparemment gênée. Je n’ai pas insisté.
L’année d’après je la revois devant sa maison. Elle me salue de loin avec la main. Je quitte ma voiture et me dirige pour lui faire la bise. Elle me tend la main.
12 mois passent. Je la revois elle porte une djellaba noire, un voile. On ne voit plus que la moitié de son visage. Poliment je lui tends la main. Elle refuse cette poignée. Elle me demande, à un mètre de distance, comment va ma famille. Puis elle court rentrer chez elle.
Cet été je la vois de mon balcon. J’agite les bras. Son mari la suit. Je sors pour les saluer. Son époux que je voyais pour la première fois en 10 ans me dit : « ma femme a fait un vœu : elle ne doit plus toucher aucun homme elle ne conduit plus la voiture ». Je réponds : « elle a eu un accident ? Une maladie ? » « Non » dit il «c’est comme ça (hakka) ». « Très bien » je dis, « très bien. » Et je retourne chez moi.
Bien entendu je respecte et tolère la manière de vivre de tout le monde. Mais cela ne m’empêche pas de me poser des questions : quel phénomène a pu pousser cette femme de passer, de part sa volonté apparemment, de l’état de femme libre à l’état de femme sous tutelle ? Est-ce la pression sociale ? Sont ce des problèmes personnels ? Je ne peux imaginer que ce soit la religion car rien de ce qu’elle faisait n’était contraire à une vie pieuse et sereine. C’est terrible…car je l’ai eue au téléphone il y a quelques mois : « Dieu le veut » me dit elle. « Deus lo volt » criait Urbain II, pape, à Clermont le 27 novembre 1095. On sait ce qu’ont donné les croisades.
C’est terrible car quoi répondre quand Dieu le veut ? Quoi répondre ?
Vous devez connaître autour de vous des gens qui ont toujours raison. Avant même qu’ils n’aient ouvert la bouche, ils ont raison. Inutile d’écouter leurs questions ou leurs réflexions puisqu’ils ont raison.
Bien sûr Dieu a toujours raison. Mais ceux qui parlent de Lui, ont-ils toujours raison ?
Le poète a toujours raison : la femme est l’avenir de l’homme.
Pauvre Planète.
Vivement l’Aïd
Bien à vous.
MALI
Mon chantier s’est achevé quelques mois avant le sien. Puis j’ai dû m’absenter quelques années. 5 Ans après lors de mes vacances je l’ai revue. Bises, commentaires d’usage…mais…un malaise : elle portait un foulard. J’ai fait comme si je n’avais rien vu. J’ai demandé des nouvelles de son époux, de ses enfants. Réponse plate. Elle était apparemment gênée. Je n’ai pas insisté.
L’année d’après je la revois devant sa maison. Elle me salue de loin avec la main. Je quitte ma voiture et me dirige pour lui faire la bise. Elle me tend la main.
12 mois passent. Je la revois elle porte une djellaba noire, un voile. On ne voit plus que la moitié de son visage. Poliment je lui tends la main. Elle refuse cette poignée. Elle me demande, à un mètre de distance, comment va ma famille. Puis elle court rentrer chez elle.
Cet été je la vois de mon balcon. J’agite les bras. Son mari la suit. Je sors pour les saluer. Son époux que je voyais pour la première fois en 10 ans me dit : « ma femme a fait un vœu : elle ne doit plus toucher aucun homme elle ne conduit plus la voiture ». Je réponds : « elle a eu un accident ? Une maladie ? » « Non » dit il «c’est comme ça (hakka) ». « Très bien » je dis, « très bien. » Et je retourne chez moi.
Bien entendu je respecte et tolère la manière de vivre de tout le monde. Mais cela ne m’empêche pas de me poser des questions : quel phénomène a pu pousser cette femme de passer, de part sa volonté apparemment, de l’état de femme libre à l’état de femme sous tutelle ? Est-ce la pression sociale ? Sont ce des problèmes personnels ? Je ne peux imaginer que ce soit la religion car rien de ce qu’elle faisait n’était contraire à une vie pieuse et sereine. C’est terrible…car je l’ai eue au téléphone il y a quelques mois : « Dieu le veut » me dit elle. « Deus lo volt » criait Urbain II, pape, à Clermont le 27 novembre 1095. On sait ce qu’ont donné les croisades.
C’est terrible car quoi répondre quand Dieu le veut ? Quoi répondre ?
Vous devez connaître autour de vous des gens qui ont toujours raison. Avant même qu’ils n’aient ouvert la bouche, ils ont raison. Inutile d’écouter leurs questions ou leurs réflexions puisqu’ils ont raison.
Bien sûr Dieu a toujours raison. Mais ceux qui parlent de Lui, ont-ils toujours raison ?
Le poète a toujours raison : la femme est l’avenir de l’homme.
Pauvre Planète.
Vivement l’Aïd
Bien à vous.
MALI
vendredi 21 août 2009
Leurre du Ramadhan
Vous aurez remarqué : La Tunisie depuis quelques années a suivi (à juste titre, on peut y revenir si vous le voulez dans la discussion) le changement d’horaire été-hiver. Sauf cette année 2009. Explication : le sacré mois de Ramadhan, ou plutôt le mois de Ramadhan sacré tombe en plein été. Et alors ? Réponse : c'est pour que le jeûne soit plus supportable.
Le jeûne du mois sacré, étant, par définition, un acte de Foi, que vient faire donc dans cette histoire le changement d’heure ? A ma connaissance le délai entre le lever et le coucher du soleil est le même quelle que soit l’heure. Donc la durée du jeûne.
« Mais vous comprenez c’est pour rendre le jeûne plus supportable » répètent les convaincus. Mais pourquoi donc ? Pourquoi donc on devrait changer les habitudes horaires (donc brûler plus de pétrole) afin de rendre plus supportable une prescription d’Allah alors que Celui-ci n’a prévu que des exceptions pour celles et ceux qui ne le peuvent pas ? (maladie, voyage etc… avec des compensations). Le but du jeûne n’est pas qu’il soit supportable. Le jeûne est un acte volontaire de soumission à Allah afin que tout soumis se mette bien en tête les souffrances des autres, la necessité de la Compassion, et l’Immensité du pouvoir de son Créateur. Que vient faire donc le changement d’horaire dans cette histoire ?
Si on veut aller plus loin, je vous suggère un scénario qui pourrait rendre le jeûne encore plus supportable et aller dans le sens de ceux qui ont refusé le changement (naturel ?) d’heure. Bien sûr on brûlera deux fois plus de pétrole, on polluera deux fois plus la Planète mais qu’importe : l’essentiel n’est il pas de soulager ceux à qui Allah a justement prescrit la souffrance pour qu’ils reconnaissent Son Omnipotence ?
Imaginez : on avance la montre de 3 heures. Au lieu de commencer le boulot à 7h réelles on le commencerait à 4h du matin modifiées (à 7h il fairait nuit). On pourrait donc boire le café, manger ses croissants et fumer son clop au bureau. A 7h réelles (lever du soleil) on commence le jeûne donc plus de boisson nourriture et autre activité illicite. A 10h la journée de travail est finie. On aura travaillé alors 6h. A 10h 30 on est à la plage…mais à 13 h on commence à peine à avoir soif et faim. On rentre. On se douche et on se couche. De 14 à 18h. A 18h on se réveille. Là on a vraiment faim et soif. Pendant que vos femmes triment dans la cuisine vous vous branchez sur le satellite après avoir vérifié que la clim du salon est à fond. Après une heure de supplice vous passez alors à table en branchant la télé de la cuisine sur TV7 afin de ne pas rater le sacrosaint moussalssil (série) Oummi traki nass emlah (ou équivalent). A 20h30 vous sortez de table le ventre rond afin d’attaquer les sucreries et autre sirop de thé ou de café. Vous sortez de votre maison à 21h30 (une fois la digestion bien commencée) pour rendre visite à vos parents ou amis, ou afin de ne pas rater la glace (faite maison, bien sûr) par le meilleur glacier de la place qui se les procure chez Nestlé ou Häagen Datz (s’il est vraiment bon). A 22h30 retour à la maison pour une petite collation et à 23h dodo pour la seconde sieste. Réveil à 3h du matin.
