Je vais vous parler de ma définition de l’amour. Je peux me tromper et je compte sur vous pour me rectifier.
Attention chaque mot est hyper important. L’ amour est un Élan, irraisonné, inexplicable, désintéressé, inexcusable, total, et délicieux vers l’autre. Dans l’Amour donc ne rentre aucune considération raisonnée (bonne famille, joli, gagne bien sa vie, gentil, etc. etc. ) On peut tomber amoureux d’un truand, d’un violeur, d’un ogre, d’un nain ou d’un saint ou d'une pute. Sans aucune explication.
C’est donc un élan. Comme tout élan, (vous avez sûrement déjà piloté un vélo) il tend à s’épuiser. C’est (pour les scientifiques) une Énergie (cinétique puisqu’elle dépend de ½ de m v2) Pour l’acquérir il faut une poussée (le coup de foudre) (pour les scientifiques : une énergie électrique qui dépend de la différence de potentiel électrique donc de l’ionisation). A partir de cet Élan qui nous porte vers l’être aimé, il faut l’entretenir. Donc pédaler (les efforts que l’on fait vers l’autre). Surtout que parfois la route monte ! alors il faut pédaler et fournir un effort supplémentaire. L’amour est ainsi. Après l’Élan initial il faut faire des efforts (conjoints bien sûr) pour que cet Élan puisse encore nous porter. Quand le vélo s’arrête. L’amour est fini. Soit que l’on n’a pas suffisamment pédalé, soit que la pente est infranchissable. Il faut alors, soit réparer le vélo (revoir ses relations avec autrui), soit changer de braqué (revoir sa façon de vivre), changer de vélo (changer de partenaire) ! Mais in fine l’effort est là.Quand on envie de pédaler pour quelqu’un (une) c’est qu’on l’aime tant que nous pédalerons. A moins que nous soyons sur un tandem.
Certains mettent des images, d'autres de la musique ou de la vidéo afin d'illustrer leur post. J'illustre mon commentaire par ce poème qui montre toute l'ambiguité de l'amour car souvent l'objet de l'amour n'est pas l'être aimé mais son jumeau...tel que nous le rêvons. En tout état de cause ce poème reflète encore une fois la difficulté, que dis je, l’absolue déraison de l’Amour. A toutes ces femmes qui souffrent (qui sont passionnées). Chut … c’est une femme qui parle, écoutez bien :
Toi
J’aurais si bien voulu te haïr t’abjurer,
Nier l’envie goulue de te discréditer
Te déconsidérer, toi insaisissable
et fouler à mes pieds tes us implacables.
Et te désavouer, te dénigrer, surtout
Enfin te mépriser toi, le grand Manitou
Renégat des rêves, pathétique et hautain
Entier et sans trêve, méprisable pantin.
Mais je suis inapte, car ton courage est sûr
Je sais que tu capte ma dévotion pure.
Fier, surtout courageux, altier mais renégat
impitoyable Dieu, criant son Hosanna.
Méprisable et dévot, Tartuffe moderne
J’ai tant aimé tes mots, douces balivernes,
Mais j’aime ton jumeau, je retiens ton double
condensé de grumeaux de ton eau si trouble.
Car ton alter ego, tout entier dans mon cœur
Effacé et héro sans aucune rancœur,
Il m’est sympathique malgré sa paresse
Son coté pathétique et ses fausses caresses.
Rêveur mais éveillé, cet homme effacé
est facile à gérer, est facile à aimer
Il suffit d’un sourire pour le rendre bien gai
Il suffit d’un délire pour mon éternité.
Mais mon corps est pur-sang et rejette tous deux,
Vous les frères de sang, schizophrènes milieu
Vous les frères ennemis, lumières et néants
cauchemars de mes nuits, nuits de caméléon.
Mais quel choix cornélien ! La raison du plus fort ?
Charognard des humains, hyène ou, toréador ?
Et je serai pour toi, moi perte banale
conquête de son Roi, dégât collatéral.
