Le 24 décembre 2012 18h
Chères (ers) amies (is),
En cette nuit de la Nativité, et en dehors de tout ressentiment religieux, je voudrais vous conter ma soirée à Bethlehem il y a deux ans. Contre vents et marées et malgré mes blocages ancestraux, culturels et politiques, me faisant violence, je décide de visiter la Terre Sainte (je l’avais déjà visitée quelques années auparavant coté jordanien). Ma compagne et moi-même allons en Israël.
A un moment de ma visite je décide d’aller dans les territoires occupés. Mon guide, un israélien marocain prénommé David et nommé MANSOUR, excellent guide mais, un chouia nationaliste et chauvin me dissuade « ce sont des brigands, ils vont vous voler tout vos sous, ils peuvent même vous séquestrer, n’y allez pas ». Malgré ces préventions, je prends un taxi pour aller sur les lieux de la Nativité. Non pas que je sois croyant mais j’ai la chance d’avoir comme compagne une catholique invétérée. Ce fut son cadeau de noël. Aller au Berceau de Sa Croyance. Le taxi man bien que juif était polonais. Dans un jargon mêlant les langues : polonais, hébreux, arabe et surtout anglais il m’a dit sommairement : « il n’y a aucun problème à aller à Bethleem, d’ailleurs je vais souvent car les cigarettes sont moins chères. Je vais rappeler un ami qui va vous accueillir»(déjà prévenu par mon agence de voyage, excellente d’ailleurs bien qu’Israélienne, tout ce qui est israélien n’est pas forcément mauvais ! humour).
Nous arrivons à un check point entouré par le Mur de la Honte. Là, fouille (légère ou profonde selon le passeport). Aucun contrôle côté palestinien. Bachir, un catholique palestinien nous attend de l’autre côté du mur. On roule. Il me dit : « pourquoi allez-vous en Israël alors qu’il y a tout ce qu’il faut en Palestine » J’ai du mal à répondre que l’aéroport est quand même à Tel Aviv et qu’il faut bien passer par Israël.
Nous arrivons sur la place, moins grande que je ne pensais, 200 m sur 100m ? Au pif. Sur cette place quelques mosquées, quelques églises peut être une synagogue et surtout au bout, une église un peu plus grande que les autres, le l’extérieur complètement crade et, une queue, mes amis, une queue plus longue que la mienne… C’est vous dire ! Mon guide me dit, 40 dollars et on la fait à l’envers et on gagne deux heures. Dans ma vie j’ai rarement fait des queues à l’envers. Et si je l’ai fait cela a toujours été gratuit. Mais ce jour là… j’ai craqué. « Je n’ai que des euros », «impeccable» me dit il « c’est encore mieux, on y va direct ».
Alors l’Eglise de la Nativité c’est une moyenne église de type plutôt roman, mais divisée en trois nefs : une pour les orthodoxes, une pour les arméniens et une pour les cathos (c’est celle qu’on voit sur france2). On en fait le tour en 2 mn, mais pour ma Douce si on rajoute la prière compter 10 mn. Puis en jouant des épaules on descend vers la Grotte. La Grotte est une cave à l’étage au dessous elle doit faire 10m sur 5m environs. Elle aussi est divisée en 3 selon les églises sus indiquées. Trous dans le rocher : là où Il est né, là où Il a été langé, là où les Rois Mages ont été. Pour moi, misérable païen, c’est peanuts. Mais pour ma Compagne cela a été un moment magnifique et je suis très heureux d’avoir été là avec Elle.
Quand nous avons quitté Bethléem pour aller en Israël cela a été un déchirement. Pas pour Bachir qui en a vu d’autres, pas pour ma compagne qui savait qu’il faut bien renter à la maison, mais pour moi. Car Platonicien comme je suis, depuis petit je sais que les choses doivent être là où le Cosmos a prévu. Et ce que j’ai vu sont d’une injustice qui depuis ma naissance m’interpelle. Pourquoi tant de haine ? Pourquoi chacun n’est-il pas à sa place dans la Cité ? Quelques vers me sont revenus : « Wa stouchhida y ssalam fi watan y ssalam » (et on a martyrisé la Paix sur la Terre (le Pays, la Nation ?) de la Paix)
Calorifère ?
Bonnes fêtes et bonne future année. MALI
PS : Eglise vient du mot grec ecclésia qui veut dire rassemblement, assemblée, exactement ce que dit le mot Jamâa (mosquée) mais que veut dire synagogue ?
lundi 24 décembre 2012
lundi 24 janvier 2011
JARDINAGE
Leçon de jardinage (Janvier) :
L’hiver est une période propice pour remettre son jardin en état et préparer le printemps. Les travaux à y effectuer sont immenses. Si les journées courtes et glaciales n'incitent pas à sortir au jardin, cela n’empêche pas les jardiniers tunisiens, surtout s’ils sont du centre ou du centre ouest, de se manifester pour que la belle saison donne le meilleur d'elle-même. Ils y mettent deux éléments : leur sueur et leur sang. Il faut impérativement :
- terminer les travaux d'hivernage et notamment finir d’éradiquer les mauvaises herbes (les casseurs).
- Installer les protections des plantations avec un paillis de jeune chômeur et un voile de carnage immaculé (les comités de quartier).
- Pensez à ajouter la cendre des corps calcinés dans vos massifs et aux pieds des arbres fruitiers. Riche en potasse et en oligoéléments, ces cendres donneront un coup de fouet à vos plantes oh combien malmenées par la torture et le silence de l’hiver (les Martyrs).
- Terminer de tailler les plantations des arbres jusque là dits fruitiers et des haies qui nous séparent (tailler la croupe).
- Si le temps vous a manqué en novembre préparer la terre tunisienne en y versant encore plus de sang et de cendre de Bouse à zizi. (Bouazizi, martyr de la première heure, inducteur de la Révolution de son nom).
- Un bêchage profond du fumier décomposé et surtout une éradication du RCD, de ses bourgeons, de ses racines, de son marcottage, des mauvaises herbes autour et surtout de son pollen qui essaime au gré du vent.
- Le RCD, initiales de Racines Corps du Diable, est une plante redoutable. Elle a commencé par nous jouer bien Des tours (Destour ?). Sa spécificité est de conquérir la terre et de tuer toutes les plantes autour. Il favorise par exemple le chien dent qui est lui-même difficile à éradiquer. Pour éliminer le RCD, il faut donc une stratégie chirurgicale quasi néoplasique. Tous les jardiniers savent que le RCD est un cancer dans leur jardin.
- Comment éradiquer le RCD ?
o Les américains par l’intermédiaire de leur firme « le Lot de leur sang » et rebaptisée Monsanglot a imposé aux jardiniers un produit censé éradiquer le RCD. Mais ils se sont vite rendu compte que si leur produit « Ruine dope » est si efficace que les jardiniers, n’en ayant plus besoin, ne l’achèteraient plus. Ils ont donc demandé aux français s’ils avaient un produit équivalent mais qui n’attaquerait pas le RCD.
o Les français dont le génie n’a d’égal que leur arrogance ont répondu oui. Ils ont distribué alors aux jardiniers tunisiens un produit qui tue toute plante libre et indépendante et résistante au froid sauf le RCD. Ils ont même proposé un fertilisant (MAM) qui ne profite qu’au RCD.
o Amis jardiniers tunisiens vous avez donc compris. Pour éradiquer le RCD, pour avoir une belle pelouse, de bons arbres fruitiers et un beau potager au printemps, il ne faut utiliser aucune arme chimique, surtout si elle est américaine ou française. Seule la sueur, le sang et les cendres feront fleurir touts nos belles fleurs…et notre jasmin. Car il existe d'autres plantes dans le jardin.
- Les rosiers bien taillés pourront aussi être protégés du gel. Eviter les épines des plantes Satellites. Car elles gisent et rat. (El Jazeera ?)
Au potager, la récolte des endives peut commencer. Mais elles sont froides et blanches. Donnez-leur une chance. Elles peuvent encore vous régaler. Sur votre balcon ou votre terrasse, il est encore temps de mettre les plantes à l'abri des courants d'air et du froid. Car si l’ère était nouvelle, l’air actuel est vraiment rafraichissant. Le temps est une révolution.
En rentrant à la maison, vous pourrez profitez enfin de la floraison des premiers bulbes de jacinthe qui embaumeront votre intérieur. Ce sont de belles fleurs qui aiment la chaleur, la protection et qui ne manqueront pas si vous les mettez dans votre chambre de vous embaumer et vous donner du plaisir, même dans votre lit. Elles vous permettront de patienter jusqu'au printemps et le retour de l'explosion de couleurs des crocus, tulipes, primevères et autres rejetons.
En attendant ce moment, vous pourrez occuper votre temps à la confection de jolies décorations polies tiques sur votre table de rêve aux alcyonnaires avec les feuillages du houx inter crural, du laurier tin (ou tintin) ou encore du hêtre (ou ne pas hêtre).
A bientôt pour la leçon de jardinage de février.
MALI
L’hiver est une période propice pour remettre son jardin en état et préparer le printemps. Les travaux à y effectuer sont immenses. Si les journées courtes et glaciales n'incitent pas à sortir au jardin, cela n’empêche pas les jardiniers tunisiens, surtout s’ils sont du centre ou du centre ouest, de se manifester pour que la belle saison donne le meilleur d'elle-même. Ils y mettent deux éléments : leur sueur et leur sang. Il faut impérativement :
- terminer les travaux d'hivernage et notamment finir d’éradiquer les mauvaises herbes (les casseurs).
- Installer les protections des plantations avec un paillis de jeune chômeur et un voile de carnage immaculé (les comités de quartier).
- Pensez à ajouter la cendre des corps calcinés dans vos massifs et aux pieds des arbres fruitiers. Riche en potasse et en oligoéléments, ces cendres donneront un coup de fouet à vos plantes oh combien malmenées par la torture et le silence de l’hiver (les Martyrs).
- Terminer de tailler les plantations des arbres jusque là dits fruitiers et des haies qui nous séparent (tailler la croupe).
- Si le temps vous a manqué en novembre préparer la terre tunisienne en y versant encore plus de sang et de cendre de Bouse à zizi. (Bouazizi, martyr de la première heure, inducteur de la Révolution de son nom).
- Un bêchage profond du fumier décomposé et surtout une éradication du RCD, de ses bourgeons, de ses racines, de son marcottage, des mauvaises herbes autour et surtout de son pollen qui essaime au gré du vent.
- Le RCD, initiales de Racines Corps du Diable, est une plante redoutable. Elle a commencé par nous jouer bien Des tours (Destour ?). Sa spécificité est de conquérir la terre et de tuer toutes les plantes autour. Il favorise par exemple le chien dent qui est lui-même difficile à éradiquer. Pour éliminer le RCD, il faut donc une stratégie chirurgicale quasi néoplasique. Tous les jardiniers savent que le RCD est un cancer dans leur jardin.
- Comment éradiquer le RCD ?
o Les américains par l’intermédiaire de leur firme « le Lot de leur sang » et rebaptisée Monsanglot a imposé aux jardiniers un produit censé éradiquer le RCD. Mais ils se sont vite rendu compte que si leur produit « Ruine dope » est si efficace que les jardiniers, n’en ayant plus besoin, ne l’achèteraient plus. Ils ont donc demandé aux français s’ils avaient un produit équivalent mais qui n’attaquerait pas le RCD.
o Les français dont le génie n’a d’égal que leur arrogance ont répondu oui. Ils ont distribué alors aux jardiniers tunisiens un produit qui tue toute plante libre et indépendante et résistante au froid sauf le RCD. Ils ont même proposé un fertilisant (MAM) qui ne profite qu’au RCD.
o Amis jardiniers tunisiens vous avez donc compris. Pour éradiquer le RCD, pour avoir une belle pelouse, de bons arbres fruitiers et un beau potager au printemps, il ne faut utiliser aucune arme chimique, surtout si elle est américaine ou française. Seule la sueur, le sang et les cendres feront fleurir touts nos belles fleurs…et notre jasmin. Car il existe d'autres plantes dans le jardin.
- Les rosiers bien taillés pourront aussi être protégés du gel. Eviter les épines des plantes Satellites. Car elles gisent et rat. (El Jazeera ?)
Au potager, la récolte des endives peut commencer. Mais elles sont froides et blanches. Donnez-leur une chance. Elles peuvent encore vous régaler. Sur votre balcon ou votre terrasse, il est encore temps de mettre les plantes à l'abri des courants d'air et du froid. Car si l’ère était nouvelle, l’air actuel est vraiment rafraichissant. Le temps est une révolution.
En rentrant à la maison, vous pourrez profitez enfin de la floraison des premiers bulbes de jacinthe qui embaumeront votre intérieur. Ce sont de belles fleurs qui aiment la chaleur, la protection et qui ne manqueront pas si vous les mettez dans votre chambre de vous embaumer et vous donner du plaisir, même dans votre lit. Elles vous permettront de patienter jusqu'au printemps et le retour de l'explosion de couleurs des crocus, tulipes, primevères et autres rejetons.
En attendant ce moment, vous pourrez occuper votre temps à la confection de jolies décorations polies tiques sur votre table de rêve aux alcyonnaires avec les feuillages du houx inter crural, du laurier tin (ou tintin) ou encore du hêtre (ou ne pas hêtre).
A bientôt pour la leçon de jardinage de février.
MALI
jeudi 16 décembre 2010
Les doigts
Le toucher gracieux de tes doigts longs et vernis
Terminés par des ongles faits, peints, et polis,
Effleure lentement mes zones érectiles
Qui frissonnent partout sous tes doigts habiles.
De ma nuque tu tires le meilleur séisme
De mon long cou rasé, l’arc en ciel du prisme
Qui s’étale sous tes délicieuses mains d’ange
Vers mes lombes subtiles et mon pileux losange.
Pulpes graciles, elles dessinent sur ma peau
Satin et mousseline, dentelles et carreaux.
Tu lisses ma peau comme on lisse un duvet
Tu flagelles mon cuir pour mieux me rassasier.
Mains lisses, titillez le nombril
Et flattez mes environs virils.
Doigté musical sur mon clavier
Ou serres pointues d’un épervier
Tel un archet sur son violontes doigts soufflent comme un Aquilon.
La palette de tes doigts brosse mille couleurs :
Toucher maternel plein de lait et de candeur,
Toucher amical plein de beauté et de senteurs
Toucher médical précis et interrogateur,
Toucher sexuel humide et demandeur
Toucher de séduction, appuyé et cavaleur.
Les doigts remplacent de l’aveugle les yeux
Lui servent pour lire, marcher, voir le hideux
Voir ce qu’il sent, ce qu’il entend, ce qu’il goûte
Doublent le plus cher sens à ses yeux, sans doute.
Au contact de ta peau mes yeux se ferment
Pour apprécier ta chaleur, ton épiderme
Tes creux profonds humides et chatoyants
Ta peau, tes doigts, tes phalanges attrayants,
Et je vois, je vois comme le vrai non voyant
Tes formes pures, tes mains et ton cœur attachant.
Terminés par des ongles faits, peints, et polis,
Effleure lentement mes zones érectiles
Qui frissonnent partout sous tes doigts habiles.
De ma nuque tu tires le meilleur séisme
De mon long cou rasé, l’arc en ciel du prisme
Qui s’étale sous tes délicieuses mains d’ange
Vers mes lombes subtiles et mon pileux losange.
Pulpes graciles, elles dessinent sur ma peau
Satin et mousseline, dentelles et carreaux.
Tu lisses ma peau comme on lisse un duvet
Tu flagelles mon cuir pour mieux me rassasier.
Mains lisses, titillez le nombril
Et flattez mes environs virils.
Doigté musical sur mon clavier
Ou serres pointues d’un épervier
Tel un archet sur son violontes doigts soufflent comme un Aquilon.
La palette de tes doigts brosse mille couleurs :
Toucher maternel plein de lait et de candeur,
Toucher amical plein de beauté et de senteurs
Toucher médical précis et interrogateur,
Toucher sexuel humide et demandeur
Toucher de séduction, appuyé et cavaleur.
Les doigts remplacent de l’aveugle les yeux
Lui servent pour lire, marcher, voir le hideux
Voir ce qu’il sent, ce qu’il entend, ce qu’il goûte
Doublent le plus cher sens à ses yeux, sans doute.
Au contact de ta peau mes yeux se ferment
Pour apprécier ta chaleur, ton épiderme
Tes creux profonds humides et chatoyants
Ta peau, tes doigts, tes phalanges attrayants,
Et je vois, je vois comme le vrai non voyant
Tes formes pures, tes mains et ton cœur attachant.
samedi 11 décembre 2010
LE SILENCE
Le silence,
C’est d’abord le souffle que l’on retient
La parole que l’on retire,
Le dernier souffle de l’agonie.
Le silence
Le silence de celles qui pouffent pour pleurer
De ceux qui mettent des casques pour ne pas gêner
De ceux qui avalent leur salive pour ne pas la cracher.
Le silence
De ceux qui prient
De ceux qui ont faim
De ceux qui hurlent dans leur gorge pour que le son ne sorte pas.
Le silence
Le silence des prisonniers de la vie
De ceux que la vie a emprisonnés
Le silence de ceux pour qui le vent parle
Le silence de ceux qui parlent au vent.
Le silence
Le silence de celles qui accouchent sans hurler
De ceux qui meurent sans crier
Le silence des fleurs et des tombes
Celui que l’on crie quand on se noye dans une eau profonde.
Le silence
Le silence de ceux qui tombent sans geindre
De ceux qui souffrent sans se plaindre
Le silence du crabe qui avance et qui gagne à tout coup.
Le silence de la mort tout à coup.
Le silence
Le silence de dieux et de ses alcôves
Le silence de ceux qui coulent de morve
De celles qui se font lapider, de ceux qu’on nobelise.
De ceux qui attendent qu’on les détruise.
Le silence
Le silence du noble qui se méprise
Le silence de la pierre que l’on serti
Le silence de l’esclave asservi
Le silence du journal qu’on lit
Le silence du linceul qui couvrit.
Dieux mettez un peu de bruit dans nos vies !
Chuttt. Taisez-vous.