Résultat :
- Vous avez dormi 8h
- Vous avez travaillé 6h dont 3 pendant lesquelles vous avez pu vous restaurer.
- Vous avez nagé 2h30
- Vous vous êtes transporté pendant une heure dans votre voiture climatisée (essence)
- Vous vous êtes lavé pendant 1/2h
- Vous avez souffert une heure de faim et de soif
- Vous avez mangé et bu pendant 4h
- Vous avez vu vos amis, ou votre famille ou baladé pendant une heure
- Total : 8 + 6 + 2.5 + 1 + 0.5 + 1 + 4 + 1 = 23h. Il me manque dans mon calcul sûrement quelques minutes, mais je sais que vous en aurez trouvé l’utilisation, afin de boucler le nycthémère.
La vie n’est pas belle comme ça ? Les femmes qui bossent, la plage, le boulot pas trop fort, la lumière et la clim à fond, le ventre tellement rond que vous ne pourrez plus honorer vos épouses qui, dans le fond, sont tellement épuisées qu’elles préfèrent récupérer quelques heures plutôt que vous recevoir ?
Il faut militer pour que l’année prochaine, inch’Allah, la « journée de travail du mois sacré de Ramadhan » commence à minuit. On termine le boulot à 6h, s’hour à 6h30 etc. etc.
Vous remarquerez que le ridicule est illimité et qu’il ne tue pas puisque nous sommes vivants, grâce à Allah. On peut donc progresser.
Bon, demain je bosse heure d’Europe et je jeûne. Les Tunisiens sont donc privilégiés.
Longue vie, bon jeûne accepté (par Allah), et qu’Allah abreuve nos neurones.
MALI
Le jeûne du mois sacré, étant, par définition, un acte de Foi, que vient faire donc dans cette histoire le changement d’heure ? A ma connaissance le délai entre le lever et le coucher du soleil est le même quelle que soit l’heure. Donc la durée du jeûne.
« Mais vous comprenez c’est pour rendre le jeûne plus supportable » répètent les convaincus. Mais pourquoi donc ? Pourquoi donc on devrait changer les habitudes horaires (donc brûler plus de pétrole) afin de rendre plus supportable une prescription d’Allah alors que Celui-ci n’a prévu que des exceptions pour celles et ceux qui ne le peuvent pas ? (maladie, voyage etc… avec des compensations). Le but du jeûne n’est pas qu’il soit supportable. Le jeûne est un acte volontaire de soumission à Allah afin que tout soumis se mette bien en tête les souffrances des autres, la necessité de la Compassion, et l’Immensité du pouvoir de son Créateur. Que vient faire donc le changement d’horaire dans cette histoire ?
Si on veut aller plus loin, je vous suggère un scénario qui pourrait rendre le jeûne encore plus supportable et aller dans le sens de ceux qui ont refusé le changement (naturel ?) d’heure. Bien sûr on brûlera deux fois plus de pétrole, on polluera deux fois plus la Planète mais qu’importe : l’essentiel n’est il pas de soulager ceux à qui Allah a justement prescrit la souffrance pour qu’ils reconnaissent Son Omnipotence ?
Imaginez : on avance la montre de 3 heures. Au lieu de commencer le boulot à 7h réelles on le commencerait à 4h du matin modifiées (à 7h il fairait nuit). On pourrait donc boire le café, manger ses croissants et fumer son clop au bureau. A 7h réelles (lever du soleil) on commence le jeûne donc plus de boisson nourriture et autre activité illicite. A 10h la journée de travail est finie. On aura travaillé alors 6h. A 10h 30 on est à la plage…mais à 13 h on commence à peine à avoir soif et faim. On rentre. On se douche et on se couche. De 14 à 18h. A 18h on se réveille. Là on a vraiment faim et soif. Pendant que vos femmes triment dans la cuisine vous vous branchez sur le satellite après avoir vérifié que la clim du salon est à fond. Après une heure de supplice vous passez alors à table en branchant la télé de la cuisine sur TV7 afin de ne pas rater le sacrosaint moussalssil (série) Oummi traki nass emlah (ou équivalent). A 20h30 vous sortez de table le ventre rond afin d’attaquer les sucreries et autre sirop de thé ou de café. Vous sortez de votre maison à 21h30 (une fois la digestion bien commencée) pour rendre visite à vos parents ou amis, ou afin de ne pas rater la glace (faite maison, bien sûr) par le meilleur glacier de la place qui se les procure chez Nestlé ou Häagen Datz (s’il est vraiment bon). A 22h30 retour à la maison pour une petite collation et à 23h dodo pour la seconde sieste. Réveil à 3h du matin.
Résultat :
- Vous avez dormi 8h
- Vous avez travaillé 6h dont 3 pendant lesquelles vous avez pu vous restaurer.
- Vous avez nagé 2h30
- Vous vous êtes transporté pendant une heure dans votre voiture climatisée (essence)
- Vous vous êtes lavé pendant 1/2h
- Vous avez souffert une heure de faim et de soif
- Vous avez mangé et bu pendant 4h
- Vous avez vu vos amis, ou votre famille ou baladé pendant une heure
- Total : 8 + 6 + 2.5 + 1 + 0.5 + 1 + 4 + 1 = 23h. Il me manque dans mon calcul sûrement quelques minutes, mais je sais que vous en aurez trouvé l’utilisation, afin de boucler le nycthémère.
La vie n’est pas belle comme ça ? Les femmes qui bossent, la plage, le boulot pas trop fort, la lumière et la clim à fond, le ventre tellement rond que vous ne pourrez plus honorer vos épouses qui, dans le fond, sont tellement épuisées qu’elles préfèrent récupérer quelques heures plutôt que vous recevoir ?
Il faut militer pour que l’année prochaine, inch’Allah, la « journée de travail du mois sacré de Ramadhan » commence à minuit. On termine le boulot à 6h, s’hour à 6h30 etc. etc.
Vous remarquerez que le ridicule est illimité et qu’il ne tue pas puisque nous sommes vivants, grâce à Allah. On peut donc progresser.
Bon, demain je bosse heure d’Europe et je jeûne. Les Tunisiens sont donc privilégiés.
Longue vie, bon jeûne accepté (par Allah), et qu’Allah abreuve nos neurones.
MALI
vendredi 24 juillet 2009
Dieu et religion
En préambule : je ne cherche à provoquer personne. Je suis profondément respectueux des croyances de chaque fils et fille d’Adam. Si je me permet de « critiquer » Dieu c’est parce que je l’aime et que je sais bien qu’il a de l’humour et qu’il saura me pardonner. Pardonnez moi mon Dieu bien aimé.
Dieu est un être (qui l’a créé?) appartenant au monde supérieur (ou inférieur), doué de qualités de transcendance (genre ascenseur). Il nous permet de nous dépasser. Il se manifeste dans ses missions auprès des hommes, et il entre en relation avec eux pour orienter leur existence ou pour satisfaire son besoin de communication et dont il reçoit l’hommage cultuel en retour (les religions).
Une fois cette définition comprise voyons ce qu’en pensent les autres (les non musulmans) : Le concept grec de la divinité est essentiellement polythéiste : il y a beaucoup de dieux : c’est la Cité, la famille des dieux. Mais cette conception est dans la représentation d’un dieu suprême, père des dieux et des hommes. Les nombreux dieux signifient la plénitude de la vie divine : pour les Grecs, le Dieu unique, ce serait tout juste un appauvrissement du divin (Platon). Les grands dieux vivent loin des hommes, les uns dans le ciel, les autres dans les profondeurs de la mer ou du sol ou de la mer. Entre l’homme et le dieu, il n’est plus question de communion, mais de relations de bon voisinage.