Ma perte sera moi !
Je vous déteste.
Je vous broie
Le reste
Toi
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samedi 10 octobre 2009
vendredi 19 juin 2009
Elections ou érections ?
Il parait que l’on vote en Tunisie en 2009. Pour élire le Président (la présidente ?) de la République.
En 1925, les Égyptiennes ont obtenu, en tant qu'auditrices, un « réduit » (maqsura), dans le Parlement. Dans d'autres pays arabes, et jusqu'à ce jour, le sort des femmes qui veulent sortir au grand jour de la vie publique est plus tragique (Koweit). En dépit d'une augmentation sensible du taux des femmes arabes actives et instruites, l'indice d''« empowerment» adopté par le PNUD, (Programme des Nations Unies pour le Développement) indice composite, « montre clairement que les pays arabes souffrent d'une nette déficience en la matière », de telle sorte que, malgré ses richesses, la région arabe se trouve classée au bas de l'échelle mondiale, juste avant l'Afrique sub-saharienne. Dans les pays arabes qui accordent aux femmes des droits politiques, le taux de représentation des femmes dans les parlements ne dépasse pas 6 %.
Manifestement cela bloque. Tout est régi par la Shariâ (droit musulman tel qu'il est revendiqué et reconstruit aujourd'hui) qui préfère le mâle. L'étalon se dit «fahl» en arabe. Mais cette traduction n'est qu'approximative : «fahl» désigne aussi bien l'étalon animal qu'humain. C’est un mythe tapi dans la conception arabe de la politique. La politique ne peut être que virile : le chef absolu qui transforme ses semblables en sujet subalternes.
Le fahl (fhal dit on en Tunisie) c’est quoi donc ? : C’est l’étalon, chef, mâle, robuste et unique, c’est le mâle vigoureux destiné à la reproduction. Il est surtout le mâle belliqueux qui l'emporte sur les autres mâles dans des combats où c'est surtout la femelle qui est convoitée. Il gère, à lui seul, les affaires de la communauté. Sa virilité est hors de doute. Les femmes, les hermaphrodites, les pédérastes, et les esclaves n'ont pas le droit d'exercer les fonctions d'autorité privée et publique. Ce n'est pas seulement le hadith du prophète (saaws): «Jamais le peuple qui confie ses affaires à une femme ne connaîtra le succès» qui explique cette exclusion des femmes. Elle découle de la domination masculine patriarcale qui fait de la femme un des objets d'échange entre les hommes. Le principe d'autorité se dit «qiam» : stature debout, érection. Il est annoncé dans le verset, tiré de la sourate « les femmes » : Que Satan soit maudit et lapidé par Allah: « Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu'Allah a préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que [les hommes] font dépense sur leurs biens [en faveur de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses font oraison et protègent ce qui doit l'être (?), du fait de ce qu'Allah consigne (?). Celles dont vous craignez l'indocilité, admonestez-les ! Reléguez-les dans les lieux où elles couchent ! Frappez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie [de contrainte] ! Allah est auguste et grand. » (VI, 34).
C’est l’étalon unique, et non pas la loi impersonnelle, qui fait régner l'ordre dans la communauté. Ou plus précisément, la loi se confond avec la volonté du chef. Son pouvoir est absolu car rien ne peut s’opposer à lui.
Le principe de consultation (shoura) que l'on présente, de nos jours, comme pouvant remplacer la démocratie peut traduire une aspiration à rationaliser les décisions politiques, mais il ne s'est jamais réalisé. De plus, l'exercice de la shoura est limité aux « hommes qualifiés » qui ne sont pas élus et parmi lesquels il n'y a évidemment pas de femmes.
Mais pourquoi donc l’étalon (Fahl) est si fort ? Parce que c’est Dieu qui a institué l’ordre des étalons et c'est Lui qui fait de sorte que le plus fort l'emporte sur les autres.