C’est d’abord le souffle que l’on retient
La parole que l’on retire,
Le dernier souffle de l’agonie.
Le silence
Le silence de celles qui pouffent pour pleurer
De ceux qui mettent des casques pour ne pas gêner
De ceux qui avalent leur salive pour ne pas la cracher.
Le silence
De ceux qui prient
De ceux qui ont faim
De ceux qui hurlent dans leur gorge pour que le son ne sorte pas.
Le silence
Le silence des prisonniers de la vie
De ceux que la vie a emprisonnés
Le silence de ceux pour qui le vent parle
Le silence de ceux qui parlent au vent.
Le silence
Le silence de celles qui accouchent sans hurler
De ceux qui meurent sans crier
Le silence des fleurs et des tombes
Celui que l’on crie quand on se noye dans une eau profonde.
Le silence
Le silence de ceux qui tombent sans geindre
De ceux qui souffrent sans se plaindre
Le silence du crabe qui avance et qui gagne à tout coup.
Le silence de la mort tout à coup.
Le silence
Le silence de dieux et de ses alcôves
Le silence de ceux qui coulent de morve
De celles qui se font lapider, de ceux qu’on nobelise.
De ceux qui attendent qu’on les détruise.
Le silence
Le silence du noble qui se méprise
Le silence de la pierre que l’on serti
Le silence de l’esclave asservi
Le silence du journal qu’on lit
Le silence du linceul qui couvrit.
Dieux mettez un peu de bruit dans nos vies !
Chuttt. Taisez-vous.
jeudi 2 décembre 2010
AUTOMNE
AUTOMNE
Sur son flanc, brun foncé, la femelle fumante,
Sa poitrine harassée, étale sa splendeur.
L'or ruisselle, à toison, sur la belle blonde,
Sur laquelle le tison soupire un dernier pleur.
Sa faille toute envahie, où vit, triomphante,
La langueur infinie, l'imprégnante sueur,
Offre au ventre meurtri, l’âme haletante
Où l'automne, rabougri, verse sa folle ardeur.
Dans les reliefs joyaux, où sa montagne est reine
Vénus, au blanc manteau d'hermine souveraine,
Distille sa douceur au bon goût nuageux.
Et, sur son col chaleur, où le laboureur peine
S'élève, hors de sa forge, au détour de sa plaine,
L'Hymne que ma gorge entonne pour les Dieux.
Le 3 janvier 2005
Sur son flanc, brun foncé, la femelle fumante,
Sa poitrine harassée, étale sa splendeur.
L'or ruisselle, à toison, sur la belle blonde,
Sur laquelle le tison soupire un dernier pleur.
Sa faille toute envahie, où vit, triomphante,
La langueur infinie, l'imprégnante sueur,
Offre au ventre meurtri, l’âme haletante
Où l'automne, rabougri, verse sa folle ardeur.
Dans les reliefs joyaux, où sa montagne est reine
Vénus, au blanc manteau d'hermine souveraine,
Distille sa douceur au bon goût nuageux.
Et, sur son col chaleur, où le laboureur peine
S'élève, hors de sa forge, au détour de sa plaine,
L'Hymne que ma gorge entonne pour les Dieux.
Le 3 janvier 2005
samedi 27 novembre 2010
Le temps
On passe sa vie à attendre. Passer le temps. Saint Augustin qui est un peu Tunisien disait ceci il y a 1600 ans « La notion du temps, écrit-il, n'est pas un objet de notre savoir, mais une dimension de notre être…, le passé et le futur, comment sont-ils, puisque s'il s'agit du passé il n'est plus, s'il s'agit du futur il n'est pas encore ? Quant au présent, s'il était toujours présent, et ne s'en allait pas dans le passé, il ne serait plus le temps mais l'éternité… Nous ne pouvons dire en toute vérité que le temps est, sinon parce qu'il tend à ne pas être. » (XI, 14, 17). D’après mes souvenirs, Einstein a eu cette phrase : l’éternité c’est long…surtout vers la fin.
Donc chacun attend.
Voici un témoignage pour toutes celles et tous ceux qui attendent.
Patiemment je t’attends.
Je nettoie ta maison
Je nettoie mes passions
Et patient, je t’attends.
Je regrette l’absence
De bruit dans le silence
Des heures de patience
Différées en cadence.
J’imagine ton corps
Je rêve ton ivresse
J’écarte ma tristesse
Je redoute mon sort
Patiemment je t’attends.
Pressentir, présager
Moisir et fermenter
Sur le fumier du temps.
Languir sans exiger
Craindre sans te guetter
Souffrir sans m’abaisser
Durer sans demeurer.
J’aspire des moments
De câlins torrides
De caresses humides
Et d’émerveillement.
Patiemment je t’attends.
J’astique les jardins
Des sous sols féminins
Féconds et excitants.
Mon cœur se décompose
Dans un air d’eau de rose
Compter le temps qui pose
Dans le noir amaurose
Je remets à deux mains
Les gifles méritées
Sur les joues du chagrin
Des larmes ravalées.
Patiemment je t’attends…
Donc chacun attend.
Voici un témoignage pour toutes celles et tous ceux qui attendent.
Patiemment je t’attends.
Je nettoie ta maison
Je nettoie mes passions
Et patient, je t’attends.
Je regrette l’absence
De bruit dans le silence
Des heures de patience
Différées en cadence.
J’imagine ton corps
Je rêve ton ivresse
J’écarte ma tristesse
Je redoute mon sort
Patiemment je t’attends.
Pressentir, présager
Moisir et fermenter
Sur le fumier du temps.
Languir sans exiger
Craindre sans te guetter
Souffrir sans m’abaisser
Durer sans demeurer.
J’aspire des moments
De câlins torrides
De caresses humides
Et d’émerveillement.
Patiemment je t’attends.
J’astique les jardins
Des sous sols féminins
Féconds et excitants.
Mon cœur se décompose
Dans un air d’eau de rose
Compter le temps qui pose
Dans le noir amaurose
Je remets à deux mains
Les gifles méritées
Sur les joues du chagrin
Des larmes ravalées.
Patiemment je t’attends…
mercredi 24 novembre 2010
MAYDAY (au secours)
CARESSES
Tel un peintre connu, je croque sur ta peau délicate
Mille volutes dodues, mille arabesques plates.
Quand la caresse est précise, quand la main se fait profonde,
Mes doigts fouillent et incisent la chair de tes lèvres fécondes.
Sur le chemin de tes vallées, dans les méandres de ton corps
Je trouve des délices cachés que je déguste et explore.
Alors, lascive et abandonnée tu t’offres et te présentes
Alors sort le râle passionné de ta gorge chaude et ardente.
Tel un peintre connu, je croque sur ta peau délicate
Mille volutes dodues, mille arabesques plates.
Quand la caresse est précise, quand la main se fait profonde,
Mes doigts fouillent et incisent la chair de tes lèvres fécondes.
Sur le chemin de tes vallées, dans les méandres de ton corps
Je trouve des délices cachés que je déguste et explore.
Alors, lascive et abandonnée tu t’offres et te présentes
Alors sort le râle passionné de ta gorge chaude et ardente.
vendredi 22 octobre 2010
Blues
Spleen, rate, humeur...blues
BLUES
Gris, avachi et moite est le linceul du Blues
Enveloppe et emboîte, aspire puis ventouse
L’essence de mon âme évaporée et molle
Apathie de la flamme indolente et folle
Qui fait mal à l’esprit, le voile de torpeur
Le pousse vers l’ennui, le plonge dans la peur.
La plainte infinie de la vieillesse veule
Cri de mélancolie, de lassitude seule
Pleure mon anémie, hurle ma quarantaine
Répand mon apathie sur la Patrie lointaine
Hélas ! Qu’elle est triste la musique du Blues
Harmonica, choristes, langoureuse et jalouse
Rescapée des chaînes, du fouet violence
Des marches, de la peine, et de la nonchalance.
Mon souffle se brise dans un Alléluia
Prière soumise, Paradis d’ici bas,
Marasme de mon drame, déblayant les gravas
Du chaos de mon âme tissant le canevas
De la Vie vile, vide, mais vibrante
Sur les rythmes serviles des hordes haletantes
Les spasmes répétés malaxés dans la bouse
Qu’il est bon de chanter, de célébrer le Blues.
16 novembre 2003
Bien à vous.
MALI
BLUES
Gris, avachi et moite est le linceul du Blues
Enveloppe et emboîte, aspire puis ventouse
L’essence de mon âme évaporée et molle
Apathie de la flamme indolente et folle
Qui fait mal à l’esprit, le voile de torpeur
Le pousse vers l’ennui, le plonge dans la peur.
La plainte infinie de la vieillesse veule
Cri de mélancolie, de lassitude seule
Pleure mon anémie, hurle ma quarantaine
Répand mon apathie sur la Patrie lointaine
Hélas ! Qu’elle est triste la musique du Blues
Harmonica, choristes, langoureuse et jalouse
Rescapée des chaînes, du fouet violence
Des marches, de la peine, et de la nonchalance.
Mon souffle se brise dans un Alléluia
Prière soumise, Paradis d’ici bas,
Marasme de mon drame, déblayant les gravas
Du chaos de mon âme tissant le canevas
De la Vie vile, vide, mais vibrante
Sur les rythmes serviles des hordes haletantes
Les spasmes répétés malaxés dans la bouse
Qu’il est bon de chanter, de célébrer le Blues.
16 novembre 2003
Bien à vous.
MALI
vendredi 24 septembre 2010
Voile et réclusion : suite et fin
Le couffinisme :
Couffinisme (Takfif) vient du mot couffin, qui vient du mot arabe Kouffa qui veut dire couffin. Couffinisme pourrait être traduit par : « excès de zèle, lèche botte, obséquiosité» ou plus soft par « prévenir et servir le désir de quelqu’un avant ou sans qu’il ne le demande », bref, porter le couffin de celui qui ne vous ne le demande pas. Rien à voir avec les « porteurs de valises » dont le but est d’amener des bombes pour faire mal à l’occupant.
Cette attitude est très fréquente dans la culture arabo musulmane et probablement dans d’autres cultures. Pour bien se faire voir du despote, il faut aller au devant de ses demandes et surtout exagérer dans l’exécution et l’accomplissement de ces actes pourtant non demandés mais susceptibles de faire plaisir au Commandeur.
Voile, réclusion et libertés :
En fin de compte que demande l’Eternel aux femmes du Prophète (SAAWS) et par extension (ou par couffinisme) aux musulmanes ?
- concernant le voile, qu’elles relèvent le fichu, leur châle, sur la tête. Il n’y a pas lieu de le fermer sur le cou.
- Concernant la réclusion qu’elles évitent les regards masculins notamment en restant dans leur foyer.
Mais la vie au 21ème siècle n’a rien à voir avec celle du 7ème siècle. Il n’y avait ni électricité, ni machine à laver, ni sèche linge, ni automobile ni internet ni, ni, ni, ni etc.
La sévérité croissante dans l'habillement, dans l’histoire religieuse de l’Islam, suit une marche parallèle à la rigueur croissante dans la pratique de la réclusion. La réclusion, faut il la définir, est un bagne, une claustration, un cloître, un confinement, une détention, un emprisonnement, un exil, une incarcération, un internement, un isolement, bref, une prison. Malgré l’amélioration des conditions de vie on constate une diminution considérable de la liberté des femmes, au fur et à mesure que l'on passe de l'Arabie à l'Egypte et du 1er siècle de l'Hégire au 9ème siècle.
Ce qui est de fait, c'est que la dégradation continue de la femme est de plusieurs siècles postérieure à l'avènement de l'islam et qu'elle est étrangère à la vie arabe des temps ante ou néo islamiques.
Exemple : les adeptes arabes, nous dit-on, quelque temps après la mort du Prophète (SAAWS), discutaient la question de savoir s'il convenait ou non d'admettre les femmes dans les mosquées et lors des enterrements. A en croire la tradition, il y aurait eu sur cette question deux partis contraires : le parti favorable et le parti hostile. Le second des deux partis aurait été le plus fort. Couffinisme ou l’espoir des hommes d’écraser les femmes ?
Anecdote : on reprochait à l'une des femmes du khalife Omar de sortir de sa maison pour aller faire à la mosquée la prière du matin et celle du soir. La femme riposta en disant : « Mais qui donc empêche Omar de me l'interdire ? - Ce qui l'empêche, répartirent ceux qui la critiquaient, ce sont les paroles de l'envoyé de Dieu : Ne défendez pas aux esclaves de Dieu (aux femmes) d'aller à ses mosquées. ». Mais bientôt, la pratique allait différer de la doctrine et les femmes allaient être en quelque sorte exclues des mosquées.
Ce même Omar, auquel la tradition attribue des actes et des paroles décisifs pour l'histoire de la dégradation des femmes, aurait prononcé le discours suivant : « Retenez captives les femmes, car elles sortent pour aller aux cérémonies nuptiales, elles vont aux funérailles et paraissent aux fêtes. Quand elles ont la liberté de sortir beaucoup de chez elles, elles ne manquent point de voir ceux qui leur plaisent, lors même que leur mari serait plus beau et plus joli et que ceux qui leur plaisent seraient moins nobles. Ainsi, ce qu'elles ne possèdent pas devient plus précieux que ce qu'elles possèdent et les attire davantage ».
Nous ne prétendons point que ces paroles soient les paroles exactes et textuelles sorties de la bouche du khalife.
Je reviens sur le côté social de la réclusion et du voile. Celles qui portaient le voile et qui ne sortaient pas de chez elles étaient les filles ou les femmes des riches, qui par conséquent, laissent aux femmes esclaves les travaux du ménage bédouin, tels que le soin de traire les chamelles. Elles demeuraient en maîtresses sous leurs tentes. C'était là une sorte de réclusion dont le sens et le caractère étaient tout autres que ceux de la réclusion musulmane. Elle n'avait nullement pour objet de soustraire les femmes à la vue de l'homme, mais plutôt d'établir une distinction entre les nobles, les vainqueurs, et les esclaves, les vaincus.
Cette habitude, qui plonge jusqu'au cœur des mœurs arabes, était encore vivante à l'époque des Abbassides, où l'Egypte fut gouvernée, par la reine Chagaret al Dourr. Dans les mosquées, les prédicateurs ne trouvèrent pas d'expression plus galante pour faire l'éloge de cette reine que de parler de ses voiles sévères. C'est ainsi qu'après avoir adressé des vœux au khalife, le prédicateur prie Dieu de garder "la reine des musulmans, la protectrice du monde et de la religion, qui a le beau et vénérable voile". Nous citons cet exemple en passant parce que les traditions des Arabes musulmans répètent volontiers le vieil adage : "Les gens prennent exemple sur leur souverain." Comme les souverains considéraient la réclusion comme étant de haute moralité, les peuples en faisaient autant. Couffinisme.
Quid des hommes ? Le costume des hommes évolua dans le sens de l'uniformité et celui des femmes dans le sens de la réclusion. Il semble même que parfois le hasard ait contribué à cette évolution : une artiste de la noble famille royale, cousine d'Al Mamoun, occupait alors un rang éminent dans la société de Bagdad pour sa beauté, ses talents de poétesse et son goût pour la musique. Sa beauté n'était cependant pas complète, et il semble bien, s'il faut en croire le récit, qu'elle ait eu le front un peu large. Pour masquer ce défaut, l'illustre personne imagina une sorte de fichu de soie orné de pierres précieuses et doublé en diagonale dont elle s'entoura la tête. Cette mode eut du succès, et la haute société de Bagdad l'adopta. Toute une littérature nous conserve le souvenir de ces fichus, qui, à un moment de l'histoire, comptèrent parmi les ornements de bon goût et les signes de mœurs correctes.
Au commencement de la seconde moitié du VIIe siècle, un concile de savants arrêta que la chrétienne devrait se vêtir d'un manteau bleu, la juive d'un manteau jaune, la Samaritaine d'un manteau rouge. Une vingtaine d'années plus tard, vers l'an 773, le sultan décréta que les descendants du Prophète se distingueraient par le moyen d'un turban où il y aurait de la couleur verte. Ajoutons, enfin, que depuis les Abbassides, les souverains qui se sont succédé à Bagdad et au Caire trouvèrent le loisir de s'intéresser à l'habillement. Pour les femmes, le costume évolua de plus en plus vers une tenue sévère et pour les hommes vers l'uniformité.
Conclusion :
Au risque de me répéter :
Les impératifs concernant l’habillement des femmes du Prophète (SAAWS) et leur conduite édictées par l’Omniscient sont :
- concernant l’habillement, qu’elles relèvent le fichu, leur châle, sur la tête. Il n’y a pas lieu de le fermer sur le cou.
- Concernant la réclusion d’éviter de sortir de chez elles quand elles peuvent.
Ces deux commandements ont plus un rôle de distinction social que religieux.
Bien à vous.
MALI
Principale source : Mansour Fahmy, 1913, Librairie Félix Alcan « La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © » Éditions Allia 1990, 2002.
Couffinisme (Takfif) vient du mot couffin, qui vient du mot arabe Kouffa qui veut dire couffin. Couffinisme pourrait être traduit par : « excès de zèle, lèche botte, obséquiosité» ou plus soft par « prévenir et servir le désir de quelqu’un avant ou sans qu’il ne le demande », bref, porter le couffin de celui qui ne vous ne le demande pas. Rien à voir avec les « porteurs de valises » dont le but est d’amener des bombes pour faire mal à l’occupant.
Cette attitude est très fréquente dans la culture arabo musulmane et probablement dans d’autres cultures. Pour bien se faire voir du despote, il faut aller au devant de ses demandes et surtout exagérer dans l’exécution et l’accomplissement de ces actes pourtant non demandés mais susceptibles de faire plaisir au Commandeur.
Voile, réclusion et libertés :
En fin de compte que demande l’Eternel aux femmes du Prophète (SAAWS) et par extension (ou par couffinisme) aux musulmanes ?
- concernant le voile, qu’elles relèvent le fichu, leur châle, sur la tête. Il n’y a pas lieu de le fermer sur le cou.
- Concernant la réclusion qu’elles évitent les regards masculins notamment en restant dans leur foyer.