Mais revenons au Dieu que l’on nous a enseigné : C’est au sentiment de l’existence d’un dieu que l’homme doit celui de l’infini, de l’universalité, de la gloire, de l’immortalité. C’est à cet instinct de la divinité qu’il doit celui de la vertu, qui règle ses innombrables désirs vers le bonheur de ses semblables, dans la crainte ou l’espérance que lui inspire le sentiment d’un être suprême, vengeur et rémunérateur. C’est ce qui me choque dans l’Islam : Dieu est un Comptable, il pardonne peu et promet beaucoup aux hommes. Des houris au paradis pour les hommes (et pour les femmes?).
Chez les juifs : être éternel, créateur de tout ce qui existe et providence de l’univers créé, à qui les hommes doivent un culte. Dieu créa l’homme à son image. Dieu est infini. Il faut, disent-ils, invoquer Dieu, rendre gloire à Dieu. Dieu est l’unité et la multiplicité. Or, de même que Dieu est à la fois un et plusieurs, chaque créature de Dieu est à la fois une et multiple. Donc, Dieu nous a crée sous de multiples facettes : hommes et femmes modèles, maris, épouses, militantes mais peut être aussi amantes et passionnées. Donc de même que Moïse appelle Dieu Aelohim, de même il appelle tous les hommes Adam. Aelohim veut dire Lui-des-Dieux, c’est-à -dire l’être des êtres. Adam veut dire l’homme universel, l’humanité, le genre humain, c’est-à -dire l’homme qui est en même temps les hommes, comme Dieu ou l’être est en même temps les êtres. Mais Haoua (Eve) veut dire quoi ?
Le christianisme contient une solution du monde extrêmement simple et étonnamment hardie. Au centre, l’affirmation intransigeante d’un Dieu personnel : Dieu-providence, menant l’univers avec sollicitude et Dieu-révélateur, se communiquant à l’homme sur le plan et par les voies de l’intelligence.
Mais alors dans tout cela, qui est Dieu ? La tradition et l’histoire, l’habitude et l’éducation favorisent l’identification, de l’idée d’un Dieu et de l’idée de Dieu, seul vrai Dieu, toujours vainqueur comparé à d’autres dieux. La sensualité. L’amour. Les sens. Les caresses. La pénétration. L’Orgasme. Ne sont t-ils pas des manifestations de Dieu ? Ne dit on pas beau comme un dieu. Dieu m’est témoin que je ne veux que notre bonheur. Dieu me pardonnera mes « gros mots ». Mais je ne lui pardonnerai pas d’avoir écrasé la moitié de l’humanité c’est-à -dire les femmes. Oui, les 3 religions que sont l’Islam, le judaïsme et bien sûr le christianisme sont 3 “modes d’emploi” de Dieu qui sont très proches. Je ne suis pas personnellement religieux au sens ou je ne pratique aucune religion. Mais je suis croyant en Dieu. Ce qui me gêne dans ces 3 religions c’est qu’elles ont été écrites par des hommes (sauf pour le Coran, mais la sunna et les hadiths et la choura l’on été par les hommes) donc, je disais, écrites par des hommes pour asservir les femmes et les autres. Je ne parlerai pas de la condition de la femme dans ces 3 religions : catastrophique. Aussi bien chez les juifs, chez les chrétiens que chez les musulmans, la femme a un statut inférieur à l’homme. Elle est quasiment sous tutelle. Cela me gène beaucoup. Et je ne pense pas que Dieu ait voulu cela. Les femmes sont au même titre que les hommes des enfants de Dieu. Et pour Lui ils sont forcement égaux en droits. Je ne parlerai pas non plus du Moyen Orient déchiré par les guerres depuis toujours. Mais regardez ce qui se passe en Irlande ou des chrétiens se déchirent entre eux, ou bien ce qui se passe en Afrique avec le génocide du Rwanda etc… Tout cela au nom de la religion.
Je disais que je suis par contre croyant. Parce qu’Il m’aide à expliquer l’inexplicable et à supporter l’insupportable. Je crois que Dieu a créé le monde et qu’il aime tous les êtres humains quel qu’ils soient. Un japonais, un africain, un russe, un israélien ou bien un jordanien, un indien, une métisse sont identiques aux yeux de Dieu. Le Destin, notre destin, est entre nos mains. Il n’est pas entre les mains de Dieu car Dieu ne peut s’occuper individuellement de 7 milliards d’humains … dont 90% sont désespérés.
Allah pardonnez mon audace auprès de Vous.
Cordialement. MALI
Dieu est un être (qui l’a créé?) appartenant au monde supérieur (ou inférieur), doué de qualités de transcendance (genre ascenseur). Il nous permet de nous dépasser. Il se manifeste dans ses missions auprès des hommes, et il entre en relation avec eux pour orienter leur existence ou pour satisfaire son besoin de communication et dont il reçoit l’hommage cultuel en retour (les religions).
Une fois cette définition comprise voyons ce qu’en pensent les autres (les non musulmans) : Le concept grec de la divinité est essentiellement polythéiste : il y a beaucoup de dieux : c’est la Cité, la famille des dieux. Mais cette conception est dans la représentation d’un dieu suprême, père des dieux et des hommes. Les nombreux dieux signifient la plénitude de la vie divine : pour les Grecs, le Dieu unique, ce serait tout juste un appauvrissement du divin (Platon). Les grands dieux vivent loin des hommes, les uns dans le ciel, les autres dans les profondeurs de la mer ou du sol ou de la mer. Entre l’homme et le dieu, il n’est plus question de communion, mais de relations de bon voisinage.
Mais revenons au Dieu que l’on nous a enseigné : C’est au sentiment de l’existence d’un dieu que l’homme doit celui de l’infini, de l’universalité, de la gloire, de l’immortalité. C’est à cet instinct de la divinité qu’il doit celui de la vertu, qui règle ses innombrables désirs vers le bonheur de ses semblables, dans la crainte ou l’espérance que lui inspire le sentiment d’un être suprême, vengeur et rémunérateur. C’est ce qui me choque dans l’Islam : Dieu est un Comptable, il pardonne peu et promet beaucoup aux hommes. Des houris au paradis pour les hommes (et pour les femmes?).
Chez les juifs : être éternel, créateur de tout ce qui existe et providence de l’univers créé, à qui les hommes doivent un culte. Dieu créa l’homme à son image. Dieu est infini. Il faut, disent-ils, invoquer Dieu, rendre gloire à Dieu. Dieu est l’unité et la multiplicité. Or, de même que Dieu est à la fois un et plusieurs, chaque créature de Dieu est à la fois une et multiple. Donc, Dieu nous a crée sous de multiples facettes : hommes et femmes modèles, maris, épouses, militantes mais peut être aussi amantes et passionnées. Donc de même que Moïse appelle Dieu Aelohim, de même il appelle tous les hommes Adam. Aelohim veut dire Lui-des-Dieux, c’est-à -dire l’être des êtres. Adam veut dire l’homme universel, l’humanité, le genre humain, c’est-à -dire l’homme qui est en même temps les hommes, comme Dieu ou l’être est en même temps les êtres. Mais Haoua (Eve) veut dire quoi ?
Le christianisme contient une solution du monde extrêmement simple et étonnamment hardie. Au centre, l’affirmation intransigeante d’un Dieu personnel : Dieu-providence, menant l’univers avec sollicitude et Dieu-révélateur, se communiquant à l’homme sur le plan et par les voies de l’intelligence.