La doctrine politique qui a primé dans la tradition est une doctrine du droit divin, similaire à celle du droit divin des rois européens. Elle est surtout exprimée par le principe suivant: «Obéir à l'imam, c'est obéir à Dieu». C'est ainsi qu'on a fait de l'obéissance aux gouverneurs, une composante des convictions politiques des musulmans. «Obéir à l'imam, c'est obéir à Dieu». Œuf corse.
Dans les discours officiels anesthésiants sur la participation politique des femmes, les rudiments concrets du mythe de l'étalon disparaissent, et la face inhumaine de l'étalon cède la place à celle, plus humaine, d'un père protecteur qui défend l'espace inviolable et hisse le drapeau de la nation. Mais c’est du bla bla pour endormir. Le schéma archaïque sexiste et biologiste est martelé : les femmes sont des mineures et les hommes sujets aussi. Nous devons faire ce que le fahl nous dit de faire, comme les poules obéissant à leur coq. De même, la fonction du président de la République est mise en parallèle avec celle du calife, qui ne peut en aucun cas être une femme même lorsque le leader est un chef nationaliste plus ou moins « laïque ». La structure du pouvoir absolu est telle qu'un mythe, un certain mythe de l'étalon majestueux, du despote viril et éclairé, hante et structure les esprits et les sujets.
Dans le contexte arabo-islamique actuel, le pouvoir absolu des étalons sévit dans les législations arabes qui demeurent discriminatoires, dans les comportements électoraux. On continue à minorer les exclus de l'ordre théo-politico-viriliste. Mais, plus profondément, le mythe de l'étalon politique et triomphant se lit en creux dans la culture ambiante que nous renvoient essentiellement les médias arabes. Il se lit dans une autoglorification identitaire. Dans ce narcissisme masculin exacerbé et vécu à l'échelle de la Umma.
La femme non voilée, la femme-leader n'a pas fini d'inquiéter. Plus familière est la figure du tyran protecteur et nourricier, moins inquiétantes ses cruautés et ses terreurs antidémocratiques.
N’oubliez pas de voter. N’oubliez pas votre moitié. Allah est plus grand que les plus grands.
Bien à vous.
MALI
En 1925, les Égyptiennes ont obtenu, en tant qu'auditrices, un « réduit » (maqsura), dans le Parlement. Dans d'autres pays arabes, et jusqu'à ce jour, le sort des femmes qui veulent sortir au grand jour de la vie publique est plus tragique (Koweit). En dépit d'une augmentation sensible du taux des femmes arabes actives et instruites, l'indice d''« empowerment» adopté par le PNUD, (Programme des Nations Unies pour le Développement) indice composite, « montre clairement que les pays arabes souffrent d'une nette déficience en la matière », de telle sorte que, malgré ses richesses, la région arabe se trouve classée au bas de l'échelle mondiale, juste avant l'Afrique sub-saharienne. Dans les pays arabes qui accordent aux femmes des droits politiques, le taux de représentation des femmes dans les parlements ne dépasse pas 6 %.
Manifestement cela bloque. Tout est régi par la Shariâ (droit musulman tel qu'il est revendiqué et reconstruit aujourd'hui) qui préfère le mâle. L'étalon se dit «fahl» en arabe. Mais cette traduction n'est qu'approximative : «fahl» désigne aussi bien l'étalon animal qu'humain. C’est un mythe tapi dans la conception arabe de la politique. La politique ne peut être que virile : le chef absolu qui transforme ses semblables en sujet subalternes.