Mais la vie au 21ème siècle n’a rien à voir avec celle du 7ème siècle. Il n’y avait ni électricité, ni machine à laver, ni sèche linge, ni automobile ni internet ni, ni, ni, ni etc.
La sévérité croissante dans l'habillement, dans l’histoire religieuse de l’Islam, suit une marche parallèle à la rigueur croissante dans la pratique de la réclusion. La réclusion, faut il la définir, est un bagne, une claustration, un cloître, un confinement, une détention, un emprisonnement, un exil, une incarcération, un internement, un isolement, bref, une prison. Malgré l’amélioration des conditions de vie on constate une diminution considérable de la liberté des femmes, au fur et à mesure que l'on passe de l'Arabie à l'Egypte et du 1er siècle de l'Hégire au 9ème siècle.
Ce qui est de fait, c'est que la dégradation continue de la femme est de plusieurs siècles postérieure à l'avènement de l'islam et qu'elle est étrangère à la vie arabe des temps ante ou néo islamiques.
Exemple : les adeptes arabes, nous dit-on, quelque temps après la mort du Prophète (SAAWS), discutaient la question de savoir s'il convenait ou non d'admettre les femmes dans les mosquées et lors des enterrements. A en croire la tradition, il y aurait eu sur cette question deux partis contraires : le parti favorable et le parti hostile. Le second des deux partis aurait été le plus fort. Couffinisme ou l’espoir des hommes d’écraser les femmes ?
Anecdote : on reprochait à l'une des femmes du khalife Omar de sortir de sa maison pour aller faire à la mosquée la prière du matin et celle du soir. La femme riposta en disant : « Mais qui donc empêche Omar de me l'interdire ? - Ce qui l'empêche, répartirent ceux qui la critiquaient, ce sont les paroles de l'envoyé de Dieu : Ne défendez pas aux esclaves de Dieu (aux femmes) d'aller à ses mosquées. ». Mais bientôt, la pratique allait différer de la doctrine et les femmes allaient être en quelque sorte exclues des mosquées.
Ce même Omar, auquel la tradition attribue des actes et des paroles décisifs pour l'histoire de la dégradation des femmes, aurait prononcé le discours suivant : « Retenez captives les femmes, car elles sortent pour aller aux cérémonies nuptiales, elles vont aux funérailles et paraissent aux fêtes. Quand elles ont la liberté de sortir beaucoup de chez elles, elles ne manquent point de voir ceux qui leur plaisent, lors même que leur mari serait plus beau et plus joli et que ceux qui leur plaisent seraient moins nobles. Ainsi, ce qu'elles ne possèdent pas devient plus précieux que ce qu'elles possèdent et les attire davantage ».
Nous ne prétendons point que ces paroles soient les paroles exactes et textuelles sorties de la bouche du khalife.
Je reviens sur le côté social de la réclusion et du voile. Celles qui portaient le voile et qui ne sortaient pas de chez elles étaient les filles ou les femmes des riches, qui par conséquent, laissent aux femmes esclaves les travaux du ménage bédouin, tels que le soin de traire les chamelles. Elles demeuraient en maîtresses sous leurs tentes. C'était là une sorte de réclusion dont le sens et le caractère étaient tout autres que ceux de la réclusion musulmane. Elle n'avait nullement pour objet de soustraire les femmes à la vue de l'homme, mais plutôt d'établir une distinction entre les nobles, les vainqueurs, et les esclaves, les vaincus.
Cette habitude, qui plonge jusqu'au cœur des mœurs arabes, était encore vivante à l'époque des Abbassides, où l'Egypte fut gouvernée, par la reine Chagaret al Dourr. Dans les mosquées, les prédicateurs ne trouvèrent pas d'expression plus galante pour faire l'éloge de cette reine que de parler de ses voiles sévères. C'est ainsi qu'après avoir adressé des vœux au khalife, le prédicateur prie Dieu de garder "la reine des musulmans, la protectrice du monde et de la religion, qui a le beau et vénérable voile". Nous citons cet exemple en passant parce que les traditions des Arabes musulmans répètent volontiers le vieil adage : "Les gens prennent exemple sur leur souverain." Comme les souverains considéraient la réclusion comme étant de haute moralité, les peuples en faisaient autant. Couffinisme.
Quid des hommes ? Le costume des hommes évolua dans le sens de l'uniformité et celui des femmes dans le sens de la réclusion. Il semble même que parfois le hasard ait contribué à cette évolution : une artiste de la noble famille royale, cousine d'Al Mamoun, occupait alors un rang éminent dans la société de Bagdad pour sa beauté, ses talents de poétesse et son goût pour la musique. Sa beauté n'était cependant pas complète, et il semble bien, s'il faut en croire le récit, qu'elle ait eu le front un peu large. Pour masquer ce défaut, l'illustre personne imagina une sorte de fichu de soie orné de pierres précieuses et doublé en diagonale dont elle s'entoura la tête. Cette mode eut du succès, et la haute société de Bagdad l'adopta. Toute une littérature nous conserve le souvenir de ces fichus, qui, à un moment de l'histoire, comptèrent parmi les ornements de bon goût et les signes de mœurs correctes.
Au commencement de la seconde moitié du VIIe siècle, un concile de savants arrêta que la chrétienne devrait se vêtir d'un manteau bleu, la juive d'un manteau jaune, la Samaritaine d'un manteau rouge. Une vingtaine d'années plus tard, vers l'an 773, le sultan décréta que les descendants du Prophète se distingueraient par le moyen d'un turban où il y aurait de la couleur verte. Ajoutons, enfin, que depuis les Abbassides, les souverains qui se sont succédé à Bagdad et au Caire trouvèrent le loisir de s'intéresser à l'habillement. Pour les femmes, le costume évolua de plus en plus vers une tenue sévère et pour les hommes vers l'uniformité.
Conclusion :
Au risque de me répéter :
Les impératifs concernant l’habillement des femmes du Prophète (SAAWS) et leur conduite édictées par l’Omniscient sont :
- concernant l’habillement, qu’elles relèvent le fichu, leur châle, sur la tête. Il n’y a pas lieu de le fermer sur le cou.
- Concernant la réclusion d’éviter de sortir de chez elles quand elles peuvent.
Ces deux commandements ont plus un rôle de distinction social que religieux.
Bien à vous.
MALI
Principale source : Mansour Fahmy, 1913, Librairie Félix Alcan « La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © » Éditions Allia 1990, 2002.
samedi 8 mai 2010
Voile et réclusion 5
En voilà un qui était bien voilé des yeux. On l'a rendu aveugle afin de ne plus voir les femmes. Et c'est celle qu'il ne devait plus voir qui a fait en sorte qu'il ne la voit plus. Elle aurait mieux fait de mettre le Nikab. Comme quoi, le voile peut avoir des vertus.
SAMSON
Quand Samson bascula les piliers du temple
Que la douleur hurla hors de son torse ample,
Le plus dur n’était pas les ténèbres des yeux
Ni le cruel trépas, ni le discours haineux,
Mais le tendre forfait de la bel Dalila
Et d’avoir succombé à ses superbes appas.
" De celui qui mange vient ce qui se mange,
Du plus fort étrange, sort le plus bel Ange. "
Disait ce bel héro, sans aucune illusion
Suppliant son bourreau avec dérision.
Esclave se vouant, à la belle de Sorèk
Il lui donna son sang, lui livra un métèque.
De nos chevelures, elles tirent la substance
Recherchent la fêlure, nous aspirent l’essence
Nous vident nos esprits, nous prennent la semence
Pour gagner leur Pari avec concupiscence.
Bien à vous.
MALI
SAMSON
Quand Samson bascula les piliers du temple
Que la douleur hurla hors de son torse ample,
Le plus dur n’était pas les ténèbres des yeux
Ni le cruel trépas, ni le discours haineux,
Mais le tendre forfait de la bel Dalila
Et d’avoir succombé à ses superbes appas.
" De celui qui mange vient ce qui se mange,
Du plus fort étrange, sort le plus bel Ange. "
Disait ce bel héro, sans aucune illusion
Suppliant son bourreau avec dérision.
Esclave se vouant, à la belle de Sorèk
Il lui donna son sang, lui livra un métèque.
De nos chevelures, elles tirent la substance
Recherchent la fêlure, nous aspirent l’essence
Nous vident nos esprits, nous prennent la semence
Pour gagner leur Pari avec concupiscence.
Bien à vous.
MALI
jeudi 6 mai 2010
Voile et réclusion 4
Terreur en Europe. La Belgique vient de voter l’interdiction du voile. La France tremble et prépare un texte. L’Europe vacille. Le Voile Islamique. Mais le Voile c’est donc quoi ?
Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des femmes esclaves par le port du "djilbab". Mais qu'était le costume de la femme tel que le voulait Mahomet ? Le mot djilbab signifie strictement une sorte de chemise, suivant le dictionnaire. C’est un vêtement de dessus, qui ressemble au grand châle ou manteau auquel on donne le nom de milhafa. Ce manteau est désigné aussi par le mot mirt. Les mirts, sont des manteaux de laine dont on se sert pour se couvrir, en guise d'izar.
Donc le djilbab peut signifier ou chemise, ou manteau, ou châle. Il faut écarter tout de suite le sens de chemise, qui ne s'accorde pas avec ce que réclame la sentence coranique. En effet, le Coran ordonne aux croyantes de ramener sur elles leur djilbab. Or la chemise, par sa forme qui habille les bras, ne permet évidemment pas d'exécuter ce que veut la règle. Les vêtements qui ont la forme d'un châle ou d'un manteau s'y prêtent parfaitement. On est donc en droit de traduire le mot djilbab par châle ou manteau. La traduction est d'autant plus légitime que le mirt était un vêtement commun que les femmes portaient par-dessus d'autres vêtements.
En résumé, il n'est nullement question là d'une pièce d'habillement spécialement adaptée à couvrir le visage : le djilbab est simplement ramené de manière à cacher la tête et une partie du visage afin de donner un aspect distinctif aux femmes libres, ainsi que le voulait Mahomet. Bref, le Djilbab est une sorte de manteau.
Deux ou trois ans après l'obligation du voile, Mahomet édicta, pour ses propres femmes, la règle de la réclusion ; ces deux commandements, solidaires entre eux, s'exagérèrent en quelque sorte l'un et l'autre, et prirent rapidement une importance disproportionnée avec la portée assez restreinte qu'ils eurent à l'origine.
Résumons : Il n'existait pas, chez les Arabes du temps de Mahomet, de pièce d'habillement ayant pour objet spécial de cacher le visage de la femme. La tradition, lorsqu'elle parle de l'habillement féminin, ne connaît rien d'autre que l'izar ou djilbab (manteau), le dirr (chemise), ou le khimar (sorte de fichu). Ces vêtements étaient portés par toutes les femmes du temps du Prophète. La littérature de l'époque ne nous en relève point d'autres.
Mais, dans les 1er et 2éme siècles de l'Hégire, le "nikab" et le "bourkou" furent introduits dans les mœurs. Ce sont deux voiles dont l'objet propre est de cacher le visage. Le « nikab » ou la « burka » ont ils une assise théologique musulmane ? Non !
Le nikab :
Ce voile n'existait nullement dans l'usage courant au temps de Mahomet. Le nikab n'était alors en usage que dans des cas exceptionnels, et comme un vêtement extraordinaire. La tradition nous rapporte qu'Aïcha sortit une fois en nikab, pour aller voir Safia, la captive israélite arrivée à la porte de Médine, que Mahomet venait d'affranchir pour la mettre au nombre de ses femmes. Ce détail, que la tradition cite comme extraordinaire, ne plaide assurément pas pour l'ancienneté de l'usage du voile. Au contraire, le nikab ne fut qu'une mode. Le nikab, devint d'un usage presque général, et eut même quelque succès parmi les chrétiens de Sicile au 6ème siècle de l'Hégire. Ibn Djobeir le note en parlant de la capitale de la Sicile : "Les dames chrétiennes de cette ville… suivent tout à fait la mode des femmes musulmanes. A l'occasion de cette fête de Noël, elles sortaient habillées de robes en soie couleur d'or, enveloppées de manteaux élégants … tout à fait en toilette de dames musulmanes». Ce qui est de fait et ce qui nous importe, c'est la généralisation du nikab. Comme toute mode vestimentaire, le nikab n’a aucune assise religieuse.
La Burka :
Le nikab, nouveauté du 1er siècle, destiné à cacher sévèrement le visage de la femme, mode, se trouva secondé dans ses effets par un autre voile du même type : le bourkou qui avait le même objet que le premier. L'usage commun de la burka ou du bourkou date à peu près de la même époque que l'usage commun du nikab.
Selon le lexicographe Djauhari, le bourkou désigne une partie de l'équipement des bêtes de somme et de l'habillement des femmes des Bédouins. Il faut croire qu’à l’époque, les bêtes de somme et les femmes devaient porter le même textile ! Il est hasardeux de se prononcer trop nettement sur le rôle propre de ce vêtement. Avait-il pour objet de protéger contre les ardeurs du climat ou contre les insectes ? Servait-il à protéger le visage des Bédouines contre les regards de l'homme ? On ne saurait le dire. On peut voir jusqu’à nos jours, des Bédouins arabes employer le voile chez les hommes, afin de se protéger contre les conséquences du brigandage, de luttes, des vengeances ou du vent de sable. Cela se voit aussi chez les Touaregs contemporains dans le Sahara. D'autres sortes de voiles sont devenus à la mode. Dans les Mille et Une Nuits, la burka n’est pas stigmatisée. On y retrouve cependant le yachmak long et noir qui, prenant sur le bout du nez, descendait jusqu'aux genoux. M. Lane mentionne le fîf ou voile du visage (des dames de la haute classe et de celles de la moyenne) qui est une longue bande de mousseline blanche. Elle couvre tout le visage, excepté les yeux, et descend à peu près jusqu'aux pieds. Le même auteur signale la aji, une sorte de crêpe noire et grossière, que quelques-unes de celles qui descendent du Prophète portent. Souvent ornée de perles fausses, de petites pièces de monnaie en or, et d'autres ornements de même métal, petits et plats, aussi de grains de corail, ou plus ordinairement d'une paire de chaînes d'airain ou d'argent, dont chacune est attachée à un des deux bouts d'en haut ( ?). En Syrie, les femmes des Bédouins, portent le keblis. Quant à l'Arabie, le keblis est porté actuellement par les femmes de La Mecque, de Djiddah et de Médine ; elles le portent blanc ou bleu. Ibn Batoutah, dit en parlant des femmes de La Mecque : "Elles sortent avec des milhafahs et des burkas, de sorte qu'on ne puisse rien voir d'elles. "
Donc, le bourkou (burka) existait en différentes contrées et sous des formes variées. L'origine de ce vêtement n'est pas clairement établie, et il est rarement cité dans la littérature ancienne. Il n’est en aucune manière relié au Coran ou à la Sounna. Il n'a aucune assise religieuse.
Au total : l’Occident tremble pour :
- Djilbab
- Milhafa
- Mirt
- Izar
- Dirr
- Nikab"
- Bourkou (Burka)
- Fîf
- Keblis
- Kinaà
- Yachmak
- Khimar etc …
Aucun vêtement si ce n’est le Djilbab n’est relié à l’Islam. On en a donné la définition. Et encore. Il n’était recommandé que pour les femmes (9 en tout) du Sacré Prophète. Mais que donc doivent porter nos femmes et nos filles musulmanes ? Tant de mots pour tant de mensonges. Tant de mots pour asservir la moitié de l’humanité. Allah veut il tout cela ? Seul Allah sait et n’oubliez pas : Il est « Al Kahhar » le Vainqueur. Louanges à Dieu. Car nous ne sommes que poussière.
Bien à vous.
MALI
Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des femmes esclaves par le port du "djilbab". Mais qu'était le costume de la femme tel que le voulait Mahomet ? Le mot djilbab signifie strictement une sorte de chemise, suivant le dictionnaire. C’est un vêtement de dessus, qui ressemble au grand châle ou manteau auquel on donne le nom de milhafa. Ce manteau est désigné aussi par le mot mirt. Les mirts, sont des manteaux de laine dont on se sert pour se couvrir, en guise d'izar.
Donc le djilbab peut signifier ou chemise, ou manteau, ou châle. Il faut écarter tout de suite le sens de chemise, qui ne s'accorde pas avec ce que réclame la sentence coranique. En effet, le Coran ordonne aux croyantes de ramener sur elles leur djilbab. Or la chemise, par sa forme qui habille les bras, ne permet évidemment pas d'exécuter ce que veut la règle. Les vêtements qui ont la forme d'un châle ou d'un manteau s'y prêtent parfaitement. On est donc en droit de traduire le mot djilbab par châle ou manteau. La traduction est d'autant plus légitime que le mirt était un vêtement commun que les femmes portaient par-dessus d'autres vêtements.
En résumé, il n'est nullement question là d'une pièce d'habillement spécialement adaptée à couvrir le visage : le djilbab est simplement ramené de manière à cacher la tête et une partie du visage afin de donner un aspect distinctif aux femmes libres, ainsi que le voulait Mahomet. Bref, le Djilbab est une sorte de manteau.
Deux ou trois ans après l'obligation du voile, Mahomet édicta, pour ses propres femmes, la règle de la réclusion ; ces deux commandements, solidaires entre eux, s'exagérèrent en quelque sorte l'un et l'autre, et prirent rapidement une importance disproportionnée avec la portée assez restreinte qu'ils eurent à l'origine.
Résumons : Il n'existait pas, chez les Arabes du temps de Mahomet, de pièce d'habillement ayant pour objet spécial de cacher le visage de la femme. La tradition, lorsqu'elle parle de l'habillement féminin, ne connaît rien d'autre que l'izar ou djilbab (manteau), le dirr (chemise), ou le khimar (sorte de fichu). Ces vêtements étaient portés par toutes les femmes du temps du Prophète. La littérature de l'époque ne nous en relève point d'autres.
Mais, dans les 1er et 2éme siècles de l'Hégire, le "nikab" et le "bourkou" furent introduits dans les mœurs. Ce sont deux voiles dont l'objet propre est de cacher le visage. Le « nikab » ou la « burka » ont ils une assise théologique musulmane ? Non !