Mais alors dans tout cela, qui est Dieu ? La tradition et l’histoire, l’habitude et l’éducation favorisent l’identification, de l’idée d’un Dieu et de l’idée de Dieu, seul vrai Dieu, toujours vainqueur comparé à d’autres dieux. La sensualité. L’amour. Les sens. Les caresses. La pénétration. L’Orgasme. Ne sont t-ils pas des manifestations de Dieu ? Ne dit on pas beau comme un dieu. Dieu m’est témoin que je ne veux que notre bonheur. Dieu me pardonnera mes « gros mots ». Mais je ne lui pardonnerai pas d’avoir écrasé la moitié de l’humanité c’est-à -dire les femmes. Oui, les 3 religions que sont l’Islam, le judaïsme et bien sûr le christianisme sont 3 “modes d’emploi” de Dieu qui sont très proches. Je ne suis pas personnellement religieux au sens ou je ne pratique aucune religion. Mais je suis croyant en Dieu. Ce qui me gêne dans ces 3 religions c’est qu’elles ont été écrites par des hommes (sauf pour le Coran, mais la sunna et les hadiths et la choura l’on été par les hommes) donc, je disais, écrites par des hommes pour asservir les femmes et les autres. Je ne parlerai pas de la condition de la femme dans ces 3 religions : catastrophique. Aussi bien chez les juifs, chez les chrétiens que chez les musulmans, la femme a un statut inférieur à l’homme. Elle est quasiment sous tutelle. Cela me gène beaucoup. Et je ne pense pas que Dieu ait voulu cela. Les femmes sont au même titre que les hommes des enfants de Dieu. Et pour Lui ils sont forcement égaux en droits. Je ne parlerai pas non plus du Moyen Orient déchiré par les guerres depuis toujours. Mais regardez ce qui se passe en Irlande ou des chrétiens se déchirent entre eux, ou bien ce qui se passe en Afrique avec le génocide du Rwanda etc… Tout cela au nom de la religion.
Je disais que je suis par contre croyant. Parce qu’Il m’aide à expliquer l’inexplicable et à supporter l’insupportable. Je crois que Dieu a créé le monde et qu’il aime tous les êtres humains quel qu’ils soient. Un japonais, un africain, un russe, un israélien ou bien un jordanien, un indien, une métisse sont identiques aux yeux de Dieu. Le Destin, notre destin, est entre nos mains. Il n’est pas entre les mains de Dieu car Dieu ne peut s’occuper individuellement de 7 milliards d’humains … dont 90% sont désespérés.
Allah pardonnez mon audace auprès de Vous.
Cordialement. MALI
mardi 23 juin 2009
Islam et violence
Chers amis (es),
Je constate que la poésie ne suscite pas de commentaires : plusieurs hypothèses :
- elle est mal écrite et ne suscite aucune émotion,
- Les lecteurs (trices) ne sont pas sensibles à cet art
- Elle est tellement évoluée que l’on reste bouche bée. Ceci étant bien sûr de l’humour provocateur.
Je vais donc arrêter de publier la poésie sur ce blog pour me cantonner à la philo, religion, politique, sociologie et autre science non pas vraiment scientifique.
Je vais essayer d’aborder, ce jour, un sujet sensible qui hante les européens (quelle que soit leur religion) : L’Islam est elle une religion violente ?
Une polémique s’était constituée il y environ un an propulsée par les propos du Pape Benoît XVI. Ce pape allemand citant Manuel II Paléologue, dit que Mahomet (Mouhammad saaws) a propagé sa foi par l'épée, la violence, le terrorisme et le crime.
Certes, le Prophète a propagé l’Islam, selon les circonstances, par la Parole, par l'Exemple et aussi par l'Epée. Mais l’Occident réduit l'islam à la violence et laisse entendre que cette violence lui était consubstantielle, parce que la raison lui était étrangère. C’est dire que l’Islam contiendrait par essence, de part même de son existence, de la violence.
Bien entendu ceci révèle une ignorance des valeurs spirituelles que l'Islam a apportées aux peuples qui l'ont embrassé, comme de la grandeur des siècles où Islam a rimé avec liberté de conscience de recherche et d’expérimentation scientifique voire de libertinage. Les textes sont toujours interprétés. La violence, de l'Inquisition, de la conquête des Amériques et ses millions de morts, n'est pas inscrite dans les Evangiles, mais elle a eu lieu et a été justifiée par une interprétation tendancieuse de ces textes. Aucun peuple n’a été plus violent que l’occident judéochrétien.
Dans le contexte historique de La Mecque, protégé par son clan, Muhammad (Mahomet SAAWS) a pu propager l'islam par la récitation du Coran et par la réponse aux interrogations qu'il suscitait. Il s'est trouvé directement confronté à la logique tribale de l'Arabie du VII ème siècle, où les divergences ne pouvaient être réglées que par des compromis ou par la guerre. Le monothéisme musulman ne pouvant faire l’objet de compromis polythéistes la guerre était inévitable. Le Prophète (SAAWS) a voulu tirer les Arabes d'un univers borné par les allégeances claniques et un paganisme sommaire, pour leur offrir de vastes horizons eschatologiques, spirituels et intellectuels totalement inconnus d'eux. Il a élargi leurs perspectives aux dimensions de l'histoire, celle de la Création, celle de l'Humanité, celle de la continuité des religions révélées. Et il a amené chaque homme - et chaque femme - à se forger une conscience personnelle, par où ils devenaient comptables devant Dieu de leurs choix individuels.
La lecture du Livre est alors libératrice, à partir de laquelle le croyant peut répondre au fondamentalisme. Le Coran s’est fait dans le temps. Il a été révélé de 610 à 632, dans des circonstances changeantes. De très nombreux versets sont littéralement descendus du ciel en réponse à des questions posées par le Prophète, à des attentes exprimées par ses compagnons. Il est le fruit de ce va-et-vient incessant entre interrogations montant de la terre et prescriptions descendant du ciel. Il prescrit l’amour, la science, le désir, le ciel, et la résistance (guerre ?) et plusieurs autres choses fondamentales.
Certains versets pouvant être abrogés ou « corrigés » par d'autres, le Livre est un processus vivant, par où la parole de Dieu s'est, en quelque sorte, « relue » elle-même face à des attentes humaines. Mais Allah écoute tout…même les Hommes.
Cependant beaucoup de versets ont du mal à être transposés au XXIe siècle. Par exemple : l'esclavage, le butin de guerre, la mise à mort des vaincus, la polygamie, les châtiments corporels, autant de pratiques liées à une époque révolue.
Mais pour le Coran l'universel est indissociable du particulier, le général impensable hors du circonstanciel. L’individu doit à chaque étape, faire la part de ce qui concerne pour toujours l'ensemble de l'humanité et ce qui, s'adressant en particulier aux Arabes du VII siècle, ne peut plus concerner le XXIe siècle.
Hélas, ce discours est inaudible pour neuf musulmans sur dix ! Pas si sûr. Ceux qui exigent une lecture littéraliste du Coran tentent de nous ramener à une époque où, pour un musulman, comme pour un juif ou un chrétien d'ailleurs, l'univers était divinisé et où la vie sur terre n'avait pas de valeur intrinsèque, n'était qu'un instant suspendu au flanc de l'Eternité.
Il a été découvert récemment (il y a une dizaine d’années) au Yémen, un Coran écrit 50 ans après la mort du Prophète (SAAWS), semble t il. Ce coran est écrit en arabe non voyellé et non pointé. Je vous laisse imaginer les interprétations entre le noun le ta et le tha…et le ba, le ya, etc etc (consonnes de l’alphabet arabe). Bref, Après 4 ans d’études les orientalistes allemands (qui ont récupéré ce document dans la poubelle du chantier de la mosquée) concluent : qu’il y a plusieurs mots dans ce Coran certes arabes mais aussi araméens, hébreux, syriaques. Qu’il n’y a pas de correspondance entre le Coran officiel tel que connu de nos jours, et le Coran trouvé. Littéralement hallucinante que cette histoire. Incroyable. Elle mérite d’être creusée. Le Saint Coran aurait il d’autres vies ?
Car chers amis, tous les musulmans ne sont pas idiots, contrairement à ce que pensent certains, beaucoup de certains. Haut soit portée la parole d’Allah…et de la Démocratie et de la Tolérance.
Que la Paix d'Allah nous accompagne.
MALI
Je constate que la poésie ne suscite pas de commentaires : plusieurs hypothèses :
- elle est mal écrite et ne suscite aucune émotion,
- Les lecteurs (trices) ne sont pas sensibles à cet art
- Elle est tellement évoluée que l’on reste bouche bée. Ceci étant bien sûr de l’humour provocateur.
Je vais donc arrêter de publier la poésie sur ce blog pour me cantonner à la philo, religion, politique, sociologie et autre science non pas vraiment scientifique.