Le fahl (fhal dit on en Tunisie) c’est quoi donc ? : C’est l’étalon, chef, mâle, robuste et unique, c’est le mâle vigoureux destiné à la reproduction. Il est surtout le mâle belliqueux qui l'emporte sur les autres mâles dans des combats où c'est surtout la femelle qui est convoitée. Il gère, à lui seul, les affaires de la communauté. Sa virilité est hors de doute. Les femmes, les hermaphrodites, les pédérastes, et les esclaves n'ont pas le droit d'exercer les fonctions d'autorité privée et publique. Ce n'est pas seulement le hadith du prophète (saaws): «Jamais le peuple qui confie ses affaires à une femme ne connaîtra le succès» qui explique cette exclusion des femmes. Elle découle de la domination masculine patriarcale qui fait de la femme un des objets d'échange entre les hommes. Le principe d'autorité se dit «qiam» : stature debout, érection. Il est annoncé dans le verset, tiré de la sourate « les femmes » : Que Satan soit maudit et lapidé par Allah: « Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu'Allah a préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que [les hommes] font dépense sur leurs biens [en faveur de leurs femmes]. Les [femmes] vertueuses font oraison et protègent ce qui doit l'être (?), du fait de ce qu'Allah consigne (?). Celles dont vous craignez l'indocilité, admonestez-les ! Reléguez-les dans les lieux où elles couchent ! Frappez-les ! Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie [de contrainte] ! Allah est auguste et grand. » (VI, 34).
C’est l’étalon unique, et non pas la loi impersonnelle, qui fait régner l'ordre dans la communauté. Ou plus précisément, la loi se confond avec la volonté du chef. Son pouvoir est absolu car rien ne peut s’opposer à lui.
Le principe de consultation (shoura) que l'on présente, de nos jours, comme pouvant remplacer la démocratie peut traduire une aspiration à rationaliser les décisions politiques, mais il ne s'est jamais réalisé. De plus, l'exercice de la shoura est limité aux « hommes qualifiés » qui ne sont pas élus et parmi lesquels il n'y a évidemment pas de femmes.
Mais pourquoi donc l’étalon (Fahl) est si fort ? Parce que c’est Dieu qui a institué l’ordre des étalons et c'est Lui qui fait de sorte que le plus fort l'emporte sur les autres.
La doctrine politique qui a primé dans la tradition est une doctrine du droit divin, similaire à celle du droit divin des rois européens. Elle est surtout exprimée par le principe suivant: «Obéir à l'imam, c'est obéir à Dieu». C'est ainsi qu'on a fait de l'obéissance aux gouverneurs, une composante des convictions politiques des musulmans. «Obéir à l'imam, c'est obéir à Dieu». Œuf corse.
Dans les discours officiels anesthésiants sur la participation politique des femmes, les rudiments concrets du mythe de l'étalon disparaissent, et la face inhumaine de l'étalon cède la place à celle, plus humaine, d'un père protecteur qui défend l'espace inviolable et hisse le drapeau de la nation. Mais c’est du bla bla pour endormir. Le schéma archaïque sexiste et biologiste est martelé : les femmes sont des mineures et les hommes sujets aussi. Nous devons faire ce que le fahl nous dit de faire, comme les poules obéissant à leur coq. De même, la fonction du président de la République est mise en parallèle avec celle du calife, qui ne peut en aucun cas être une femme même lorsque le leader est un chef nationaliste plus ou moins « laïque ». La structure du pouvoir absolu est telle qu'un mythe, un certain mythe de l'étalon majestueux, du despote viril et éclairé, hante et structure les esprits et les sujets.
Dans le contexte arabo-islamique actuel, le pouvoir absolu des étalons sévit dans les législations arabes qui demeurent discriminatoires, dans les comportements électoraux. On continue à minorer les exclus de l'ordre théo-politico-viriliste. Mais, plus profondément, le mythe de l'étalon politique et triomphant se lit en creux dans la culture ambiante que nous renvoient essentiellement les médias arabes. Il se lit dans une autoglorification identitaire. Dans ce narcissisme masculin exacerbé et vécu à l'échelle de la Umma.
La femme non voilée, la femme-leader n'a pas fini d'inquiéter. Plus familière est la figure du tyran protecteur et nourricier, moins inquiétantes ses cruautés et ses terreurs antidémocratiques.
N’oubliez pas de voter. N’oubliez pas votre moitié. Allah est plus grand que les plus grands.
Bien à vous.
MALI
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