Le nikab :
Ce voile n'existait nullement dans l'usage courant au temps de Mahomet. Le nikab n'était alors en usage que dans des cas exceptionnels, et comme un vêtement extraordinaire. La tradition nous rapporte qu'Aïcha sortit une fois en nikab, pour aller voir Safia, la captive israélite arrivée à la porte de Médine, que Mahomet venait d'affranchir pour la mettre au nombre de ses femmes. Ce détail, que la tradition cite comme extraordinaire, ne plaide assurément pas pour l'ancienneté de l'usage du voile. Au contraire, le nikab ne fut qu'une mode. Le nikab, devint d'un usage presque général, et eut même quelque succès parmi les chrétiens de Sicile au 6ème siècle de l'Hégire. Ibn Djobeir le note en parlant de la capitale de la Sicile : "Les dames chrétiennes de cette ville… suivent tout à fait la mode des femmes musulmanes. A l'occasion de cette fête de Noël, elles sortaient habillées de robes en soie couleur d'or, enveloppées de manteaux élégants … tout à fait en toilette de dames musulmanes». Ce qui est de fait et ce qui nous importe, c'est la généralisation du nikab. Comme toute mode vestimentaire, le nikab n’a aucune assise religieuse.
La Burka :
Le nikab, nouveauté du 1er siècle, destiné à cacher sévèrement le visage de la femme, mode, se trouva secondé dans ses effets par un autre voile du même type : le bourkou qui avait le même objet que le premier. L'usage commun de la burka ou du bourkou date à peu près de la même époque que l'usage commun du nikab.
Selon le lexicographe Djauhari, le bourkou désigne une partie de l'équipement des bêtes de somme et de l'habillement des femmes des Bédouins. Il faut croire qu’à l’époque, les bêtes de somme et les femmes devaient porter le même textile ! Il est hasardeux de se prononcer trop nettement sur le rôle propre de ce vêtement. Avait-il pour objet de protéger contre les ardeurs du climat ou contre les insectes ? Servait-il à protéger le visage des Bédouines contre les regards de l'homme ? On ne saurait le dire. On peut voir jusqu’à nos jours, des Bédouins arabes employer le voile chez les hommes, afin de se protéger contre les conséquences du brigandage, de luttes, des vengeances ou du vent de sable. Cela se voit aussi chez les Touaregs contemporains dans le Sahara. D'autres sortes de voiles sont devenus à la mode. Dans les Mille et Une Nuits, la burka n’est pas stigmatisée. On y retrouve cependant le yachmak long et noir qui, prenant sur le bout du nez, descendait jusqu'aux genoux. M. Lane mentionne le fîf ou voile du visage (des dames de la haute classe et de celles de la moyenne) qui est une longue bande de mousseline blanche. Elle couvre tout le visage, excepté les yeux, et descend à peu près jusqu'aux pieds. Le même auteur signale la aji, une sorte de crêpe noire et grossière, que quelques-unes de celles qui descendent du Prophète portent. Souvent ornée de perles fausses, de petites pièces de monnaie en or, et d'autres ornements de même métal, petits et plats, aussi de grains de corail, ou plus ordinairement d'une paire de chaînes d'airain ou d'argent, dont chacune est attachée à un des deux bouts d'en haut ( ?). En Syrie, les femmes des Bédouins, portent le keblis. Quant à l'Arabie, le keblis est porté actuellement par les femmes de La Mecque, de Djiddah et de Médine ; elles le portent blanc ou bleu. Ibn Batoutah, dit en parlant des femmes de La Mecque : "Elles sortent avec des milhafahs et des burkas, de sorte qu'on ne puisse rien voir d'elles. "
Donc, le bourkou (burka) existait en différentes contrées et sous des formes variées. L'origine de ce vêtement n'est pas clairement établie, et il est rarement cité dans la littérature ancienne. Il n’est en aucune manière relié au Coran ou à la Sounna. Il n'a aucune assise religieuse.
Au total : l’Occident tremble pour :
- Djilbab
- Milhafa
- Mirt
- Izar
- Dirr
- Nikab"
- Bourkou (Burka)
- Fîf
- Keblis
- Kinaà
- Yachmak
- Khimar etc …
Aucun vêtement si ce n’est le Djilbab n’est relié à l’Islam. On en a donné la définition. Et encore. Il n’était recommandé que pour les femmes (9 en tout) du Sacré Prophète. Mais que donc doivent porter nos femmes et nos filles musulmanes ? Tant de mots pour tant de mensonges. Tant de mots pour asservir la moitié de l’humanité. Allah veut il tout cela ? Seul Allah sait et n’oubliez pas : Il est « Al Kahhar » le Vainqueur. Louanges à Dieu. Car nous ne sommes que poussière.
Bien à vous.
MALI
jeudi 29 avril 2010
Voile et réclusion 3
Je trouve mon précédent post hyper chiatique. Je me prends la tête entre les volumes de toute cette biblio. J’ai décidé de me détendre. Qu’y a-t-il sous un foulard ? Les cheveux. Voici un hommage à toutes celles qui passent des heures à se moduler les cheveux sous l’air nouvelle d’une coiffeuse climatisée. Mais, promis, je retourne à ma bibliographie.
PS : Ce sont des vers à 12 pieds avec un rime à la sézure qui se retrouve à la fin des deux derniers vers de la strophe. Rythme 6/12 croisé.
CHEVEUX
Elle rassemble à deux mains son ample chevelure
Elle peigne le fusain, du haut de sa tonsure,
Brillante comme une armure, claire comme l’airain
Elle règle sa coiffure d’un simple coup de main.
D’un mouvement de tête, répand sur ses épaules
Sa cascade parfaite qui tombe tel un saule
Comme une auréole, qui luit sur le prophète
Sur le front de saint Paul, et sa coiffe défaite.
Elle divise au milieu sa crinière mêlée
Grand rideau de cheveux sur sa face cachée
Qui s’écarte et, parait alors, son visage de feu
Sous son front carré et le blanc de ses yeux.
Les anges volent autour de sa belle crinière
Acropole de l’amour, espoir d’une prière
Soleil dans un ciel clair, brillant en contre-jour
Promesse qui profère de l’amour pour toujours.
De ses cheveux ruissellent les longs fleuves du miel
Sur son long dos charnel ils coulent torrentiels
Vers sa lune de miel et ses dunes pastel
Qui enivrent le ciel de leurs senteurs femelles.
MALI le 16 avril 2004
PS : Ce sont des vers à 12 pieds avec un rime à la sézure qui se retrouve à la fin des deux derniers vers de la strophe. Rythme 6/12 croisé.
CHEVEUX
Elle rassemble à deux mains son ample chevelure
Elle peigne le fusain, du haut de sa tonsure,
Brillante comme une armure, claire comme l’airain
Elle règle sa coiffure d’un simple coup de main.
D’un mouvement de tête, répand sur ses épaules
Sa cascade parfaite qui tombe tel un saule
Comme une auréole, qui luit sur le prophète
Sur le front de saint Paul, et sa coiffe défaite.
Elle divise au milieu sa crinière mêlée
Grand rideau de cheveux sur sa face cachée
Qui s’écarte et, parait alors, son visage de feu
Sous son front carré et le blanc de ses yeux.
Les anges volent autour de sa belle crinière
Acropole de l’amour, espoir d’une prière
Soleil dans un ciel clair, brillant en contre-jour
Promesse qui profère de l’amour pour toujours.
De ses cheveux ruissellent les longs fleuves du miel
Sur son long dos charnel ils coulent torrentiels
Vers sa lune de miel et ses dunes pastel
Qui enivrent le ciel de leurs senteurs femelles.
MALI le 16 avril 2004
mercredi 28 avril 2010
Voile et réclusion 2
Suite de ce qu’écrivait en 1913, Mansour Fahmy, à la Librairie Félix Alcan a publié son livre, La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © Éditions Allia 1990, 2002.
Comment des textes aussi précis concernant le port du voile ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ?
Esquissons l’histoire sociale du voile :
A mesure que l'islamisme se développa et progressa dans le temps et dans l'espace, la démarcation devint plus profonde entre les diverses classes ; le voile et la réclusion prirent une importance croissante. Puis, l'islam conquit d'autres terres ; le nombre des femmes esclaves augmenta, et les femmes libres subirent de plus en plus les fâcheuses conséquences de la règle du voile et de la réclusion.
Conquête de la Perse et de la Mésopotamie d'une part, et de l'autre la Syrie, occupée depuis sept siècles par les Romains. Conquête de l'Egypte et la Nubie. En une vingtaine d'années, l'Empire arabe s'agrandit d'une manière considérable. Les conquérants se trouvèrent en contact avec d'autres civilisations. Ils se réservèrent les privilèges du vainqueur, et maintinrent leurs femmes sous le déplorable régime de la réclusion, afin de les distinguer des autres femmes.
Le prestige du voile devint bientôt général dans les hautes classes de la société musulmane. Mais la nature humaine a ses exigences et sait trouver des issues en dépit de la rigueur des mœurs, en dépit des anomalies sociales qui éloignent, pour un moment, l'homme des conditions normales et de l'équilibre régulier de sa destinée biologique. Les Mecquois, eurent vite fait de trouver, un moyen fort simple de s'affranchir pour un temps, en vue de leurs intérêts pratiques, des rigueurs de la réclusion. A La Mecque les jeunes femmes à marier sortaient sans voile pour faire une fois le tour du temple de la Kaâba, afin de donner l'occasion de les voir aux hommes qui voudraient demander leur main. Ceci est peut être le vestige d'une coutume ancienne, qui se serait maintenue malgré l'évolution générale de la société musulmane dans le sens de la réclusion. Quoi qu'il en soit, cet usage qui exista probablement durant les premiers siècles de l'Hégire palliait jusqu'à un certain point les inconvénients d'une réglementation incompatible avec les intérêts des hommes. Mais le palliatif ne tarda point à dépérir, à mesure qu'allait croissant la dégradation de la femme, à mesure que la sévérité des mœurs devenait plus grande et gagnait de proche en proche tous les pays que connaissait l'islam primitif.
En Egypte, vers la même époque, on observait la réclusion dans toute sa rigueur. Au 9ème siècle de l'Hégire, époque où le système de la réclusion fut en Egypte est à son apogée, le sultan d'Egypte promulgua l'interdiction de sortir pour toutes les femmes, sous quelque prétexte que ce fut, sauf pour les laveuses des femmes mortes. On était alors bien loin de la pleine liberté que Mahomet laissait aux femmes de faire la prière dans la mosquée et de laisser voir leur visage et leurs mains.
Mais alors, quelle est donc l’histoire du voile et qu’est ce que le voile ?
A mesure que la condition malheureuse de la femme empirait dans le monde islamique, le costume féminin se compliquait par l'effet même du système de la réclusion. Durant les premiers temps de l'islam, alors que la plupart des Arabes étaient encore nomades et que leurs villages se composaient de tentes plantées en plein désert, l'art du tailleur était à peu près ignoré. On ne distinguait trop entre le costume de l'homme et celui de la femme. L'essentiel du vêtement se réduisait à un manteau tissé en une seule pièce dont on s'enveloppait.
Plus tard, au cours de leurs conquêtes, les Arabes vainqueurs empruntèrent aux peuples vaincus diverses parties de leur habillement, et beaucoup de luxe. (Persans et Romains).
En Espagne, les Arabes, surtout pendant la dernière période de leur empire, adoptèrent, ainsi, une très grande partie des costumes des chevaliers chrétiens. En d'autres pays, les musulmans diffèrent de coiffure, d'habits, de chaussures etc. La complication accrue de l'habillement apparaît évidente quand on compare les quelques noms qui désignent les vêtements au temps de Mahomet et que nous ont conservés les anciennes traditions, avec ceux qui ont été usités dans la suite. Dozy, dans son Dictionnaire des noms de vêtements chez les Arabes, a relevé bon nombre des objets d'habillement des hommes et des femmes, et en a signalé l'origine exotique. Nous n'insisterons donc pas et nous ne retiendrons des habits portés au 1er siècle de l'Hégire que ceux sur lesquels porta la législation coranique, et qui intéressent notre étude sur la réclusion des femmes.
Il faut tout de même se rappeler que l’on peut affirmer, d'une manière à peu près absolue, d'après nos connaissances actuelles sur la vie et les mœurs des anciens Arabes de l'époque antérieure à Mahomet, qu'il n'existait pas à ce moment de pièce d'habillement ayant pour objet de soustraire le visage de la femme à la vue de l'homme. Et on peut énoncer cette affirmation d'une manière plus catégorique encore lorsqu'on parle de la société arabe du temps de Mahomet, de celle à laquelle il a dicté ses lois. Mahomet allait en compagnie de sa première femme et de son jeune cousin faire la prière en commun à la Kaâba. Les femmes prenaient part à la vie commune au point d'inquiéter les hommes, et de leur donner à craindre que leurs femmes et leurs enfants ne fussent séduits par la nouvelle doctrine.
Rien ne faisait obstacle à la familiarité des rapports courants de la vie quotidienne entre les deux sexes. C'est de ce point de départ, de cet état de choses, qui n'a rien de choquant pour nos vues modernes, qu'on en vint graduellement à l'état de séparation radicale entre hommes et femmes.
Mais pourquoi donc ce climat de confiance s’est-il détérioré ?
Suite au prochain post.
Bien à vous chers amis(es)
MALI
Comment des textes aussi précis concernant le port du voile ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ?
Esquissons l’histoire sociale du voile :
A mesure que l'islamisme se développa et progressa dans le temps et dans l'espace, la démarcation devint plus profonde entre les diverses classes ; le voile et la réclusion prirent une importance croissante. Puis, l'islam conquit d'autres terres ; le nombre des femmes esclaves augmenta, et les femmes libres subirent de plus en plus les fâcheuses conséquences de la règle du voile et de la réclusion.
Conquête de la Perse et de la Mésopotamie d'une part, et de l'autre la Syrie, occupée depuis sept siècles par les Romains. Conquête de l'Egypte et la Nubie. En une vingtaine d'années, l'Empire arabe s'agrandit d'une manière considérable. Les conquérants se trouvèrent en contact avec d'autres civilisations. Ils se réservèrent les privilèges du vainqueur, et maintinrent leurs femmes sous le déplorable régime de la réclusion, afin de les distinguer des autres femmes.
Le prestige du voile devint bientôt général dans les hautes classes de la société musulmane. Mais la nature humaine a ses exigences et sait trouver des issues en dépit de la rigueur des mœurs, en dépit des anomalies sociales qui éloignent, pour un moment, l'homme des conditions normales et de l'équilibre régulier de sa destinée biologique. Les Mecquois, eurent vite fait de trouver, un moyen fort simple de s'affranchir pour un temps, en vue de leurs intérêts pratiques, des rigueurs de la réclusion. A La Mecque les jeunes femmes à marier sortaient sans voile pour faire une fois le tour du temple de la Kaâba, afin de donner l'occasion de les voir aux hommes qui voudraient demander leur main. Ceci est peut être le vestige d'une coutume ancienne, qui se serait maintenue malgré l'évolution générale de la société musulmane dans le sens de la réclusion. Quoi qu'il en soit, cet usage qui exista probablement durant les premiers siècles de l'Hégire palliait jusqu'à un certain point les inconvénients d'une réglementation incompatible avec les intérêts des hommes. Mais le palliatif ne tarda point à dépérir, à mesure qu'allait croissant la dégradation de la femme, à mesure que la sévérité des mœurs devenait plus grande et gagnait de proche en proche tous les pays que connaissait l'islam primitif.
En Egypte, vers la même époque, on observait la réclusion dans toute sa rigueur. Au 9ème siècle de l'Hégire, époque où le système de la réclusion fut en Egypte est à son apogée, le sultan d'Egypte promulgua l'interdiction de sortir pour toutes les femmes, sous quelque prétexte que ce fut, sauf pour les laveuses des femmes mortes. On était alors bien loin de la pleine liberté que Mahomet laissait aux femmes de faire la prière dans la mosquée et de laisser voir leur visage et leurs mains.
Mais alors, quelle est donc l’histoire du voile et qu’est ce que le voile ?
A mesure que la condition malheureuse de la femme empirait dans le monde islamique, le costume féminin se compliquait par l'effet même du système de la réclusion. Durant les premiers temps de l'islam, alors que la plupart des Arabes étaient encore nomades et que leurs villages se composaient de tentes plantées en plein désert, l'art du tailleur était à peu près ignoré. On ne distinguait trop entre le costume de l'homme et celui de la femme. L'essentiel du vêtement se réduisait à un manteau tissé en une seule pièce dont on s'enveloppait.
Plus tard, au cours de leurs conquêtes, les Arabes vainqueurs empruntèrent aux peuples vaincus diverses parties de leur habillement, et beaucoup de luxe. (Persans et Romains).
En Espagne, les Arabes, surtout pendant la dernière période de leur empire, adoptèrent, ainsi, une très grande partie des costumes des chevaliers chrétiens. En d'autres pays, les musulmans diffèrent de coiffure, d'habits, de chaussures etc. La complication accrue de l'habillement apparaît évidente quand on compare les quelques noms qui désignent les vêtements au temps de Mahomet et que nous ont conservés les anciennes traditions, avec ceux qui ont été usités dans la suite. Dozy, dans son Dictionnaire des noms de vêtements chez les Arabes, a relevé bon nombre des objets d'habillement des hommes et des femmes, et en a signalé l'origine exotique. Nous n'insisterons donc pas et nous ne retiendrons des habits portés au 1er siècle de l'Hégire que ceux sur lesquels porta la législation coranique, et qui intéressent notre étude sur la réclusion des femmes.
Il faut tout de même se rappeler que l’on peut affirmer, d'une manière à peu près absolue, d'après nos connaissances actuelles sur la vie et les mœurs des anciens Arabes de l'époque antérieure à Mahomet, qu'il n'existait pas à ce moment de pièce d'habillement ayant pour objet de soustraire le visage de la femme à la vue de l'homme. Et on peut énoncer cette affirmation d'une manière plus catégorique encore lorsqu'on parle de la société arabe du temps de Mahomet, de celle à laquelle il a dicté ses lois. Mahomet allait en compagnie de sa première femme et de son jeune cousin faire la prière en commun à la Kaâba. Les femmes prenaient part à la vie commune au point d'inquiéter les hommes, et de leur donner à craindre que leurs femmes et leurs enfants ne fussent séduits par la nouvelle doctrine.