Je vais essayer d’aborder, ce jour, un sujet sensible qui hante les européens (quelle que soit leur religion) : L’Islam est elle une religion violente ?
Une polémique s’était constituée il y environ un an propulsée par les propos du Pape Benoît XVI. Ce pape allemand citant Manuel II Paléologue, dit que Mahomet (Mouhammad saaws) a propagé sa foi par l'épée, la violence, le terrorisme et le crime.
Certes, le Prophète a propagé l’Islam, selon les circonstances, par la Parole, par l'Exemple et aussi par l'Epée. Mais l’Occident réduit l'islam à la violence et laisse entendre que cette violence lui était consubstantielle, parce que la raison lui était étrangère. C’est dire que l’Islam contiendrait par essence, de part même de son existence, de la violence.
Bien entendu ceci révèle une ignorance des valeurs spirituelles que l'Islam a apportées aux peuples qui l'ont embrassé, comme de la grandeur des siècles où Islam a rimé avec liberté de conscience de recherche et d’expérimentation scientifique voire de libertinage. Les textes sont toujours interprétés. La violence, de l'Inquisition, de la conquête des Amériques et ses millions de morts, n'est pas inscrite dans les Evangiles, mais elle a eu lieu et a été justifiée par une interprétation tendancieuse de ces textes. Aucun peuple n’a été plus violent que l’occident judéochrétien.
Dans le contexte historique de La Mecque, protégé par son clan, Muhammad (Mahomet SAAWS) a pu propager l'islam par la récitation du Coran et par la réponse aux interrogations qu'il suscitait. Il s'est trouvé directement confronté à la logique tribale de l'Arabie du VII ème siècle, où les divergences ne pouvaient être réglées que par des compromis ou par la guerre. Le monothéisme musulman ne pouvant faire l’objet de compromis polythéistes la guerre était inévitable. Le Prophète (SAAWS) a voulu tirer les Arabes d'un univers borné par les allégeances claniques et un paganisme sommaire, pour leur offrir de vastes horizons eschatologiques, spirituels et intellectuels totalement inconnus d'eux. Il a élargi leurs perspectives aux dimensions de l'histoire, celle de la Création, celle de l'Humanité, celle de la continuité des religions révélées. Et il a amené chaque homme - et chaque femme - à se forger une conscience personnelle, par où ils devenaient comptables devant Dieu de leurs choix individuels.
La lecture du Livre est alors libératrice, à partir de laquelle le croyant peut répondre au fondamentalisme. Le Coran s’est fait dans le temps. Il a été révélé de 610 à 632, dans des circonstances changeantes. De très nombreux versets sont littéralement descendus du ciel en réponse à des questions posées par le Prophète, à des attentes exprimées par ses compagnons. Il est le fruit de ce va-et-vient incessant entre interrogations montant de la terre et prescriptions descendant du ciel. Il prescrit l’amour, la science, le désir, le ciel, et la résistance (guerre ?) et plusieurs autres choses fondamentales.
Certains versets pouvant être abrogés ou « corrigés » par d'autres, le Livre est un processus vivant, par où la parole de Dieu s'est, en quelque sorte, « relue » elle-même face à des attentes humaines. Mais Allah écoute tout…même les Hommes.
Cependant beaucoup de versets ont du mal à être transposés au XXIe siècle. Par exemple : l'esclavage, le butin de guerre, la mise à mort des vaincus, la polygamie, les châtiments corporels, autant de pratiques liées à une époque révolue.
Mais pour le Coran l'universel est indissociable du particulier, le général impensable hors du circonstanciel. L’individu doit à chaque étape, faire la part de ce qui concerne pour toujours l'ensemble de l'humanité et ce qui, s'adressant en particulier aux Arabes du VII siècle, ne peut plus concerner le XXIe siècle.
Hélas, ce discours est inaudible pour neuf musulmans sur dix ! Pas si sûr. Ceux qui exigent une lecture littéraliste du Coran tentent de nous ramener à une époque où, pour un musulman, comme pour un juif ou un chrétien d'ailleurs, l'univers était divinisé et où la vie sur terre n'avait pas de valeur intrinsèque, n'était qu'un instant suspendu au flanc de l'Eternité.
Il a été découvert récemment (il y a une dizaine d’années) au Yémen, un Coran écrit 50 ans après la mort du Prophète (SAAWS), semble t il. Ce coran est écrit en arabe non voyellé et non pointé. Je vous laisse imaginer les interprétations entre le noun le ta et le tha…et le ba, le ya, etc etc (consonnes de l’alphabet arabe). Bref, Après 4 ans d’études les orientalistes allemands (qui ont récupéré ce document dans la poubelle du chantier de la mosquée) concluent : qu’il y a plusieurs mots dans ce Coran certes arabes mais aussi araméens, hébreux, syriaques. Qu’il n’y a pas de correspondance entre le Coran officiel tel que connu de nos jours, et le Coran trouvé. Littéralement hallucinante que cette histoire. Incroyable. Elle mérite d’être creusée. Le Saint Coran aurait il d’autres vies ?
Car chers amis, tous les musulmans ne sont pas idiots, contrairement à ce que pensent certains, beaucoup de certains. Haut soit portée la parole d’Allah…et de la Démocratie et de la Tolérance.
Que la Paix d'Allah nous accompagne.
MALI
vendredi 19 juin 2009
Elections ou érections ?
Il parait que l’on vote en Tunisie en 2009. Pour élire le Président (la présidente ?) de la République.
En 1925, les Égyptiennes ont obtenu, en tant qu'auditrices, un « réduit » (maqsura), dans le Parlement. Dans d'autres pays arabes, et jusqu'à ce jour, le sort des femmes qui veulent sortir au grand jour de la vie publique est plus tragique (Koweit). En dépit d'une augmentation sensible du taux des femmes arabes actives et instruites, l'indice d''« empowerment» adopté par le PNUD, (Programme des Nations Unies pour le Développement) indice composite, « montre clairement que les pays arabes souffrent d'une nette déficience en la matière », de telle sorte que, malgré ses richesses, la région arabe se trouve classée au bas de l'échelle mondiale, juste avant l'Afrique sub-saharienne. Dans les pays arabes qui accordent aux femmes des droits politiques, le taux de représentation des femmes dans les parlements ne dépasse pas 6 %.
Manifestement cela bloque. Tout est régi par la Shariâ (droit musulman tel qu'il est revendiqué et reconstruit aujourd'hui) qui préfère le mâle. L'étalon se dit «fahl» en arabe. Mais cette traduction n'est qu'approximative : «fahl» désigne aussi bien l'étalon animal qu'humain. C’est un mythe tapi dans la conception arabe de la politique. La politique ne peut être que virile : le chef absolu qui transforme ses semblables en sujet subalternes.
Le fahl (fhal dit on en Tunisie) c’est quoi donc ? : C’est l’étalon, chef, mâle, robuste et unique, c’est le mâle vigoureux destiné à la reproduction. Il est surtout le mâle belliqueux qui l'emporte sur les autres mâles dans des combats où c'est surtout la femelle qui est convoitée. Il gère, à lui seul, les affaires de la communauté. Sa virilité est hors de doute. Les femmes, les hermaphrodites, les pédérastes, et les esclaves n'ont pas le droit d'exercer les fonctions d'autorité privée et publique. Ce n'est pas seulement le hadith du prophète (saaws): «Jamais le peuple qui confie ses affaires à une femme ne connaîtra le succès» qui explique cette exclusion des femmes. Elle découle de la domination masculine patriarcale qui fait de la femme un des objets d'échange entre les hommes. Le principe d'autorité se dit «qiam» : stature debout, érection. Il est annoncé dans le verset, tiré de la sourate « les femmes » : Que Satan soit maudit et lapidé par Allah: « Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu'Allah a préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que [les hommes] font dépense sur leurs biens [en faveur de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses font oraison et protègent ce qui doit l'être (?), du fait de ce qu'Allah consigne (?). Celles dont vous craignez l'indocilité, admonestez-les ! Reléguez-les dans les lieux où elles couchent ! Frappez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie [de contrainte] ! Allah est auguste et grand. » (VI, 34).
C’est l’étalon unique, et non pas la loi impersonnelle, qui fait régner l'ordre dans la communauté. Ou plus précisément, la loi se confond avec la volonté du chef. Son pouvoir est absolu car rien ne peut s’opposer à lui.
Le principe de consultation (shoura) que l'on présente, de nos jours, comme pouvant remplacer la démocratie peut traduire une aspiration à rationaliser les décisions politiques, mais il ne s'est jamais réalisé. De plus, l'exercice de la shoura est limité aux « hommes qualifiés » qui ne sont pas élus et parmi lesquels il n'y a évidemment pas de femmes.
Mais pourquoi donc l’étalon (Fahl) est si fort ? Parce que c’est Dieu qui a institué l’ordre des étalons et c'est Lui qui fait de sorte que le plus fort l'emporte sur les autres.
La doctrine politique qui a primé dans la tradition est une doctrine du droit divin, similaire à celle du droit divin des rois européens. Elle est surtout exprimée par le principe suivant: «Obéir à l'imam, c'est obéir à Dieu». C'est ainsi qu'on a fait de l'obéissance aux gouverneurs, une composante des convictions politiques des musulmans. «Obéir à l'imam, c'est obéir à Dieu». Œuf corse.
Dans les discours officiels anesthésiants sur la participation politique des femmes, les rudiments concrets du mythe de l'étalon disparaissent, et la face inhumaine de l'étalon cède la place à celle, plus humaine, d'un père protecteur qui défend l'espace inviolable et hisse le drapeau de la nation. Mais c’est du bla bla pour endormir. Le schéma archaïque sexiste et biologiste est martelé : les femmes sont des mineures et les hommes sujets aussi. Nous devons faire ce que le fahl nous dit de faire, comme les poules obéissant à leur coq. De même, la fonction du président de la République est mise en parallèle avec celle du calife, qui ne peut en aucun cas être une femme même lorsque le leader est un chef nationaliste plus ou moins « laïque ». La structure du pouvoir absolu est telle qu'un mythe, un certain mythe de l'étalon majestueux, du despote viril et éclairé, hante et structure les esprits et les sujets.
Dans le contexte arabo-islamique actuel, le pouvoir absolu des étalons sévit dans les législations arabes qui demeurent discriminatoires, dans les comportements électoraux. On continue à minorer les exclus de l'ordre théo-politico-viriliste. Mais, plus profondément, le mythe de l'étalon politique et triomphant se lit en creux dans la culture ambiante que nous renvoient essentiellement les médias arabes. Il se lit dans une autoglorification identitaire. Dans ce narcissisme masculin exacerbé et vécu à l'échelle de la Umma.
La femme non voilée, la femme-leader n'a pas fini d'inquiéter. Plus familière est la figure du tyran protecteur et nourricier, moins inquiétantes ses cruautés et ses terreurs antidémocratiques.
N’oubliez pas de voter. N’oubliez pas votre moitié. Allah est plus grand que les plus grands.
Bien à vous.
MALI
En 1925, les Égyptiennes ont obtenu, en tant qu'auditrices, un « réduit » (maqsura), dans le Parlement. Dans d'autres pays arabes, et jusqu'à ce jour, le sort des femmes qui veulent sortir au grand jour de la vie publique est plus tragique (Koweit). En dépit d'une augmentation sensible du taux des femmes arabes actives et instruites, l'indice d''« empowerment» adopté par le PNUD, (Programme des Nations Unies pour le Développement) indice composite, « montre clairement que les pays arabes souffrent d'une nette déficience en la matière », de telle sorte que, malgré ses richesses, la région arabe se trouve classée au bas de l'échelle mondiale, juste avant l'Afrique sub-saharienne. Dans les pays arabes qui accordent aux femmes des droits politiques, le taux de représentation des femmes dans les parlements ne dépasse pas 6 %.
Manifestement cela bloque. Tout est régi par la Shariâ (droit musulman tel qu'il est revendiqué et reconstruit aujourd'hui) qui préfère le mâle. L'étalon se dit «fahl» en arabe. Mais cette traduction n'est qu'approximative : «fahl» désigne aussi bien l'étalon animal qu'humain. C’est un mythe tapi dans la conception arabe de la politique. La politique ne peut être que virile : le chef absolu qui transforme ses semblables en sujet subalternes.
Le fahl (fhal dit on en Tunisie) c’est quoi donc ? : C’est l’étalon, chef, mâle, robuste et unique, c’est le mâle vigoureux destiné à la reproduction. Il est surtout le mâle belliqueux qui l'emporte sur les autres mâles dans des combats où c'est surtout la femelle qui est convoitée. Il gère, à lui seul, les affaires de la communauté. Sa virilité est hors de doute. Les femmes, les hermaphrodites, les pédérastes, et les esclaves n'ont pas le droit d'exercer les fonctions d'autorité privée et publique. Ce n'est pas seulement le hadith du prophète (saaws): «Jamais le peuple qui confie ses affaires à une femme ne connaîtra le succès» qui explique cette exclusion des femmes. Elle découle de la domination masculine patriarcale qui fait de la femme un des objets d'échange entre les hommes. Le principe d'autorité se dit «qiam» : stature debout, érection. Il est annoncé dans le verset, tiré de la sourate « les femmes » : Que Satan soit maudit et lapidé par Allah: « Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu'Allah a préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que [les hommes] font dépense sur leurs biens [en faveur de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses font oraison et protègent ce qui doit l'être (?), du fait de ce qu'Allah consigne (?). Celles dont vous craignez l'indocilité, admonestez-les ! Reléguez-les dans les lieux où elles couchent ! Frappez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie [de contrainte] ! Allah est auguste et grand. » (VI, 34).
C’est l’étalon unique, et non pas la loi impersonnelle, qui fait régner l'ordre dans la communauté. Ou plus précisément, la loi se confond avec la volonté du chef. Son pouvoir est absolu car rien ne peut s’opposer à lui.
Le principe de consultation (shoura) que l'on présente, de nos jours, comme pouvant remplacer la démocratie peut traduire une aspiration à rationaliser les décisions politiques, mais il ne s'est jamais réalisé. De plus, l'exercice de la shoura est limité aux « hommes qualifiés » qui ne sont pas élus et parmi lesquels il n'y a évidemment pas de femmes.
Mais pourquoi donc l’étalon (Fahl) est si fort ? Parce que c’est Dieu qui a institué l’ordre des étalons et c'est Lui qui fait de sorte que le plus fort l'emporte sur les autres.
La doctrine politique qui a primé dans la tradition est une doctrine du droit divin, similaire à celle du droit divin des rois européens. Elle est surtout exprimée par le principe suivant: «Obéir à l'imam, c'est obéir à Dieu». C'est ainsi qu'on a fait de l'obéissance aux gouverneurs, une composante des convictions politiques des musulmans. «Obéir à l'imam, c'est obéir à Dieu». Œuf corse.
Dans les discours officiels anesthésiants sur la participation politique des femmes, les rudiments concrets du mythe de l'étalon disparaissent, et la face inhumaine de l'étalon cède la place à celle, plus humaine, d'un père protecteur qui défend l'espace inviolable et hisse le drapeau de la nation. Mais c’est du bla bla pour endormir. Le schéma archaïque sexiste et biologiste est martelé : les femmes sont des mineures et les hommes sujets aussi. Nous devons faire ce que le fahl nous dit de faire, comme les poules obéissant à leur coq. De même, la fonction du président de la République est mise en parallèle avec celle du calife, qui ne peut en aucun cas être une femme même lorsque le leader est un chef nationaliste plus ou moins « laïque ». La structure du pouvoir absolu est telle qu'un mythe, un certain mythe de l'étalon majestueux, du despote viril et éclairé, hante et structure les esprits et les sujets.