Rien ne faisait obstacle à la familiarité des rapports courants de la vie quotidienne entre les deux sexes. C'est de ce point de départ, de cet état de choses, qui n'a rien de choquant pour nos vues modernes, qu'on en vint graduellement à l'état de séparation radicale entre hommes et femmes.
Mais pourquoi donc ce climat de confiance s’est-il détérioré ?
Suite au prochain post.
Bien à vous chers amis(es)
MALI
vendredi 16 avril 2010
Une catapulte vers le Paradis
Imaginez, imaginez une catapulte vers le Paradis. Vous mourez, on vous enterre proche de la catapulte afin que celle-ci ne vous oublie pas et vous pousse vers le Paradis. Même Dieu n’a pas son mot à dire.
Où se trouve cette catapulte ?
Que faut-il faire pour y accéder ?
Comment ai-je découvert cela ?
Petite histoire :
J'ai beaucoup d'amis juifs. Certains, voire la majorité, sont des amis d'enfance. On s'est retrouvés il y a un mois à Paris dans le cadre d’une réunion des anciens élèves de l'école de.... plus de 120 personnes dont une dizaine de chrétiens, une dizaines de musulmans et une centaines de juifs. Le resto, bien entendu, était Kascher. Jamais je n’ai été tant embrassé. Des meufs et des keums que je n’ai pas vus depuis 35 ans. Très émouvant. Beaucoup pleuraient. Pourquoi ? Ils pleuraient le pays, la douceur de l’enfance, la géopolitique qui nous a séparés, le bon vieux temps. J’ai vu les photos de Sarah décimée par un cancer du sein, les photos de Guytou mort dans un accident de moto etc. J’ai revu des meufs avec qui j’ai eu mes premiers flirts. Bref et sans tomber dans le pathos c’était super émouvant. Tant de temps, tant d’amitié, tant d’amour.
Au fil des discussions et au-delà de l’émotion j’ai appris des choses intéressantes. Tous mes amis juifs présents ce jour là ont enterré leurs parents en…Israël. L’ambiance, mêlée aux vapeurs d’alcool, m’a permis de demander : mais pourquoi vous enterrez vos parents en Israël alors que leur pays est la Tunisie ou la France ? Cette question me brulait les lèvres. Car moi je veux être enterré proche de l’endroit de ma mort. Si je meurs à Moscou, on m’enterre à Moscou, si c’est à Albuquerque alors à cet endroit, si c’est à Amboise alors c’est à Amboise, si c’est au Swaziland alors ce sera là-bas. Logique. Quand on meurt l’endroit de l’inhumation ne concerne plus le mort. Puisqu’il ne peut plus prendre de décision. Et ceux qui laissent des recommandations sont aussi hypertrophiques de l’égo que les pharaons.
Que nenni. Les juifs veulent être enterrés en Israël. Et seulement là. Pourquoi ? Parce que j’ai enfin compris que Israël et surtout Jérusalem est une catapulte vers le Paradis. Tu veux aller au paradis sans visa ni emmerdement ? Fais-toi enterrer à Jérusalem. La Voie vers le Paradis est le Rocher. Le Rocher contient une bretelle d’accès vers le Paradis sans passer par la case départ et sans payer. Incroyable !
Ce fameux Rocher se trouve sous le dôme du même nom. D’après ce que j’ai compris, le Dôme du Rocher se trouve au centre de la mosquée d’Omar mais n’en fait pas partie. Ce sont des chrétiens qui en ont la clef et des juifs qui en autorisent l’accès. C’est sur ce Rocher que le cheval volant du Prophète aurait atterri un 27 du mois de Ramadhan. Bref, imaginez que ce Rocher soit un gigantesque entonnoir, une espèce de trou noir qui vous aspire si vous êtes enterré à proximité, et vous mène directement au Paradis.
Bon. J’ai au cours de cette réunion trouvé un ami israélien qui est prêt à me chaperonner pour une visite à Jérusalem (et pour le visa). Aux deux Jérusalem (sans polémique). Car c’est mon rêve. Peut être y trouverai je une place dans le cimetière proche du Rocher ?
Si ce rêve se concrétise je vous en parlerai.
Bien à vous et Salam aleîkom.
MALI
Où se trouve cette catapulte ?
Que faut-il faire pour y accéder ?
Comment ai-je découvert cela ?
Petite histoire :
J'ai beaucoup d'amis juifs. Certains, voire la majorité, sont des amis d'enfance. On s'est retrouvés il y a un mois à Paris dans le cadre d’une réunion des anciens élèves de l'école de.... plus de 120 personnes dont une dizaine de chrétiens, une dizaines de musulmans et une centaines de juifs. Le resto, bien entendu, était Kascher. Jamais je n’ai été tant embrassé. Des meufs et des keums que je n’ai pas vus depuis 35 ans. Très émouvant. Beaucoup pleuraient. Pourquoi ? Ils pleuraient le pays, la douceur de l’enfance, la géopolitique qui nous a séparés, le bon vieux temps. J’ai vu les photos de Sarah décimée par un cancer du sein, les photos de Guytou mort dans un accident de moto etc. J’ai revu des meufs avec qui j’ai eu mes premiers flirts. Bref et sans tomber dans le pathos c’était super émouvant. Tant de temps, tant d’amitié, tant d’amour.
Au fil des discussions et au-delà de l’émotion j’ai appris des choses intéressantes. Tous mes amis juifs présents ce jour là ont enterré leurs parents en…Israël. L’ambiance, mêlée aux vapeurs d’alcool, m’a permis de demander : mais pourquoi vous enterrez vos parents en Israël alors que leur pays est la Tunisie ou la France ? Cette question me brulait les lèvres. Car moi je veux être enterré proche de l’endroit de ma mort. Si je meurs à Moscou, on m’enterre à Moscou, si c’est à Albuquerque alors à cet endroit, si c’est à Amboise alors c’est à Amboise, si c’est au Swaziland alors ce sera là-bas. Logique. Quand on meurt l’endroit de l’inhumation ne concerne plus le mort. Puisqu’il ne peut plus prendre de décision. Et ceux qui laissent des recommandations sont aussi hypertrophiques de l’égo que les pharaons.
Que nenni. Les juifs veulent être enterrés en Israël. Et seulement là. Pourquoi ? Parce que j’ai enfin compris que Israël et surtout Jérusalem est une catapulte vers le Paradis. Tu veux aller au paradis sans visa ni emmerdement ? Fais-toi enterrer à Jérusalem. La Voie vers le Paradis est le Rocher. Le Rocher contient une bretelle d’accès vers le Paradis sans passer par la case départ et sans payer. Incroyable !
Ce fameux Rocher se trouve sous le dôme du même nom. D’après ce que j’ai compris, le Dôme du Rocher se trouve au centre de la mosquée d’Omar mais n’en fait pas partie. Ce sont des chrétiens qui en ont la clef et des juifs qui en autorisent l’accès. C’est sur ce Rocher que le cheval volant du Prophète aurait atterri un 27 du mois de Ramadhan. Bref, imaginez que ce Rocher soit un gigantesque entonnoir, une espèce de trou noir qui vous aspire si vous êtes enterré à proximité, et vous mène directement au Paradis.
Bon. J’ai au cours de cette réunion trouvé un ami israélien qui est prêt à me chaperonner pour une visite à Jérusalem (et pour le visa). Aux deux Jérusalem (sans polémique). Car c’est mon rêve. Peut être y trouverai je une place dans le cimetière proche du Rocher ?
Si ce rêve se concrétise je vous en parlerai.
Bien à vous et Salam aleîkom.
MALI
mercredi 7 avril 2010
Voile et réclusion 1
En 1913, Mansour Fahmy, à la Librairie Félix Alcan a publié son livre, La Condition de la femme dans la tradition et l'évolution de l'islamisme. © Éditions Allia 1990, 2002.
Voici ce que dit Mansour Fahmy à propos de son livre : « Mahomet eut beau vouloir relever, en théorie, la condition du sexe dont les charmes ont agi si profondément sur sa sensibilité poétique, en dépit de ses intentions, l'islam la dégrada. Il a protégé les femmes contre l'agression de l'homme, mais il les a étouffées en rendant difficile l'échange entre elles et la société qui les entoure, et par là, il leur a ôté les moyens mêmes de profiter de cette protection. ».
La démonstration de cet auteur consiste à prouver que le port du voile en pays musulman n’est pas lié aux moeurs sexuelles de l’époque mais aux impératifs sociaux. Je vais essayer d’esquisser ce que l’on pensait, il y a un siècle, du voile et de la réclusion en Islam.
Tout laisse à penser que la prescription du voile et de la réclusion ont été dictées par Allah pour les femmes du Prophètes et à elles seules :
- Déjà dans les années 1880, un savant hollandais, le professeur Snouck Hurgronje, de Leyde, fit la critique d'une erreur généralement admise : « Il est singulier de voir des savants européens chercher à s’appuyer sur le verset 53 du chapitre 32. Or il ne s'agit, en ce passage, ni du voile ni des femmes musulmanes considérés d'ensemble…Ce verset, en effet, concerne uniquement les femmes du Prophète. Et pour cause, Mahomet a fort bien distingué entre ses propres femmes et celles des autres. Les prophètes (David, Salomon, etc. et Mahomet), sont de la classe dite sacrée. Ils sont tous des hommes et ont toujours su se réserver des privilèges en ce qui concerne le nombre, la conduite et la vie de leurs femmes. »
- Il faut noter qu'un verset du Coran recommande aux femmes (en général) de garder une tenue correcte (chap. 33, v. 59). Mahomet, qui a eu jusqu’à 9 femmes légitimes, pour prévenir toute tentation diabolique, interdisait la solitude avec une femme. De ces germes, un usage naquit, grandit et se développa dans certains pays et dans certaines classes, alors qu'ailleurs il ne parvenait pas à s'implanter. Certains milieux se sont montrés favorables au voile et à ce qu'il comporte, d'autres s'y sont montrés réfractaires. Il appartient à l'analyse historique et sociale de définir les raisons de ces différences.
- A en croire les traditions, c'est Omar, l'un des amis du Prophète, qui aurait conseillé à celui-ci de séquestrer ses femmes : "O envoyé de Dieu, aurait dit Omar à Mahomet, tes femmes reçoivent les honnêtes et les malhonnêtes entre les hommes ; n'ordonneras-tu point la réclusion des mères des croyants" (Housn al oussoua). « Séquestre tes femmes » (Bokhari), aurait-il dit, selon d'autres traditions, au Prophète qui hésitait à prendre une pareille mesure.
- Il est fort possible que, sur les instances de son ami, Mahomet ait formulé l'ordre divin de mettre obstacle aux libres rapports entre femmes et hommes. D'après la tradition, cette révélation fut promulguée en l'an 5 de l'Hégire, le soir des noces du Prophète avec Zeinab Bint Djahch. Mahomet, nous dit la tradition, avait invité beaucoup de monde à ses noces avec Zeinab. Les convives, au lieu de s'en aller après le dîner, demeurèrent. Mahomet, souhaitait vivement que ces invités se décidassent à prendre congé de lui. Il le leur manifesta, mais ils n'y firent aucune attention, Le Prophète invoqua alors le secours de Dieu. Dieu intima donc à son envoyé l'ordre d'informer les hommes qu'ils ne devaient pas prolonger la séance après le festin, de ne pas de causer directement avec les femmes du Prophète, à moins qu'elles fussent isolées d'eux par quelque écran qui les défendît des regards.
Les classes sociales et les rites :
Un lien assez étroit lie le problème du voile et de la réclusion des femmes à celui des classes. Dans l'Orient musulman, il y a deux classes : les classes riches avec leur "harem" et la classe des travailleurs et des ouvriers, dans laquelle, chacun, en général, a une femme unique avec laquelle il partage sa besogne et sa vie. Pour la première, la femme elle est un objet, que l'homme avilit et réserve pour son égoïsme. Pour la seconde, Elle est aussi libre que son époux, apporte sa part d'activité, de sentiments et de pensées à la lutte commune, et elle travaille côte à côte avec son mari pour gagner leur vie. La sentence coranique du chapitre 32 concerne uniquement les femmes de Mahomet. Elle insiste aussi sur le fait que le hidjab prescrit par le Prophète à ses femmes (classe supérieure) ne doit pas nécessairement être obligé à toutes les musulmanes (autres classes). L’Islam n'interdit aucunement que l'on voie le visage de la femme, et même que certains actes de dévotion du pèlerinage n’obligent pas les femmes de se cachent la figure ou les mains.
- La parole d’Allah dit : "O Prophète, dis à tes femmes, à tes filles, aux femmes des croyants d'abaisser sur leur front leur djilbab, on les distinguera par là, et elles ne seront pas exposées à être insultées". C’est clair. Mais nous notons d'abord que, d'après les lexicographes, le djilbab rapproché du khimar, de la milaah, du ridaa ou même du iza, sont des noms de vêtements, un habit qu'on met pour sortir, en sorte que ce verset énonce une prescription pour l'habillement des femmes qui sortent de leurs demeures, et a pour objet de leur fournir un aspect qui les distingue des esclaves ou des femmes de classes inférieures, lesquelles sortent sans rien mettre par-dessus leurs vêtements domestiques. Ce commandement coranique ne contient manifestement aucune prescription générale qui enjoigne aux femmes de se voiler le visage, et l'on se donne une peine inutile lorsqu'on cherche à tirer argument de ce texte pour expliquer et justifier l'usage du voile dans certains pays de l'islam. Néanmoins, reconnaissons qu'on peut à la rigueur y trouver, au moins en germe, une obligation d'une tenue d'où a pu dériver l'idée de costumes plus ou moins adaptés à cacher le visage.
- Les rites : Les prescriptions relatives à l'obligation du voile sont plutôt l'effet des mœurs. Dans l'histoire de l'islamisme, il est en effet souvent difficile de séparer le point de vue social du point de vue purement religieux. L'islam s'est donné pour tâche de régler la vie des croyants jusque dans ses détails, mais, au cours de son développement historique, il s'est vu contraint de s'adapter aux nécessités sociales, aux conditions contradictoires de la réalité humaine. Chez les chaféites, il est sounnah (c'est-à-dire préféré) de voir la femme avant le mariage. Un homme ayant annoncé à Mahomet qu'il venait de se fiancer à une femme, le Prophète lui recommanda de la voir (Moslim).
Si le Texte n'est pas un texte probant pour la prescription du voile, il l'est, par contre, en ce qui concerne la distinction des classes. En commandant aux femmes des croyants d'avoir une tenue spéciale, le Dieu du Coran voulait qu'elles fussent ainsi distinguées des femmes esclaves, afin d’éviter des rencontres inopportunes. En vue de prévenir pareille déconvenue, Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des autres par leur tenue. En somme, la religion et la loi religieuse sont, au moins directement, hors de cause en ce qui concerne le voile s’il n’y a pas de classes sociales dans la société. Le port ou non du voile est donc une convention des musulmans. Le voile est l'oeuvre des mœurs. Dans les premiers siècles de l'Hégire, le voile et la réclusion des femmes n'eurent d'autre motif, ni d'autre but que celui qui a été signalé plus haut, à savoir : la distinction des classes.
Au total
Le voile, recommandé par Allah aux femmes du prophète,
- est une affaire de moeurs,
- il sert à distinguer les classes sociales
Un mécréant saurait passer le pas et le comparer à une certaine étoile jaune funeste.
Comment alors des textes aussi précis ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ? Suite au prochain post.
Voici ce que dit Mansour Fahmy à propos de son livre : « Mahomet eut beau vouloir relever, en théorie, la condition du sexe dont les charmes ont agi si profondément sur sa sensibilité poétique, en dépit de ses intentions, l'islam la dégrada. Il a protégé les femmes contre l'agression de l'homme, mais il les a étouffées en rendant difficile l'échange entre elles et la société qui les entoure, et par là, il leur a ôté les moyens mêmes de profiter de cette protection. ».
La démonstration de cet auteur consiste à prouver que le port du voile en pays musulman n’est pas lié aux moeurs sexuelles de l’époque mais aux impératifs sociaux. Je vais essayer d’esquisser ce que l’on pensait, il y a un siècle, du voile et de la réclusion en Islam.
Tout laisse à penser que la prescription du voile et de la réclusion ont été dictées par Allah pour les femmes du Prophètes et à elles seules :
- Déjà dans les années 1880, un savant hollandais, le professeur Snouck Hurgronje, de Leyde, fit la critique d'une erreur généralement admise : « Il est singulier de voir des savants européens chercher à s’appuyer sur le verset 53 du chapitre 32. Or il ne s'agit, en ce passage, ni du voile ni des femmes musulmanes considérés d'ensemble…Ce verset, en effet, concerne uniquement les femmes du Prophète. Et pour cause, Mahomet a fort bien distingué entre ses propres femmes et celles des autres. Les prophètes (David, Salomon, etc. et Mahomet), sont de la classe dite sacrée. Ils sont tous des hommes et ont toujours su se réserver des privilèges en ce qui concerne le nombre, la conduite et la vie de leurs femmes. »
- Il faut noter qu'un verset du Coran recommande aux femmes (en général) de garder une tenue correcte (chap. 33, v. 59). Mahomet, qui a eu jusqu’à 9 femmes légitimes, pour prévenir toute tentation diabolique, interdisait la solitude avec une femme. De ces germes, un usage naquit, grandit et se développa dans certains pays et dans certaines classes, alors qu'ailleurs il ne parvenait pas à s'implanter. Certains milieux se sont montrés favorables au voile et à ce qu'il comporte, d'autres s'y sont montrés réfractaires. Il appartient à l'analyse historique et sociale de définir les raisons de ces différences.