Dans le contexte arabo-islamique actuel, le pouvoir absolu des étalons sévit dans les législations arabes qui demeurent discriminatoires, dans les comportements électoraux. On continue à minorer les exclus de l'ordre théo-politico-viriliste. Mais, plus profondément, le mythe de l'étalon politique et triomphant se lit en creux dans la culture ambiante que nous renvoient essentiellement les médias arabes. Il se lit dans une autoglorification identitaire. Dans ce narcissisme masculin exacerbé et vécu à l'échelle de la Umma.
La femme non voilée, la femme-leader n'a pas fini d'inquiéter. Plus familière est la figure du tyran protecteur et nourricier, moins inquiétantes ses cruautés et ses terreurs antidémocratiques.
N’oubliez pas de voter. N’oubliez pas votre moitié. Allah est plus grand que les plus grands.
Bien à vous.
MALI
vendredi 15 mai 2009
Au Nom de Dieu
Pour avoir souvent placardé les intégristes musulmans, j’ai essayé au cours de cet écrit de montrer le corollaire américain de l’ignorance et du mauvais emploi de Dieu.
G.W. Bush est un alcoolique élu in extrémis sur le nom de son père isolationniste. Le 11 septembre 2001 il n’a visiblement rien compris. Face à un évènement aussi violent et exceptionnel, il lui fallait réagir. Le 11 septembre, constitue-t-il réellement une rupture dans la politique des Etats-Unis ?
Cet évènement a permis l’expression d’une nouvelle caste politicienne jusque là dans l’ombre : Les néo conservateurs (néo-cons), mais aussi les chrétiens évangéliques, instrumentalisés depuis Reagan ) : « les born again ».
« Nous prenons l’engagement de vaincre le terrorisme à travers le monde…et de remodeler le Moyen-Orient pour que la région cesse d’être le foyer du terrorisme, de l’extrémisme, de l’anti-américanisme et des armes de destruction massive. » Premier mensonge et manipulation de l’opinion publique dû au courant influent néo-cons, lui-même intégré dans la « droite » américaine incarnée depuis Reagan par le Parti républicain. Depuis l’arrivée à la Maison-Blanche de G.W. Bush, ils travaillent aux côtés des « Born Again ». Ces deux courants détiennent alors des postes clés.
L’histoire des « Born Again » et des « néo-cons » permet de comprendre comment ils sont parvenus à se faire entendre toujours plus, Israël représentant le point d’accord et de mise en pratique le plus évident de leurs idées. La droite chrétienne («religious right» ou « Christian right »), elle-même traversée de multiples tendances, est composée de croyants qui partagent la conviction que la Bible qui est « source de toute chose » et qui considèrent avoir connu un réveil salvateur les ramenant sur le chemin de la Foi. Cette droite protestante commença par contester la théorie darwinienne de l’évolution, à leurs yeux « impie », considérant que l’homme a réellement été créé par Dieu. Cette droite lutte contre le communisme athée, dans les années 1950, puis en réaction aux avancées libérales de la décennie suivante lutte contre les noirs, les homosexuels, les féministes. Aujourd’hui, cette mouvance concerne près d’un tiers des citoyens américains. Il n’est donc pas étonnant de voir que tous les présidents des Etats-Unis depuis Jimmy Carter en relèvent - ou du moins - se disent profondément religieux. Il s’agit de faire de l’Amérique le phare de l’humanité afin de la guider vers le royaume de Dieu.
Le véritable tournant a été l’arrivée au pouvoir de George W. Bush, qui seul a mis en œuvre des programmes issus de la droite religieuse et s’est entouré de quelques-uns de ses membres comme John Ashcroft (ministre de la Justice de 2000 à 2005). « W B» n’hésite pas à rappeler que « Jésus l’a sauvé » de sa dépendance à l’alcool, John Ashcroft, l’homme est convaincu que « nous avons Jésus pour roi », Ralph Reed, alors conseiller à la Maison-Blanche et directeur de la campagne de 2004, déclare que l’islam était « la religion du diabolique et mauvaise ».
Arrivés bien plus récemment en politique les « néo conservateurs », revinrent en force à la fin des années 1990. Ils disposaient alors de puissants relais, de l’appui de certains médias pour rallier à leur cause la population) comme le Weekly Standard et le Washington Times, etc. Ces néocons alliés aux born again ont une stratégie qui vise, aujourd’hui plus que jamais, le Moyen-Orient : l’exceptionnalisme, la sécurité et l’unilatéralisme.
- Jouant sur une sémantique qui rappelle étrangement celle du Coran, l’idéalisme américain appelé « exceptionnalisme » se fonde sur la mémoire de l’arrivée des premiers colons « peuple élu » arrivé sur les Terres promises de Dieu pour y accomplir Sa volonté par l’application de la morale et de la démocratie. Ce messianisme est très ancré dans l’imaginaire collectif et se transpose à merveille à la politique étrangère des Etats-Unis. Peu importe alors la communauté internationale, les alliés et les autres, puisque seuls les Américains disposent de cette légitimité divine. Cette référence sert alors de grille de lecture officielle de la situation actuelle au Moyen-Orient, nombre de dirigeants arabes se trouvant comparés à Hitler ou à Satan. Ainsi, les discours de Bush sont-ils marqués par cette idée, comme en témoigne la récurrence des expressions « grande nation » et à « nation exceptionnelle ».
- La quête de la sécurité absolue, d’autre part, interdit toute diplomatie ce qui amène au recours systématique à la force, « au cas où ». Toute menace potentielle est digne d’intérêt et, chacune étant regardée à la loupe, l’effet grossissant est tel que, en un cercle vicieux, le « sentiment » d’insécurité s’accroît sans que le danger soit nécessairement réel. C’est un des éléments qui permet d’expliquer pourquoi une majorité d’Américains ont longtemps cru qu’il existait un lien entre Saddam Hussein et Al Qaïda. « au cas où » principe du moindre risque. L’irrationnel apparaît à son plus haut niveau. George W. Bush déclarait ainsi : « Nous traiterons cette menace terroriste aujourd’hui avec notre Army, notre Air Force, notre Navy, nos Cost Guards et nos Marines, pour que nous n’ayons pas à la traiter plus tard avec une armées de pompiers, de policiers et de médecin dans les rues de nos villes. »
- L’unilatéralisme, enfin, constitue le troisième volet de l’idéologie néo conservatrice. « II faut que la mission détermine la coalition et non que la coalition détermine la mission », déclarait Donald Rumsfeld en février 2002. La mission est la même qu’en politique intérieure et consiste à promouvoir les valeurs fondamentales que sont la famille, la religion ou l’économie libérale. Dès lors, l’unilatéralisme de Washington n’est pas isolationniste. Au contraire. Leur critique des institutions internationales est marquée par cette volonté non pas de se replier sur soi, mais d’agir conformément à leurs seuls idéaux et méthodes. Pour eux le leadership américain est à la fois bon pour l’Amérique et le monde .
Le 11 septembre 2001 fut l’occasion de saisir cette « opportunité » pour appliquer leurs idées préexistantes concernant le Moyen-Orient. Ce jour a changé le Président, et du même coup l’orientation de sa politique étrangère. Il s’expliqua le drame à la lumière de la Bible, l’assimilant à une attaque venue du Ciel qui, en démolissant les tours orgueilleuses du temple matérialiste international, voulait rappeler à la mémoire des hommes la destruction de la tour de Babel, édifiée aux temps bibliques par des pécheurs désireux d’instaurer un gouvernement mondial sans Dieu. Il s’agissait là d’une punition divine à l’encontre des Américains athées et donc immoraux (discours proche de celui des islamistes d’Al Qaida). Là encore, le discours est porteur : il donne une explication facile à comprendre, évite aux croyants de se poser toutes sortes de questions, livre un responsable et renforce la foi des fidèles ressoudés par l’épreuve. La rhétorique du Bien contre le Mal n’est pas nouvelle, Ben Laden lui-même l’utilise. « On ne battra Saddam et Ben Laden que si l’on combat au nom de Jésus. » Quant à l’amalgame entre Ben Laden et le dirigeant irakien, il est la suite logique de la diabolisation de Saddam, omniprésente depuis les années 1990 dans les médias en général. Le lien est donc immédiat dans l’esprit de bon nombre d’Américains. Le permis de détruire est délivré par Dieu.