- A en croire les traditions, c'est Omar, l'un des amis du Prophète, qui aurait conseillé à celui-ci de séquestrer ses femmes : "O envoyé de Dieu, aurait dit Omar à Mahomet, tes femmes reçoivent les honnêtes et les malhonnêtes entre les hommes ; n'ordonneras-tu point la réclusion des mères des croyants" (Housn al oussoua). « Séquestre tes femmes » (Bokhari), aurait-il dit, selon d'autres traditions, au Prophète qui hésitait à prendre une pareille mesure.
- Il est fort possible que, sur les instances de son ami, Mahomet ait formulé l'ordre divin de mettre obstacle aux libres rapports entre femmes et hommes. D'après la tradition, cette révélation fut promulguée en l'an 5 de l'Hégire, le soir des noces du Prophète avec Zeinab Bint Djahch. Mahomet, nous dit la tradition, avait invité beaucoup de monde à ses noces avec Zeinab. Les convives, au lieu de s'en aller après le dîner, demeurèrent. Mahomet, souhaitait vivement que ces invités se décidassent à prendre congé de lui. Il le leur manifesta, mais ils n'y firent aucune attention, Le Prophète invoqua alors le secours de Dieu. Dieu intima donc à son envoyé l'ordre d'informer les hommes qu'ils ne devaient pas prolonger la séance après le festin, de ne pas de causer directement avec les femmes du Prophète, à moins qu'elles fussent isolées d'eux par quelque écran qui les défendît des regards.
Les classes sociales et les rites :
Un lien assez étroit lie le problème du voile et de la réclusion des femmes à celui des classes. Dans l'Orient musulman, il y a deux classes : les classes riches avec leur "harem" et la classe des travailleurs et des ouvriers, dans laquelle, chacun, en général, a une femme unique avec laquelle il partage sa besogne et sa vie. Pour la première, la femme elle est un objet, que l'homme avilit et réserve pour son égoïsme. Pour la seconde, Elle est aussi libre que son époux, apporte sa part d'activité, de sentiments et de pensées à la lutte commune, et elle travaille côte à côte avec son mari pour gagner leur vie. La sentence coranique du chapitre 32 concerne uniquement les femmes de Mahomet. Elle insiste aussi sur le fait que le hidjab prescrit par le Prophète à ses femmes (classe supérieure) ne doit pas nécessairement être obligé à toutes les musulmanes (autres classes). L’Islam n'interdit aucunement que l'on voie le visage de la femme, et même que certains actes de dévotion du pèlerinage n’obligent pas les femmes de se cachent la figure ou les mains.
- La parole d’Allah dit : "O Prophète, dis à tes femmes, à tes filles, aux femmes des croyants d'abaisser sur leur front leur djilbab, on les distinguera par là, et elles ne seront pas exposées à être insultées". C’est clair. Mais nous notons d'abord que, d'après les lexicographes, le djilbab rapproché du khimar, de la milaah, du ridaa ou même du iza, sont des noms de vêtements, un habit qu'on met pour sortir, en sorte que ce verset énonce une prescription pour l'habillement des femmes qui sortent de leurs demeures, et a pour objet de leur fournir un aspect qui les distingue des esclaves ou des femmes de classes inférieures, lesquelles sortent sans rien mettre par-dessus leurs vêtements domestiques. Ce commandement coranique ne contient manifestement aucune prescription générale qui enjoigne aux femmes de se voiler le visage, et l'on se donne une peine inutile lorsqu'on cherche à tirer argument de ce texte pour expliquer et justifier l'usage du voile dans certains pays de l'islam. Néanmoins, reconnaissons qu'on peut à la rigueur y trouver, au moins en germe, une obligation d'une tenue d'où a pu dériver l'idée de costumes plus ou moins adaptés à cacher le visage.
- Les rites : Les prescriptions relatives à l'obligation du voile sont plutôt l'effet des mœurs. Dans l'histoire de l'islamisme, il est en effet souvent difficile de séparer le point de vue social du point de vue purement religieux. L'islam s'est donné pour tâche de régler la vie des croyants jusque dans ses détails, mais, au cours de son développement historique, il s'est vu contraint de s'adapter aux nécessités sociales, aux conditions contradictoires de la réalité humaine. Chez les chaféites, il est sounnah (c'est-à-dire préféré) de voir la femme avant le mariage. Un homme ayant annoncé à Mahomet qu'il venait de se fiancer à une femme, le Prophète lui recommanda de la voir (Moslim).
Si le Texte n'est pas un texte probant pour la prescription du voile, il l'est, par contre, en ce qui concerne la distinction des classes. En commandant aux femmes des croyants d'avoir une tenue spéciale, le Dieu du Coran voulait qu'elles fussent ainsi distinguées des femmes esclaves, afin d’éviter des rencontres inopportunes. En vue de prévenir pareille déconvenue, Mahomet prescrivit aux femmes libres de se distinguer des autres par leur tenue. En somme, la religion et la loi religieuse sont, au moins directement, hors de cause en ce qui concerne le voile s’il n’y a pas de classes sociales dans la société. Le port ou non du voile est donc une convention des musulmans. Le voile est l'oeuvre des mœurs. Dans les premiers siècles de l'Hégire, le voile et la réclusion des femmes n'eurent d'autre motif, ni d'autre but que celui qui a été signalé plus haut, à savoir : la distinction des classes.
Au total
Le voile, recommandé par Allah aux femmes du prophète,
- est une affaire de moeurs,
- il sert à distinguer les classes sociales
Un mécréant saurait passer le pas et le comparer à une certaine étoile jaune funeste.
Comment alors des textes aussi précis ont pu perdre toute leur valeur pratique, et comment la réclusion a pu devenir si rigoureuse ? Comment expliquer que les mœurs de certains pays musulmans et de certaines classes interdisent strictement de voir le visage d'une femme ? Suite au prochain post.
samedi 10 octobre 2009
Amour et vélo
Je vais vous parler de ma définition de l’amour. Je peux me tromper et je compte sur vous pour me rectifier.
Attention chaque mot est hyper important. L’ amour est un Élan, irraisonné, inexplicable, désintéressé, inexcusable, total, et délicieux vers l’autre. Dans l’Amour donc ne rentre aucune considération raisonnée (bonne famille, joli, gagne bien sa vie, gentil, etc. etc. ) On peut tomber amoureux d’un truand, d’un violeur, d’un ogre, d’un nain ou d’un saint ou d'une pute. Sans aucune explication.
C’est donc un élan. Comme tout élan, (vous avez sûrement déjà piloté un vélo) il tend à s’épuiser. C’est (pour les scientifiques) une Énergie (cinétique puisqu’elle dépend de ½ de m v2) Pour l’acquérir il faut une poussée (le coup de foudre) (pour les scientifiques : une énergie électrique qui dépend de la différence de potentiel électrique donc de l’ionisation). A partir de cet Élan qui nous porte vers l’être aimé, il faut l’entretenir. Donc pédaler (les efforts que l’on fait vers l’autre). Surtout que parfois la route monte ! alors il faut pédaler et fournir un effort supplémentaire. L’amour est ainsi. Après l’Élan initial il faut faire des efforts (conjoints bien sûr) pour que cet Élan puisse encore nous porter. Quand le vélo s’arrête. L’amour est fini. Soit que l’on n’a pas suffisamment pédalé, soit que la pente est infranchissable. Il faut alors, soit réparer le vélo (revoir ses relations avec autrui), soit changer de braqué (revoir sa façon de vivre), changer de vélo (changer de partenaire) ! Mais in fine l’effort est là.Quand on envie de pédaler pour quelqu’un (une) c’est qu’on l’aime tant que nous pédalerons. A moins que nous soyons sur un tandem.
Certains mettent des images, d'autres de la musique ou de la vidéo afin d'illustrer leur post. J'illustre mon commentaire par ce poème qui montre toute l'ambiguité de l'amour car souvent l'objet de l'amour n'est pas l'être aimé mais son jumeau...tel que nous le rêvons. En tout état de cause ce poème reflète encore une fois la difficulté, que dis je, l’absolue déraison de l’Amour. A toutes ces femmes qui souffrent (qui sont passionnées). Chut … c’est une femme qui parle, écoutez bien :
Toi
J’aurais si bien voulu te haïr t’abjurer,
Nier l’envie goulue de te discréditer
Te déconsidérer, toi insaisissable
et fouler à mes pieds tes us implacables.
Et te désavouer, te dénigrer, surtout
Enfin te mépriser toi, le grand Manitou
Renégat des rêves, pathétique et hautain
Entier et sans trêve, méprisable pantin.
Mais je suis inapte, car ton courage est sûr
Je sais que tu capte ma dévotion pure.
Fier, surtout courageux, altier mais renégat
impitoyable Dieu, criant son Hosanna.
Méprisable et dévot, Tartuffe moderne
J’ai tant aimé tes mots, douces balivernes,
Mais j’aime ton jumeau, je retiens ton double
condensé de grumeaux de ton eau si trouble.
Car ton alter ego, tout entier dans mon cœur
Effacé et héro sans aucune rancœur,
Il m’est sympathique malgré sa paresse
Son coté pathétique et ses fausses caresses.
Rêveur mais éveillé, cet homme effacé
est facile à gérer, est facile à aimer
Il suffit d’un sourire pour le rendre bien gai
Il suffit d’un délire pour mon éternité.
Mais mon corps est pur-sang et rejette tous deux,
Vous les frères de sang, schizophrènes milieu
Vous les frères ennemis, lumières et néants
cauchemars de mes nuits, nuits de caméléon.
Mais quel choix cornélien ! La raison du plus fort ?
Charognard des humains, hyène ou, toréador ?
Et je serai pour toi, moi perte banale
conquête de son Roi, dégât collatéral.
Ma perte sera moi !
Je vous déteste.
Je vous broie
Le reste
Toi
Attention chaque mot est hyper important. L’ amour est un Élan, irraisonné, inexplicable, désintéressé, inexcusable, total, et délicieux vers l’autre. Dans l’Amour donc ne rentre aucune considération raisonnée (bonne famille, joli, gagne bien sa vie, gentil, etc. etc. ) On peut tomber amoureux d’un truand, d’un violeur, d’un ogre, d’un nain ou d’un saint ou d'une pute. Sans aucune explication.
C’est donc un élan. Comme tout élan, (vous avez sûrement déjà piloté un vélo) il tend à s’épuiser. C’est (pour les scientifiques) une Énergie (cinétique puisqu’elle dépend de ½ de m v2) Pour l’acquérir il faut une poussée (le coup de foudre) (pour les scientifiques : une énergie électrique qui dépend de la différence de potentiel électrique donc de l’ionisation). A partir de cet Élan qui nous porte vers l’être aimé, il faut l’entretenir. Donc pédaler (les efforts que l’on fait vers l’autre). Surtout que parfois la route monte ! alors il faut pédaler et fournir un effort supplémentaire. L’amour est ainsi. Après l’Élan initial il faut faire des efforts (conjoints bien sûr) pour que cet Élan puisse encore nous porter. Quand le vélo s’arrête. L’amour est fini. Soit que l’on n’a pas suffisamment pédalé, soit que la pente est infranchissable. Il faut alors, soit réparer le vélo (revoir ses relations avec autrui), soit changer de braqué (revoir sa façon de vivre), changer de vélo (changer de partenaire) ! Mais in fine l’effort est là.Quand on envie de pédaler pour quelqu’un (une) c’est qu’on l’aime tant que nous pédalerons. A moins que nous soyons sur un tandem.
Certains mettent des images, d'autres de la musique ou de la vidéo afin d'illustrer leur post. J'illustre mon commentaire par ce poème qui montre toute l'ambiguité de l'amour car souvent l'objet de l'amour n'est pas l'être aimé mais son jumeau...tel que nous le rêvons. En tout état de cause ce poème reflète encore une fois la difficulté, que dis je, l’absolue déraison de l’Amour. A toutes ces femmes qui souffrent (qui sont passionnées). Chut … c’est une femme qui parle, écoutez bien :
Toi
J’aurais si bien voulu te haïr t’abjurer,
Nier l’envie goulue de te discréditer
Te déconsidérer, toi insaisissable
et fouler à mes pieds tes us implacables.
Et te désavouer, te dénigrer, surtout
Enfin te mépriser toi, le grand Manitou
Renégat des rêves, pathétique et hautain
Entier et sans trêve, méprisable pantin.
Mais je suis inapte, car ton courage est sûr
Je sais que tu capte ma dévotion pure.
Fier, surtout courageux, altier mais renégat
impitoyable Dieu, criant son Hosanna.
Méprisable et dévot, Tartuffe moderne
J’ai tant aimé tes mots, douces balivernes,
Mais j’aime ton jumeau, je retiens ton double
condensé de grumeaux de ton eau si trouble.
Car ton alter ego, tout entier dans mon cœur
Effacé et héro sans aucune rancœur,
Il m’est sympathique malgré sa paresse
Son coté pathétique et ses fausses caresses.
Rêveur mais éveillé, cet homme effacé
est facile à gérer, est facile à aimer
Il suffit d’un sourire pour le rendre bien gai
Il suffit d’un délire pour mon éternité.
Mais mon corps est pur-sang et rejette tous deux,
Vous les frères de sang, schizophrènes milieu
Vous les frères ennemis, lumières et néants
cauchemars de mes nuits, nuits de caméléon.
Mais quel choix cornélien ! La raison du plus fort ?
Charognard des humains, hyène ou, toréador ?
Et je serai pour toi, moi perte banale
conquête de son Roi, dégât collatéral.
Ma perte sera moi !
Je vous déteste.
Je vous broie
Le reste
Toi
mardi 29 septembre 2009
L'amour peut-il être défini ?
Nous nous sommes tous demandé à un moment donné de notre vie la définition de l’amour. Suis-je amoureux, puis je lui dire « je t’aime » ?Qu’est ce que l’amour ?
La définition du dictionnaire est floue : l’amour est cette attirance, affective ou physique, qu’en raison d’une certaine affinité, un être éprouve pour un autre être. Cette définition est assez vague car on pourrait substituer l’amour par une simple liaison ou une simple union.
Cherchons donc une définition plus « scientifique » :
- Si l’on réfléchit bien, on se rend compte que le cœur humain n’a que deux ressorts, l’ambition et l’amour. Sous le nom d’amour, on peut comprendre toutes les passions expansives qui portent l’homme hors de lui-même, lui créent un but, des objets supérieurs à sa vie propre, le font comme exister dans autrui, ou pour autrui. Dans cette définition, on se rend compte que parce qu’il s’agit d’un ressort, l’amour ne peut être qu’une énergie, au sens physique du terme. Dans le cas du ressort, une énergie potentielle emmagasinée dans ses spires. Mais peut on parler d’énergie physique en amour et l’exprimer en kilojoules ?
- L’amour, c’est l’âme qui ne meurt pas, qui va croissant, montant comme la flamme et pourtant l’amour, sous toutes les formes, domine notre vie entière : amour filial, amour fraternel, amour conjugal, amour paternel ou maternel, amitié, bienfaisance, charité, philanthropie, l’amour est partout, il est notre vie même. Mais si l’amour est une flamme, il va finir par se consumer et se tarir. Pas vraiment bonne cette définition.
Toujours en scientifique : si je vous disais que l’amour est un principe d’union universelle ? Aristote déjà trouvait une Loi Universelle de l’amour. Depuis le Créateur jusqu’à la plus humble des créatures, rien n’échappe à la grande loi de l’amour :
- Les corps simples tendent par l’attraction, qui est une sorte d’amour, au point de l’espace qui leur fut destiné (Lois de la gravitation universelle).- Les corps composés ont une sympathie, un amour du même genre que le précédent, pour les lieux où ils se formèrent; ils y acquièrent la plénitude de leur développement; ils en tirent toutes leurs vertus.- Les plantes manifestent déjà une préférence, un amour plus marqué, pour les climats, les expositions, les terrains plus favorables à leur complexion.- Les animaux donnent des signes d’un attachement plus vif, d’un amour aisément reconnaissable, qui les rapproche entre eux et quelquefois les rapproche de l’homme. Car le cheval galope pour galoper, et le moment où il va partir, s’élancer, le beau moment où il sent en lui-même la pression de la vie, c’est l’amour, créateur de tout.
Mais si l’amour est une Loi Universelle, comme la vitesse de la lumière tout le monde devrait être amoureux. Pourtant certains n’aiment personne et n’aiment rien. Donc là aussi cette définition est incomplète.
Allons plus loin : L’amour serait il une nature ? L’homme est doué d’un amour qui lui est propre pour les choses honnêtes et parfaites ? Le moraliste qui a dit : « Aimez-vous les uns les autres » n’a pas trouvé là un grand secret. J’accorde bien que l’amour est la vraie richesse vitale. C’est un merveilleux mouvement pour sortir de soi, pour se jeter dans l’action, et s’y dépenser, et s’y perdre, sans petits calculs. Je sais aussi que lorsque l’amour manque, comme il arrive dans l’extrême fatigue ou dans l’extrême vieillesse (qui ne sont qu’extrême avarice) il n’y a plus rien à espérer de bon, ni même de mauvais. Mais ce régime de parfaite prudence nous approche de la mort, et il ne dure guère.
« Et la tendresse bordel ! »
Et dans tout cela où est l’exaltation provoquée par la tendresse ? La tendresse est à l’amour ce que l’écriture est à la parole. Elle est la marque d’un sentiment d’affection, d’amitié, de générosité qui porte à considérer autrui avec bienveillance, à le traiter avec beaucoup de sollicitude. La tendresse est une forme d’amour prédominance sentimentale, complétant la sensualité et la sexualité (plutôt que s’y opposant), caractérisée par la recherche d’une harmonie dans la douceur et la durée, et manifestant le souci constant d’être agréable à la personne aimée. C’est une attitude affective élémentaire, engagée dans la première relation avec l’objet d’amour et où la composante érotique est indissociable de la recherche d’une sécurité d’autoconservation. La tendresse peut donc se poursuivre par le sexe. Mais la sexualité est un sujet tellement vaste ! Il nous faudra tout de même expliquer pourquoi chez la femme l’amour passe par la tendresse et chez l’homme par le sexe.
Et l’amour de Dieu (Allah) ?