Le président des USA et son équipe ont changé. Mais le peuple qui a voté pour le martyr de l’Irak n’a pas changé. Les vieux démons non plus. Le monde arabe a encore beaucoup à craindre de ce fanatisme meurtrier…au nom de DIEU.
Bien à Vous. MALI
G.W. Bush est un alcoolique élu in extrémis sur le nom de son père isolationniste. Le 11 septembre 2001 il n’a visiblement rien compris. Face à un évènement aussi violent et exceptionnel, il lui fallait réagir. Le 11 septembre, constitue-t-il réellement une rupture dans la politique des Etats-Unis ?
Cet évènement a permis l’expression d’une nouvelle caste politicienne jusque là dans l’ombre : Les néo conservateurs (néo-cons), mais aussi les chrétiens évangéliques, instrumentalisés depuis Reagan ) : « les born again ».
« Nous prenons l’engagement de vaincre le terrorisme à travers le monde…et de remodeler le Moyen-Orient pour que la région cesse d’être le foyer du terrorisme, de l’extrémisme, de l’anti-américanisme et des armes de destruction massive. » Premier mensonge et manipulation de l’opinion publique dû au courant influent néo-cons, lui-même intégré dans la « droite » américaine incarnée depuis Reagan par le Parti républicain. Depuis l’arrivée à la Maison-Blanche de G.W. Bush, ils travaillent aux côtés des « Born Again ». Ces deux courants détiennent alors des postes clés.
L’histoire des « Born Again » et des « néo-cons » permet de comprendre comment ils sont parvenus à se faire entendre toujours plus, Israël représentant le point d’accord et de mise en pratique le plus évident de leurs idées. La droite chrétienne («religious right» ou « Christian right »), elle-même traversée de multiples tendances, est composée de croyants qui partagent la conviction que la Bible qui est « source de toute chose » et qui considèrent avoir connu un réveil salvateur les ramenant sur le chemin de la Foi. Cette droite protestante commença par contester la théorie darwinienne de l’évolution, à leurs yeux « impie », considérant que l’homme a réellement été créé par Dieu. Cette droite lutte contre le communisme athée, dans les années 1950, puis en réaction aux avancées libérales de la décennie suivante lutte contre les noirs, les homosexuels, les féministes. Aujourd’hui, cette mouvance concerne près d’un tiers des citoyens américains. Il n’est donc pas étonnant de voir que tous les présidents des Etats-Unis depuis Jimmy Carter en relèvent - ou du moins - se disent profondément religieux. Il s’agit de faire de l’Amérique le phare de l’humanité afin de la guider vers le royaume de Dieu.
Le véritable tournant a été l’arrivée au pouvoir de George W. Bush, qui seul a mis en œuvre des programmes issus de la droite religieuse et s’est entouré de quelques-uns de ses membres comme John Ashcroft (ministre de la Justice de 2000 à 2005). « W B» n’hésite pas à rappeler que « Jésus l’a sauvé » de sa dépendance à l’alcool, John Ashcroft, l’homme est convaincu que « nous avons Jésus pour roi », Ralph Reed, alors conseiller à la Maison-Blanche et directeur de la campagne de 2004, déclare que l’islam était « la religion du diabolique et mauvaise ».
Arrivés bien plus récemment en politique les « néo conservateurs », revinrent en force à la fin des années 1990. Ils disposaient alors de puissants relais, de l’appui de certains médias pour rallier à leur cause la population) comme le Weekly Standard et le Washington Times, etc. Ces néocons alliés aux born again ont une stratégie qui vise, aujourd’hui plus que jamais, le Moyen-Orient : l’exceptionnalisme, la sécurité et l’unilatéralisme.
- Jouant sur une sémantique qui rappelle étrangement celle du Coran, l’idéalisme américain appelé « exceptionnalisme » se fonde sur la mémoire de l’arrivée des premiers colons « peuple élu » arrivé sur les Terres promises de Dieu pour y accomplir Sa volonté par l’application de la morale et de la démocratie. Ce messianisme est très ancré dans l’imaginaire collectif et se transpose à merveille à la politique étrangère des Etats-Unis. Peu importe alors la communauté internationale, les alliés et les autres, puisque seuls les Américains disposent de cette légitimité divine. Cette référence sert alors de grille de lecture officielle de la situation actuelle au Moyen-Orient, nombre de dirigeants arabes se trouvant comparés à Hitler ou à Satan. Ainsi, les discours de Bush sont-ils marqués par cette idée, comme en témoigne la récurrence des expressions « grande nation » et à « nation exceptionnelle ».
- La quête de la sécurité absolue, d’autre part, interdit toute diplomatie ce qui amène au recours systématique à la force, « au cas où ». Toute menace potentielle est digne d’intérêt et, chacune étant regardée à la loupe, l’effet grossissant est tel que, en un cercle vicieux, le « sentiment » d’insécurité s’accroît sans que le danger soit nécessairement réel. C’est un des éléments qui permet d’expliquer pourquoi une majorité d’Américains ont longtemps cru qu’il existait un lien entre Saddam Hussein et Al Qaïda. « au cas où » principe du moindre risque. L’irrationnel apparaît à son plus haut niveau. George W. Bush déclarait ainsi : « Nous traiterons cette menace terroriste aujourd’hui avec notre Army, notre Air Force, notre Navy, nos Cost Guards et nos Marines, pour que nous n’ayons pas à la traiter plus tard avec une armées de pompiers, de policiers et de médecin dans les rues de nos villes. »
- L’unilatéralisme, enfin, constitue le troisième volet de l’idéologie néo conservatrice. « II faut que la mission détermine la coalition et non que la coalition détermine la mission », déclarait Donald Rumsfeld en février 2002. La mission est la même qu’en politique intérieure et consiste à promouvoir les valeurs fondamentales que sont la famille, la religion ou l’économie libérale. Dès lors, l’unilatéralisme de Washington n’est pas isolationniste. Au contraire. Leur critique des institutions internationales est marquée par cette volonté non pas de se replier sur soi, mais d’agir conformément à leurs seuls idéaux et méthodes. Pour eux le leadership américain est à la fois bon pour l’Amérique et le monde .
Le 11 septembre 2001 fut l’occasion de saisir cette « opportunité » pour appliquer leurs idées préexistantes concernant le Moyen-Orient. Ce jour a changé le Président, et du même coup l’orientation de sa politique étrangère. Il s’expliqua le drame à la lumière de la Bible, l’assimilant à une attaque venue du Ciel qui, en démolissant les tours orgueilleuses du temple matérialiste international, voulait rappeler à la mémoire des hommes la destruction de la tour de Babel, édifiée aux temps bibliques par des pécheurs désireux d’instaurer un gouvernement mondial sans Dieu. Il s’agissait là d’une punition divine à l’encontre des Américains athées et donc immoraux (discours proche de celui des islamistes d’Al Qaida). Là encore, le discours est porteur : il donne une explication facile à comprendre, évite aux croyants de se poser toutes sortes de questions, livre un responsable et renforce la foi des fidèles ressoudés par l’épreuve. La rhétorique du Bien contre le Mal n’est pas nouvelle, Ben Laden lui-même l’utilise. « On ne battra Saddam et Ben Laden que si l’on combat au nom de Jésus. » Quant à l’amalgame entre Ben Laden et le dirigeant irakien, il est la suite logique de la diabolisation de Saddam, omniprésente depuis les années 1990 dans les médias en général. Le lien est donc immédiat dans l’esprit de bon nombre d’Américains. Le permis de détruire est délivré par Dieu.
Le président des USA et son équipe ont changé. Mais le peuple qui a voté pour le martyr de l’Irak n’a pas changé. Les vieux démons non plus. Le monde arabe a encore beaucoup à craindre de ce fanatisme meurtrier…au nom de DIEU.
Bien à Vous. MALI
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