L’amour est comme une manière de correspondance Universelle entre la Matière et l’Esprit, et comme une expression sensible de notre identité par-devant l’Etre Unique. Mystère adorable et terrible, instigateur de toute pensée, de tout art et de toute science véritable, il apparait aux intelligences primordiales sous des nombres et des formes symboliques qu’il réduit plus tard à la trinité logique de l’Éternelle Création, de la Matière et de la Pensée. L’amour fait monter en moi des salves et des certitudes si radieuses et si puissantes qu’elles ne finiront jamais. L’amour est une communion intime avec l’Univers. Je voudrais creuser, bécher dans la terre. Bécher, Cela me parait tellement beau! On est tellement libre quand on bèche! Et puis, qui va tailler aussi mes arbres? Je laisse une terre en friche. Je laisse une planète en friche. Je suis lié d’amour à toutes les terres et à tous les arbres de la terre, un amour confus pour tout ce qui existe autour de moi, pour les arbres, pour la belle terre rouge… Voilà pourquoi nous sommes toujours en rapport avec Dieu, parce qu’Il est l’amour universel. Je vous le dis en vérité, celui qui aime, son cœur est un paradis sur la terre. L’élévation de l’âme vers son Créateur est le culte suprême des musulmans croyants; mais ils ne s’adressent point à Allah pour demander telle ou telle prospérité de cette vie. Ils savent bien qu’Allah a choisi l’Homme pour qu’il soit à son image, bonté, générosité, pardon éternel amour. L’amour d’Allah est infini. Ce qui nous éloigne des interdits, et autres voiles islamiques.
Mais « Dieu est amour » (Christianisme) :
Cette définition m’agace car avec cet amour rien n’est plus nécessaire pour nous sur la terre, parce qu’il contient tout, qu’il est tout, et qu’il apprend tout. Voilà pourquoi nous sommes toujours en rapport avec Dieu, parce qu’il est l’amour universel. Né de l’amour, l’univers créé Par Allah est tout entier traversé, mu, vivifié du dedans, par l’amour qui circule en Lui comme le sang dans le corps. Dieu veut être aimé. C’est en effet au pur amour de Dieu et au renoncement de toutes les créatures que sont venus aboutir tous les doctrines un peu profondes et non orthodoxes de l’Islam et autre religion monothéiste. Tandis que la charité prenait pour le vulgaire un air d’humanité, tandis que le vulgaire cherchait là une règle pratique de conduite et de vie, les vrais penseurs de l’Islam moderne comprenaient bien que la charité de l’Islam n’avait réellement que Dieu pour objet, et que cette charité, entendue par le vulgaire comme l’amour des hommes, n’était réellement qu’un amour abstrait pour Allah. Allah nous aime autant que nous l’aimons, sinon plus. Il ne veut pas nous châtier, il ne veut pas nous interdire, il nous guide et nous pardonne car je le rappelle ils nous aime sinon il ne nous aurait pas choisi sur Terre pour le sanctifier. (les chats n’ont pas de religion).
Ma définition de l’amour sera dans le prochain post. Suspens.
La définition du dictionnaire est floue : l’amour est cette attirance, affective ou physique, qu’en raison d’une certaine affinité, un être éprouve pour un autre être. Cette définition est assez vague car on pourrait substituer l’amour par une simple liaison ou une simple union.
Cherchons donc une définition plus « scientifique » :
- Si l’on réfléchit bien, on se rend compte que le cœur humain n’a que deux ressorts, l’ambition et l’amour. Sous le nom d’amour, on peut comprendre toutes les passions expansives qui portent l’homme hors de lui-même, lui créent un but, des objets supérieurs à sa vie propre, le font comme exister dans autrui, ou pour autrui. Dans cette définition, on se rend compte que parce qu’il s’agit d’un ressort, l’amour ne peut être qu’une énergie, au sens physique du terme. Dans le cas du ressort, une énergie potentielle emmagasinée dans ses spires. Mais peut on parler d’énergie physique en amour et l’exprimer en kilojoules ?
- L’amour, c’est l’âme qui ne meurt pas, qui va croissant, montant comme la flamme et pourtant l’amour, sous toutes les formes, domine notre vie entière : amour filial, amour fraternel, amour conjugal, amour paternel ou maternel, amitié, bienfaisance, charité, philanthropie, l’amour est partout, il est notre vie même. Mais si l’amour est une flamme, il va finir par se consumer et se tarir. Pas vraiment bonne cette définition.
Toujours en scientifique : si je vous disais que l’amour est un principe d’union universelle ? Aristote déjà trouvait une Loi Universelle de l’amour. Depuis le Créateur jusqu’à la plus humble des créatures, rien n’échappe à la grande loi de l’amour :
- Les corps simples tendent par l’attraction, qui est une sorte d’amour, au point de l’espace qui leur fut destiné (Lois de la gravitation universelle).- Les corps composés ont une sympathie, un amour du même genre que le précédent, pour les lieux où ils se formèrent; ils y acquièrent la plénitude de leur développement; ils en tirent toutes leurs vertus.- Les plantes manifestent déjà une préférence, un amour plus marqué, pour les climats, les expositions, les terrains plus favorables à leur complexion.- Les animaux donnent des signes d’un attachement plus vif, d’un amour aisément reconnaissable, qui les rapproche entre eux et quelquefois les rapproche de l’homme. Car le cheval galope pour galoper, et le moment où il va partir, s’élancer, le beau moment où il sent en lui-même la pression de la vie, c’est l’amour, créateur de tout.
Mais si l’amour est une Loi Universelle, comme la vitesse de la lumière tout le monde devrait être amoureux. Pourtant certains n’aiment personne et n’aiment rien. Donc là aussi cette définition est incomplète.
Allons plus loin : L’amour serait il une nature ? L’homme est doué d’un amour qui lui est propre pour les choses honnêtes et parfaites ? Le moraliste qui a dit : « Aimez-vous les uns les autres » n’a pas trouvé là un grand secret. J’accorde bien que l’amour est la vraie richesse vitale. C’est un merveilleux mouvement pour sortir de soi, pour se jeter dans l’action, et s’y dépenser, et s’y perdre, sans petits calculs. Je sais aussi que lorsque l’amour manque, comme il arrive dans l’extrême fatigue ou dans l’extrême vieillesse (qui ne sont qu’extrême avarice) il n’y a plus rien à espérer de bon, ni même de mauvais. Mais ce régime de parfaite prudence nous approche de la mort, et il ne dure guère.
« Et la tendresse bordel ! »
Et dans tout cela où est l’exaltation provoquée par la tendresse ? La tendresse est à l’amour ce que l’écriture est à la parole. Elle est la marque d’un sentiment d’affection, d’amitié, de générosité qui porte à considérer autrui avec bienveillance, à le traiter avec beaucoup de sollicitude. La tendresse est une forme d’amour prédominance sentimentale, complétant la sensualité et la sexualité (plutôt que s’y opposant), caractérisée par la recherche d’une harmonie dans la douceur et la durée, et manifestant le souci constant d’être agréable à la personne aimée. C’est une attitude affective élémentaire, engagée dans la première relation avec l’objet d’amour et où la composante érotique est indissociable de la recherche d’une sécurité d’autoconservation. La tendresse peut donc se poursuivre par le sexe. Mais la sexualité est un sujet tellement vaste ! Il nous faudra tout de même expliquer pourquoi chez la femme l’amour passe par la tendresse et chez l’homme par le sexe.
Et l’amour de Dieu (Allah) ?
L’amour est comme une manière de correspondance Universelle entre la Matière et l’Esprit, et comme une expression sensible de notre identité par-devant l’Etre Unique. Mystère adorable et terrible, instigateur de toute pensée, de tout art et de toute science véritable, il apparait aux intelligences primordiales sous des nombres et des formes symboliques qu’il réduit plus tard à la trinité logique de l’Éternelle Création, de la Matière et de la Pensée. L’amour fait monter en moi des salves et des certitudes si radieuses et si puissantes qu’elles ne finiront jamais. L’amour est une communion intime avec l’Univers. Je voudrais creuser, bécher dans la terre. Bécher, Cela me parait tellement beau! On est tellement libre quand on bèche! Et puis, qui va tailler aussi mes arbres? Je laisse une terre en friche. Je laisse une planète en friche. Je suis lié d’amour à toutes les terres et à tous les arbres de la terre, un amour confus pour tout ce qui existe autour de moi, pour les arbres, pour la belle terre rouge… Voilà pourquoi nous sommes toujours en rapport avec Dieu, parce qu’Il est l’amour universel. Je vous le dis en vérité, celui qui aime, son cœur est un paradis sur la terre. L’élévation de l’âme vers son Créateur est le culte suprême des musulmans croyants; mais ils ne s’adressent point à Allah pour demander telle ou telle prospérité de cette vie. Ils savent bien qu’Allah a choisi l’Homme pour qu’il soit à son image, bonté, générosité, pardon éternel amour. L’amour d’Allah est infini. Ce qui nous éloigne des interdits, et autres voiles islamiques.
Mais « Dieu est amour » (Christianisme) :
Cette définition m’agace car avec cet amour rien n’est plus nécessaire pour nous sur la terre, parce qu’il contient tout, qu’il est tout, et qu’il apprend tout. Voilà pourquoi nous sommes toujours en rapport avec Dieu, parce qu’il est l’amour universel. Né de l’amour, l’univers créé Par Allah est tout entier traversé, mu, vivifié du dedans, par l’amour qui circule en Lui comme le sang dans le corps. Dieu veut être aimé. C’est en effet au pur amour de Dieu et au renoncement de toutes les créatures que sont venus aboutir tous les doctrines un peu profondes et non orthodoxes de l’Islam et autre religion monothéiste. Tandis que la charité prenait pour le vulgaire un air d’humanité, tandis que le vulgaire cherchait là une règle pratique de conduite et de vie, les vrais penseurs de l’Islam moderne comprenaient bien que la charité de l’Islam n’avait réellement que Dieu pour objet, et que cette charité, entendue par le vulgaire comme l’amour des hommes, n’était réellement qu’un amour abstrait pour Allah. Allah nous aime autant que nous l’aimons, sinon plus. Il ne veut pas nous châtier, il ne veut pas nous interdire, il nous guide et nous pardonne car je le rappelle ils nous aime sinon il ne nous aurait pas choisi sur Terre pour le sanctifier. (les chats n’ont pas de religion).
Ma définition de l’amour sera dans le prochain post. Suspens.
samedi 19 septembre 2009
Charmoula, bazine, poisson et Cologne
A 3 jours de l’Aïd, mon père a acheté la morue séchée et salée et ma mère commence déjà à la dessaler. La charmoula (raisins secs écrasés) est déjà sortie du pressoir et les dernières briks de Ramadhan n’attendent que leur œuf pour disparaitre.
Ma mère m’a déjà acheté il y a quelques jours des chaussures flambant neuves, des chaussettes qui ne tombent pas, le pantalon a déjà été fabriqué chez le tailleur, la chemise de mon grand frère est trop grande pour mon cou mais « elle est presque neuve », le pull tricoté pendant les veillées du Ramadhan m’arrive aux genoux.
La veille de l’Aïd est une nuit blanche…le pseudo réveil avec le soleil…le jour J enfin…courir vers le lit conjugal de ses parents pour le baiser humide et le dinar de la fête. Le câlin parental, la douceur de leurs mots.
Puis Les fourneaux qui ronronnent, ma mère qui court, mon papa qui ronchonne, la charmoula qui boue. Et l’odeur de ce poisson bouilli qui rempli la maison. La maison est en effervescence : la baignoire est remplie car tout le monde doit être propre. Le papa en premier, la maman en dernier. Friction à l’eau de Cologne de Roger Gallet à la sortie, odeur qui se mélange au poisson et à la charmoula.
Les enfants mettent la table en ce jour béni et à 11h du matin le repas est servi. Avec du soda. Du soda Mseddi (marque de soda locale à l’époque). Boisson réservée à l’Aïd. Un mélange de sucré de soda, de charmoula et salé (hyper salé le poisson) propice au diabète et à l’hypertension. Et tellement bon. Le repas dure une heure. Maman a toujours prévu un plat de remplacement pour le grand frère qui ne mange pas le poisson. De la Klaya (sauté d’agneau) avec du bazine (sorte de purée de farine) et du miel. Des fruits sont prévus mais personne n’en mange tant le repas est riche. On débarrasse la table puis sous le contrôle de maman, lavage des mains et des dents. Tout le monde y passe même mon père.
Nouvelle friction à l’eau de Cologne. Mon odeur maintenant est un mélange de poisson salé, de charmoula, de bazine et de Cologne. Ma mère m’habille de la tête aux pieds et me passe le peigne sur les cheveux coupés la veille. Un gros bisou humide, un gros câlin.
Les hommes de la maison sont enfin prêts. Pendant que ma mère prépare le salon pour accueillir les éventuels visiteurs mon père nous amène chez le photographe. Que les garçons. Une photo en noir et blanc et au garde à vous dont la vision aujourd’hui est pathétique. Pendant ce temps les filles et maman sont à la maison. Pour recevoir. Les filles n’auront jamais eu de photos de l’Aïd. Au sortir de chez le photographe nous courons faire le parcours du combattant ou la visite des grands ducs : les tantes, les tontons, les amis. A chaque fois sirop de rose et gâteaux. Parfois de l’orgeat. À 19h pleins comme un œuf nous rentrons à la maison. Là toujours une surprise : un jouet, un pull, un livre ...l'occasion d'un nouveau câlin. Vers 20h Les amis arrivent et l’apéro commence, les bouteilles d’alcool planquées pendant le mois saint renaissaient de leurs cendres. Les enfants ont de nouveau droit au soda Mseddi. Les grands enfants à de la bière. Vers 22h (on ne dine pas car vu les calories ingurgitées on est pleins) Papa sort le Teppaz : un tourne disque sur lequel il mettait un vinyl : un tango. Pendant que la pauvre machine crachouille mon père entame un pas de tango avec ma mère qui s’est mise sur son 31. Le sommeil gagne mes yeux et dans mes oreilles court toujours « la comparsita » jusqu’à ce jour et dans mes yeux mes parents qui tournoient.
Faites rêver vos enfants : ils n’oublieront jamais.
Bonne fête et mollo sur le poisson salé et la charmoula.
MALI
Ma mère m’a déjà acheté il y a quelques jours des chaussures flambant neuves, des chaussettes qui ne tombent pas, le pantalon a déjà été fabriqué chez le tailleur, la chemise de mon grand frère est trop grande pour mon cou mais « elle est presque neuve », le pull tricoté pendant les veillées du Ramadhan m’arrive aux genoux.
La veille de l’Aïd est une nuit blanche…le pseudo réveil avec le soleil…le jour J enfin…courir vers le lit conjugal de ses parents pour le baiser humide et le dinar de la fête. Le câlin parental, la douceur de leurs mots.
Puis Les fourneaux qui ronronnent, ma mère qui court, mon papa qui ronchonne, la charmoula qui boue. Et l’odeur de ce poisson bouilli qui rempli la maison. La maison est en effervescence : la baignoire est remplie car tout le monde doit être propre. Le papa en premier, la maman en dernier. Friction à l’eau de Cologne de Roger Gallet à la sortie, odeur qui se mélange au poisson et à la charmoula.
Les enfants mettent la table en ce jour béni et à 11h du matin le repas est servi. Avec du soda. Du soda Mseddi (marque de soda locale à l’époque). Boisson réservée à l’Aïd. Un mélange de sucré de soda, de charmoula et salé (hyper salé le poisson) propice au diabète et à l’hypertension. Et tellement bon. Le repas dure une heure. Maman a toujours prévu un plat de remplacement pour le grand frère qui ne mange pas le poisson. De la Klaya (sauté d’agneau) avec du bazine (sorte de purée de farine) et du miel. Des fruits sont prévus mais personne n’en mange tant le repas est riche. On débarrasse la table puis sous le contrôle de maman, lavage des mains et des dents. Tout le monde y passe même mon père.
Nouvelle friction à l’eau de Cologne. Mon odeur maintenant est un mélange de poisson salé, de charmoula, de bazine et de Cologne. Ma mère m’habille de la tête aux pieds et me passe le peigne sur les cheveux coupés la veille. Un gros bisou humide, un gros câlin.
Les hommes de la maison sont enfin prêts. Pendant que ma mère prépare le salon pour accueillir les éventuels visiteurs mon père nous amène chez le photographe. Que les garçons. Une photo en noir et blanc et au garde à vous dont la vision aujourd’hui est pathétique. Pendant ce temps les filles et maman sont à la maison. Pour recevoir. Les filles n’auront jamais eu de photos de l’Aïd. Au sortir de chez le photographe nous courons faire le parcours du combattant ou la visite des grands ducs : les tantes, les tontons, les amis. A chaque fois sirop de rose et gâteaux. Parfois de l’orgeat. À 19h pleins comme un œuf nous rentrons à la maison. Là toujours une surprise : un jouet, un pull, un livre ...l'occasion d'un nouveau câlin. Vers 20h Les amis arrivent et l’apéro commence, les bouteilles d’alcool planquées pendant le mois saint renaissaient de leurs cendres. Les enfants ont de nouveau droit au soda Mseddi. Les grands enfants à de la bière. Vers 22h (on ne dine pas car vu les calories ingurgitées on est pleins) Papa sort le Teppaz : un tourne disque sur lequel il mettait un vinyl : un tango. Pendant que la pauvre machine crachouille mon père entame un pas de tango avec ma mère qui s’est mise sur son 31. Le sommeil gagne mes yeux et dans mes oreilles court toujours « la comparsita » jusqu’à ce jour et dans mes yeux mes parents qui tournoient.
Faites rêver vos enfants : ils n’oublieront jamais.
Bonne fête et mollo sur le poisson salé et la charmoula.
MALI
mercredi 16 septembre 2009
DEUS LO VOLT
Elle était (elle est ?) belle ma voisine. Imaginez : la trentaine, une jolie fille bien bâtie, mince, cheveux au vent, souvent en jeans, dans sa petite voiture noire. Elle courait, elle courait sous le soleil de plomb. Elle faisait bâtir sa maison en même temps que moi. On est voisins. On se voyait souvent sur le chantier. Elle courait, courait, toujours pressée, emmenant ses enfants à l’école, faisant ses courses, téléphone au cou et surtout menant son chantier de main de fer. Elle n’hésitait pas à élever la voix devant le maçon, ou le plombier ou l’électricien. Elle se faisait respecter et tout ce joli monde l’admirait et la craignait. De mon chantier j’observais le manège et je me disais qu’elle était bien plus efficace que moi pour mener une bâtisse. On se faisait la bise, demandions des nouvelles…etc. Parfois avec son regard malicieux et plein de charme elle m’appelait à haute voix et de chantier à chantier : « Voisin, pourriez vous me prêter deux sacs de ciment car il faut que la chape finisse ce soir. Ou’Allah je vous les rends demain » Comment refuser ?
Mon chantier s’est achevé quelques mois avant le sien. Puis j’ai dû m’absenter quelques années. 5 Ans après lors de mes vacances je l’ai revue. Bises, commentaires d’usage…mais…un malaise : elle portait un foulard. J’ai fait comme si je n’avais rien vu. J’ai demandé des nouvelles de son époux, de ses enfants. Réponse plate. Elle était apparemment gênée. Je n’ai pas insisté.
L’année d’après je la revois devant sa maison. Elle me salue de loin avec la main. Je quitte ma voiture et me dirige pour lui faire la bise. Elle me tend la main.
12 mois passent. Je la revois elle porte une djellaba noire, un voile. On ne voit plus que la moitié de son visage. Poliment je lui tends la main. Elle refuse cette poignée. Elle me demande, à un mètre de distance, comment va ma famille. Puis elle court rentrer chez elle.
Cet été je la vois de mon balcon. J’agite les bras. Son mari la suit. Je sors pour les saluer. Son époux que je voyais pour la première fois en 10 ans me dit : « ma femme a fait un vœu : elle ne doit plus toucher aucun homme elle ne conduit plus la voiture ». Je réponds : « elle a eu un accident ? Une maladie ? » « Non » dit il «c’est comme ça (hakka) ». « Très bien » je dis, « très bien. » Et je retourne chez moi.
Bien entendu je respecte et tolère la manière de vivre de tout le monde. Mais cela ne m’empêche pas de me poser des questions : quel phénomène a pu pousser cette femme de passer, de part sa volonté apparemment, de l’état de femme libre à l’état de femme sous tutelle ? Est-ce la pression sociale ? Sont ce des problèmes personnels ? Je ne peux imaginer que ce soit la religion car rien de ce qu’elle faisait n’était contraire à une vie pieuse et sereine. C’est terrible…car je l’ai eue au téléphone il y a quelques mois : « Dieu le veut » me dit elle. « Deus lo volt » criait Urbain II, pape, à Clermont le 27 novembre 1095. On sait ce qu’ont donné les croisades.
C’est terrible car quoi répondre quand Dieu le veut ? Quoi répondre ?
Vous devez connaître autour de vous des gens qui ont toujours raison. Avant même qu’ils n’aient ouvert la bouche, ils ont raison. Inutile d’écouter leurs questions ou leurs réflexions puisqu’ils ont raison.
Bien sûr Dieu a toujours raison. Mais ceux qui parlent de Lui, ont-ils toujours raison ?
Le poète a toujours raison : la femme est l’avenir de l’homme.
Pauvre Planète.
Vivement l’Aïd
Bien à vous.
MALI
Mon chantier s’est achevé quelques mois avant le sien. Puis j’ai dû m’absenter quelques années. 5 Ans après lors de mes vacances je l’ai revue. Bises, commentaires d’usage…mais…un malaise : elle portait un foulard. J’ai fait comme si je n’avais rien vu. J’ai demandé des nouvelles de son époux, de ses enfants. Réponse plate. Elle était apparemment gênée. Je n’ai pas insisté.
L’année d’après je la revois devant sa maison. Elle me salue de loin avec la main. Je quitte ma voiture et me dirige pour lui faire la bise. Elle me tend la main.
12 mois passent. Je la revois elle porte une djellaba noire, un voile. On ne voit plus que la moitié de son visage. Poliment je lui tends la main. Elle refuse cette poignée. Elle me demande, à un mètre de distance, comment va ma famille. Puis elle court rentrer chez elle.
Cet été je la vois de mon balcon. J’agite les bras. Son mari la suit. Je sors pour les saluer. Son époux que je voyais pour la première fois en 10 ans me dit : « ma femme a fait un vœu : elle ne doit plus toucher aucun homme elle ne conduit plus la voiture ». Je réponds : « elle a eu un accident ? Une maladie ? » « Non » dit il «c’est comme ça (hakka) ». « Très bien » je dis, « très bien. » Et je retourne chez moi.
Bien entendu je respecte et tolère la manière de vivre de tout le monde. Mais cela ne m’empêche pas de me poser des questions : quel phénomène a pu pousser cette femme de passer, de part sa volonté apparemment, de l’état de femme libre à l’état de femme sous tutelle ? Est-ce la pression sociale ? Sont ce des problèmes personnels ? Je ne peux imaginer que ce soit la religion car rien de ce qu’elle faisait n’était contraire à une vie pieuse et sereine. C’est terrible…car je l’ai eue au téléphone il y a quelques mois : « Dieu le veut » me dit elle. « Deus lo volt » criait Urbain II, pape, à Clermont le 27 novembre 1095. On sait ce qu’ont donné les croisades.
C’est terrible car quoi répondre quand Dieu le veut ? Quoi répondre ?
Vous devez connaître autour de vous des gens qui ont toujours raison. Avant même qu’ils n’aient ouvert la bouche, ils ont raison. Inutile d’écouter leurs questions ou leurs réflexions puisqu’ils ont raison.
Bien sûr Dieu a toujours raison. Mais ceux qui parlent de Lui, ont-ils toujours raison ?
Le poète a toujours raison : la femme est l’avenir de l’homme.
Pauvre Planète.
Vivement l’Aïd
Bien à vous.
MALI
mardi 8 septembre 2009
Histoire Ramadhanesque ou « quand Kafka s’en mêle »
Quand j’étais gamin, pendant le mois sacré, il n’y avait pas de télé. Après la rupture du jeûne on se rassemblait autour d’un « Raoui » une personne d’un certain âge qui nous racontait des histoires, souvent préludes à une longue rêverie et à de jolis rêves.
Je vais ce soir endosser son costume et vous raconter une histoire vraie survenue il y peu de mois voire peu d’années à une de mes connaissances : un homme de la trentaine, tunisien, vivant en France, marié, et qui avait deux enfants en bas âge. Par commodité on va l’appeler Adam.
Ce jeune homme rentre avec femme et enfants passer la fin du Ramadhan et l’Aïd en Tunisie. A l’aéroport de Tunis, son épouse et lui-même avaient pris des files différentes pour accéder à la police, manière de gagner quelques minutes si une file avançait plus vite que l’autre. Les enfants gambadaient de file en file. Adam (binational) avait en sa possession son passeport tunisien et les passeports tunisiens des enfants alors que son épouse (binationale) avait son passeport tunisien et son passeport français sur lequel les enfants étaient inscrits comme accompagnants. Le hasard (encore un mot d’origine arabe, ezzhar) a fait qu’ils arrivèrent en même temps devant les contrôles de police. Au moment du passage, les enfants étaient avec leur mère. Ils sont donc passés « sur son passeport » comme accompagnants. Lui, étant seul au moment du passage ne montre que son passeport tunisien. Les vacances passent. Son épouse pour des raisons professionnelles était retournée en France 4 jours avant le reste de sa famille. Le jour du retour, Adam se présente à la police des frontières avec ses deux enfants et leurs 3 passeports tunisiens. Le policier alors lui demande : "Quand donc sont rentrés vos enfants ?" Il répond "tel jour avec moi." Le policier souffle un grand coup et lui dit : « je ne vois pas de tampon d’entrée sur le passeport de vos enfants. Donc ils ne sont pas entrés. Et, s’ils ne sont pas entrés alors ils ne peuvent pas sortir. » Adam explique alors l’histoire des files d’attente lors de son arrivée, son épouse, etc.. Le policier remonte ses vraies fausses Ray Ban de soleil sur son nez (il n’y avait que le néon qui éclairait) et dit : « Ya khouya (mon frère) vos enfants ne peuvent pas sortir puisqu’ils ne sont pas entrés ! C’est simple tout de même». Oui simple, imparable tu ne peux sortir si tu n’es pas entré… pardi ! Alors mon ami lui demande de se lever et regarder par dessus sa banque : « et ces deux gamins, ils viennent d’où d’après vous. » Il rétorque : « je ne sais pas d’où ils viennent mais certainement pas de l’étranger puisque sur leur passeport il n’y a aucun tampon d’entrée. Et s’ils ne viennent pas de France alors il leur faut un visa pour y aller » Le sang d’Adam ne fait qu’un tour car il était était à 30 mn du départ. Dialogue de sourds. Sortie si entrée, pas sortie si pas entrée. Notre ami qui commençait à voir rouge demande, alors, à voir le chef du policier. Le chef arrive, gros bide, chemise serrée, mouillée de sueur, il retire sa casquette (son képi ?) de sur sa tête chauve et redit exactement ce qu’avait déjà dit l’agent de police avant lui. « Missalech ya sidi, vous laissez les enfants à Tunis, vous nous adressez par voie consulaire la photocopie du passeport de votre épouse montrant que les enfants sont bien rentrés (en Tunisie), et ensuite ils pourront sortir puisqu’ils seront rentrés ». « Vous rigolez j’espère ». « Est ce que j’ai l’air de rigoler ? » dit il en épongeant son front.Là Adam voit rouge. Ses naseaux fument. Sa voix devient criante. Il explique en hurlant que l’avion décolle dans 20 mn. Sa voix devient tremblante. Adam hurle qu’il n’est absolument pas question de laisser ses enfants, car il n’y a personne pour les garder et que son travail l’oblige à rejoindre son poste sinon la sécurité de centaines de personnes pourrait être compromise. Il précise au policier et qu’il sera tenu pour responsable si le moindre sinistre devait survenir dans son travail à cause de son immobilisation obligée. Adam lui demande et, note son nom. Il est désemparé : il n’a même pas pris son téléphone portable. Il ne peut appeler à l’aide.
A ce moment là, un ange passe. L’ange ramadhanesque est là. Adam sent une once de compassion poindre dans la tête glabre de ce policier. « Suivez-moi ». Adam, le flic et les deux enfants galopent alors à travers un dédale de couloirs et ils arrivent dans une salle ou il y avait une montagne de fiches de police à même le sol. Dans cette gabegie innommable le flic chauve désigne un tas et dit à Adam que la fiche d’entrée de son épouse devrait être là dedans. Et le voilà à 4 pattes entrain de chercher dans ces milliers de fiches celle de son épouse. Le policier et les enfants cherchent aussi et, oh miracle! Au bout de deux minutes, la fiche d’entrée est retrouvée. Le flic dit « effectivement vos enfants sont rentrés » Il réfléchi 5 secondes se gratte les 3 cheveux qui lui restent et demande de le suivre. Nouveau dédale. Escaliers. Ils arrivent aux « arrivées » de l’aéroport. Il prend les passeports des enfants, regarde autour de lui, prend un tampon, change la date et tamponne les passeports des enfants. Il rend les passeports et dit « retournez vite au départ. On ne s’est jamais vu OK ? Je viens de faire un geste illégal. On ne s’est jamais vu OK ? » Dit il en hurlant. Adam sprinte ventre à terre au premier guichet du premier flic accompagné par les gamins qui trouvaient ce cirque amusant. Il représente les mêmes passeports au même premier flic qui, baissant ses lunettes de soleil et en souriant dit « et bien voilà, sidi khouya, fallait pas vous énerver, maintenant qu’ils sont entrés…vos enfants peuvent sortir » en donnant deux grands coups de tampon. L’avion était sur le point de fermer ses portes. Ouf. Merci monsieur le flic chauve.
A priori on s’en tamponne de cette histoire. Mais à posteriori on en rit ou on en pleure ou on remercie Allah pour son omipotence...et on relit Kafka.
Depuis, quand il va aux toilettes, Adam ferme la porte…au cas où il ne pourrait plus l’ouvrir puis qu’elle n’était pas fermée.
Bien à vous
Je vais ce soir endosser son costume et vous raconter une histoire vraie survenue il y peu de mois voire peu d’années à une de mes connaissances : un homme de la trentaine, tunisien, vivant en France, marié, et qui avait deux enfants en bas âge. Par commodité on va l’appeler Adam.
Ce jeune homme rentre avec femme et enfants passer la fin du Ramadhan et l’Aïd en Tunisie. A l’aéroport de Tunis, son épouse et lui-même avaient pris des files différentes pour accéder à la police, manière de gagner quelques minutes si une file avançait plus vite que l’autre. Les enfants gambadaient de file en file. Adam (binational) avait en sa possession son passeport tunisien et les passeports tunisiens des enfants alors que son épouse (binationale) avait son passeport tunisien et son passeport français sur lequel les enfants étaient inscrits comme accompagnants. Le hasard (encore un mot d’origine arabe, ezzhar) a fait qu’ils arrivèrent en même temps devant les contrôles de police. Au moment du passage, les enfants étaient avec leur mère. Ils sont donc passés « sur son passeport » comme accompagnants. Lui, étant seul au moment du passage ne montre que son passeport tunisien. Les vacances passent. Son épouse pour des raisons professionnelles était retournée en France 4 jours avant le reste de sa famille. Le jour du retour, Adam se présente à la police des frontières avec ses deux enfants et leurs 3 passeports tunisiens. Le policier alors lui demande : "Quand donc sont rentrés vos enfants ?" Il répond "tel jour avec moi." Le policier souffle un grand coup et lui dit : « je ne vois pas de tampon d’entrée sur le passeport de vos enfants. Donc ils ne sont pas entrés. Et, s’ils ne sont pas entrés alors ils ne peuvent pas sortir. » Adam explique alors l’histoire des files d’attente lors de son arrivée, son épouse, etc.. Le policier remonte ses vraies fausses Ray Ban de soleil sur son nez (il n’y avait que le néon qui éclairait) et dit : « Ya khouya (mon frère) vos enfants ne peuvent pas sortir puisqu’ils ne sont pas entrés ! C’est simple tout de même». Oui simple, imparable tu ne peux sortir si tu n’es pas entré… pardi ! Alors mon ami lui demande de se lever et regarder par dessus sa banque : « et ces deux gamins, ils viennent d’où d’après vous. » Il rétorque : « je ne sais pas d’où ils viennent mais certainement pas de l’étranger puisque sur leur passeport il n’y a aucun tampon d’entrée. Et s’ils ne viennent pas de France alors il leur faut un visa pour y aller » Le sang d’Adam ne fait qu’un tour car il était était à 30 mn du départ. Dialogue de sourds. Sortie si entrée, pas sortie si pas entrée. Notre ami qui commençait à voir rouge demande, alors, à voir le chef du policier. Le chef arrive, gros bide, chemise serrée, mouillée de sueur, il retire sa casquette (son képi ?) de sur sa tête chauve et redit exactement ce qu’avait déjà dit l’agent de police avant lui. « Missalech ya sidi, vous laissez les enfants à Tunis, vous nous adressez par voie consulaire la photocopie du passeport de votre épouse montrant que les enfants sont bien rentrés (en Tunisie), et ensuite ils pourront sortir puisqu’ils seront rentrés ». « Vous rigolez j’espère ». « Est ce que j’ai l’air de rigoler ? » dit il en épongeant son front.Là Adam voit rouge. Ses naseaux fument. Sa voix devient criante. Il explique en hurlant que l’avion décolle dans 20 mn. Sa voix devient tremblante. Adam hurle qu’il n’est absolument pas question de laisser ses enfants, car il n’y a personne pour les garder et que son travail l’oblige à rejoindre son poste sinon la sécurité de centaines de personnes pourrait être compromise. Il précise au policier et qu’il sera tenu pour responsable si le moindre sinistre devait survenir dans son travail à cause de son immobilisation obligée. Adam lui demande et, note son nom. Il est désemparé : il n’a même pas pris son téléphone portable. Il ne peut appeler à l’aide.
A ce moment là, un ange passe. L’ange ramadhanesque est là. Adam sent une once de compassion poindre dans la tête glabre de ce policier. « Suivez-moi ». Adam, le flic et les deux enfants galopent alors à travers un dédale de couloirs et ils arrivent dans une salle ou il y avait une montagne de fiches de police à même le sol. Dans cette gabegie innommable le flic chauve désigne un tas et dit à Adam que la fiche d’entrée de son épouse devrait être là dedans. Et le voilà à 4 pattes entrain de chercher dans ces milliers de fiches celle de son épouse. Le policier et les enfants cherchent aussi et, oh miracle! Au bout de deux minutes, la fiche d’entrée est retrouvée. Le flic dit « effectivement vos enfants sont rentrés » Il réfléchi 5 secondes se gratte les 3 cheveux qui lui restent et demande de le suivre. Nouveau dédale. Escaliers. Ils arrivent aux « arrivées » de l’aéroport. Il prend les passeports des enfants, regarde autour de lui, prend un tampon, change la date et tamponne les passeports des enfants. Il rend les passeports et dit « retournez vite au départ. On ne s’est jamais vu OK ? Je viens de faire un geste illégal. On ne s’est jamais vu OK ? » Dit il en hurlant. Adam sprinte ventre à terre au premier guichet du premier flic accompagné par les gamins qui trouvaient ce cirque amusant. Il représente les mêmes passeports au même premier flic qui, baissant ses lunettes de soleil et en souriant dit « et bien voilà, sidi khouya, fallait pas vous énerver, maintenant qu’ils sont entrés…vos enfants peuvent sortir » en donnant deux grands coups de tampon. L’avion était sur le point de fermer ses portes. Ouf. Merci monsieur le flic chauve.
A priori on s’en tamponne de cette histoire. Mais à posteriori on en rit ou on en pleure ou on remercie Allah pour son omipotence...et on relit Kafka.
Depuis, quand il va aux toilettes, Adam ferme la porte…au cas où il ne pourrait plus l’ouvrir puis qu’elle n’était pas fermée.
Bien à vous
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